Disney et YouTube lâchent PewDiePie, accusé d'avoir tenu des propos antisémites

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le mercredi 15 février 2017 à 17:15
Kevin Hottot

PewDiePie, le célèbre youtubeur suédois est aujourd'hui sous le feu des critiques. Accusé d'avoir diffusé des messages antisémites dans une de ses vidéos, Felix Kjellberg a vu certains de ses liens se rompre avec Disney, mais aussi avec Google.

Tout a commencé par la diffusion le 11 janvier d'une vidéo sur la chaîne de PewDiePie dans laquelle le youtubeur s'essaie à différents services proposés sur le site Fiverr. Après avoir demandé à un sosie de Jésus de dire qu'il préférait la chaîne d'un autre vidéaste, ou payé pour partager des parties de Roblox avec une inconnue, il a commandé une vidéo à un groupe de deux jeunes Indiens. Ils y déroulent en riant et en répétant de s'abonner à une chaîne concurrente, une banderole où il est inscrit le message suivant : « Death to all jews ».

La « blague » de trop 

Si le ton de la vidéo se voulait humoristique, le message lui n'a pas été apprécié de tous et a été relayé dans les médias, notamment par quelques tabloïds anglais tels que The Sun. Plutôt que de chercher à éteindre l'incendie, le youtubeur a publié une nouvelle vidéo quelques jours plus tard, dans laquelle il tourne en dérision les accusations d'antisémitisme relayées par ces journaux. 

Un autre clip est mis en ligne le 22 janvier, où, toujours via Fiverr, il montre une séquence avec un faux Jésus déclarant qu’Hitler n’a « rien fait de mal », reprenant un meme au goût douteux. Ces deux vidéos ont depuis été désindexées du moteur de recherche de YouTube.

L'affaire prend un tout autre tournant à partir du 14 février, quand nos confrères du Wall Street Journal décident d'interroger Disney afin de connaître leur position au sujet des dernières vidéos du suédois « contenant des blagues antisémites et des imageries nazies ».

Disney coupe le cordon

Pour rappel, The Walt Disney Company a racheté en 2014 le MCN Makers Studios, pour un montant compris entre 500 et 950 millions de dollars, en fonction des résultats obtenus depuis par la société. Celle-ci s'occupe notamment de la chaîne YouTube de PewDiePie, en lui fournissant de juteux partenariats et des campagnes publicitaires à diffuser. 

Problème, les blagues douteuses ne font pas vraiment partie de l'ADN du groupe Disney, qui a préféré rompre ses liens avec le vidéaste-star avant de devoir assumer de nouveaux dérapages, apprend-t-on dans le Wall Street Journal. « Bien que Felix ait su créer une communauté en étant provocateur et irrévérencieux, il est clairement allé trop loin dans ce cas et les vidéos en résultant sont inappropriées », répond au journal un représentant de Makers Studios.

Google ne se désengage pas complètement

Selon The Verge, Google aussi a décidé de prendre quelques distances avec Felix Kjellberg à la suite de ces incidents. Un porte-parole de YouTube a ainsi fait savoir à nos confrères que le géant de la vidéo a décidé d'annuler la diffusion de la seconde saison de la série Scare PewDiePie, distribuée en exclusivité via YouTube Red.

De plus, Google a décidé de retirer le youtubeur de son programme Google Prefered, regroupant les vidéastes les plus bankable de YouTube, et proposant des campagnes publicitaires plus rémunératrices que pour l'utilisateur lambda. Un changement qui devrait tout de même significativement toucher PewDiePie au portefeuille. 

Cela étant, YouTube a décidé de ne pas supprimer le compte de son diffuseur numéro un, et de continuer de lui permettre de monétiser ses autres vidéos qui n'enfreignent pas les règles de la plateforme, ainsi que les « consignes relatives aux contenus adaptés aux annonceurs ». Par contre, les « œuvres » incriminées par l'affaire du jour ont vu leurs publicités disparaître.

YouTube et le petit monde de la publicité

On se souviendra d'ailleurs que la plateforme avait il y a quelques mois, défrayé la chronique en mettant en application (à retardement) des consignes apparues dans les Conditions générales d'utilisation du service, datées du 5 juin 2015. Celles-ci décrivent quels contenus peuvent être considérés comme « inappropriés pour la publicité ».

Il y est notamment question des vidéos « comportant du langage inapproprié » et de celles « traitant de sujets et d'événements controversés ou sensibles, tels qu'une guerre, un conflit politique, une catastrophe naturelle ou une tragédie ». Deux cas dans lesquels se trouvaient précisément les clips incriminés. Cela étant, en ne supprimant pas le compte de son créateur vedette, YouTube a fait preuve d'une certaine clémence à laquelle tous les utilisateurs n'auraient peut-être pas eu droit.

Mea culpa

De son côté, Felix Kjellberg s'est fendu d'un court billet sur Tumblr afin « d'éclaircir certaines choses ». Le youtubeur y déclare qu'il ne « soutien aucune sorte d'attitude haineuse », tout en reconnaissant que certaines de ses blagues pouvaient être considérées comme offensantes. Un mot d'excuse qui n'aura toutefois pas suffi à calmer la colère de Disney et de Google. 


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