Samsung dissout son bureau stratégique après la mise en examen de son vice-président

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Crédits : fergregory/iSotkc/Thinkstock
Société
Kevin Hottot

Samsung continue de faire les frais du scandale de corruption récemment révélé en Corée du Sud. Le conglomérat a décidé de démanteler l'ensemble de son bureau stratégique – l'organe pilotant les différentes ramifications du groupe – suite à la mise en examen de plusieurs de ses dirigeants.

Samsung traverse en ce moment une passe compliquée. Cette fois-ci, il n'est pas question de nouveaux contrecoups dans l'affaire du Galaxy Note7 et de sa batterie aux tendances suicidaires, mais plutôt du scandale de corruption qui remue depuis plusieurs mois les hautes sphères de la nation sud-coréenne. Un évènement d'une ampleur telle qu'il pourrait se solder par la destitution de l'actuelle présidente du pays, Park Geun-Hye, dans les prochaines semaines.

Panique à bord

Le fabricant coréen trempe dans cette affaire par l'entremise de son vice-président, Lee Jae-Yong. Il a été entendu par la justice en janvier avant d'être relâché, pour être audité à nouveau quelques semaines plus tard. La cour estimait alors « qu'il était nécessaire d'arrêter Lee Jae-Yong à la lumière de nouvelles preuves et de nouvelles charges criminelles ».

Lee Jae-Yong était en détention provisoire depuis le 17 février dernier, accusé d'avoir versé près de 40 millions de dollars de pots-de-vin à une certaine Choi Soon-Sil, la confidente de la présidente sud-coréenne, en échange de faveurs politiques. Depuis hier, il est formellement mis en examen pour corruption, abus de bien sociaux, dissimulation d'actifs à l'étranger et même parjure. Des accusations qu'il dément farouchement.

Réaction en chaîne

Samsung ne pouvant plus compter sur ses deux grands patrons, (Lee Kun-He, président du groupe, est dans le coma depuis 2014) et d'autres dirigeants étant eux aussi inculpés dans cette affaire, des décisions radicales ont dû être prises afin d'assurer malgré tout le pilotage du conglomérat. 

L'entreprise a donc décidé de démanteler purement et simplement son bureau stratégique, qui faisait le lien entre les différents pôles de l'entreprise, de l'électronique à la pharmacie en passant par la construction navale. Reuters explique que chacune des filiales poursuivra ses activités indépendamment, laissant le champ libre à leurs dirigeants respectifs. Une solution voulue comme temporaire, mais qui pourrait bien s'ancrer de longs mois, en fonction de la tournure des évènements. 

Une hiérarchie sous tension

En plus de ses problèmes liés aux accusations de corruption à l'encontre de certains de ses dirigeants, Samsung fait également face à une fronde de la part de ses actionnaires et investisseurs étrangers. Ceux-ci dénoncent la structure de l'entreprise, jugée trop complexe par certains d'entre eux, mais surtout parce qu'elle donnerait trop d'importance à la famille des fondateurs. 

Autre reproche fréquemment entendu, le manque d'ouverture vers l'étranger du conseil d'administration. Une situation qui laisse penser à certains actionnaires que la direction manque d'expérience sur les marchés extérieurs à la péninsule coréenne. Samsung avait officiellement réagi en promettant de dégager plus de cash pour les dividendes et les retours à ses actionnaires, tout en assurant que de nouveaux administrateurs étrangers allaient intégrer la direction. Des décisions qui nécessitaient l'aval du fonds de pension souverain, qui détient 8,7 % des parts de l'entreprise et en est le premier actionnaire.


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