ACYMA, future plateforme d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance

Ahhh... YMCA 6
En bref
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Crédits : Marc Rees (licence CC-BY-SA 3.0)
Loi
Marc Rees

« ACYMA » ou Actions contre la cybermalveillance. Voilà le nouvel outil dévoilé ce jour par l’ANSSI, Axelle Lemaire et Thierry Delville, le délégué ministériel à la lutte contre les cybermenaces, lors d’une conférence de presse organisée au FIC à Lille.

Derrière l’acronyme, se cache essentiellement une plateforme d’assistance dont on nous parle depuis presque deux ans. On est là bien loin des problématiques soulevées par les opérateurs d’importance vitale. Plutôt qu’aux centrales nucléaires, aux opérateurs télécoms ou de transports et autres hôpitaux, ACYMA compte viser la PME voire le particulier qui viendraient à se plaindre de malveillances informatiques. L’idée ? « Apporter une solution pragmatique » explique Guillaume Poupard, numéro un de l’ANSSI.

D’ici deux mois, une plateforme sera mise en ligne. Deux volets principaux : une partie dédiée à la prévention et à la communication auprès du grand public, une autre consacrée à la réaction. ACYMA permettra concrètement à une personne de trouver automatiquement de l’aide en ligne pour diagnostiquer ce dont elle se dit victime, puis une aide de proximité par exemple auprès des petits prestataires informatiques. Le cas échéant, un dépôt de plainte sera conseillé. « Cela va permettre d’orienter vers celui capable d’apporter des éléments de réponse, d’effectuer des diagnostics » ajoute Thierry Delville.

Confusion ou complémentarité avec les autres plateformes ? 

Seul souci, le périmètre de cette plateforme risque d’engendrer une certaine confusion dans l’esprit du public. Voilà une plateforme dédiée aux cybermalveillances, qui coexistera avec celle de la CNIL, la gardienne des données personnelles. Le public commence en outre à connaître Pharos et son fameux Internet-signalement.gouv.fr... N’est-ce pas trop ?

Questionnée, Axelle Lemaire nous répond que des ponts pourront être placés pour accompagner la victime d’une plateforme à l’autre, via un lien par exemple. « Cela l’orientera vers la réponse la plus appropriée ».  Guillaume Poupard confirme : ces multiples portes d’entrées guideront le visiteur d’ACYMA par exemple vers Pharos, dans l’arbre de la décision.

Soutien à l'économie locale

Le mécanisme ne veut pas seulement aider les victimes de malveillance informatique. En les redirigeant vers des prestataires de proximité, les instigateurs misent aussi sur le soutien à l’économie locale. Ici, pas de processus de qualification ou de labellisation lourde. ACYMA se satisfera d’une charte que ces acteurs de proximité signeront. Un mécanisme très axé donc sur l’autorégulation, sous l’œil tout de même de la direction de la répression des fraudes. Ces prestataires seront d’ailleurs conduits à rédiger un rapport d’intervention suite à cette mise en relation.     

Structurellement, ACYMA repose sur groupement d’intérêt public. Un partenariat public privé, qui se manifestera par plusieurs collèges : des représentants de l’Etat, des consommateurs et des prestataires de services de proximité et des offreurs de solutions. « Ce GIP aura une vie autonome, même s’il est incubé pour l’instant au sein de l’ANSSI ». Financièrement, il a mobilisé un million d’euros abondés par l’ANSSI (personnel, locaux, communication à venir etc.). Plus tard, les partenaires privés mettront aussi la main à la poche.

Observatoire du risque numérique

Lancée d’abord à titre de test dans les Hauts de France, le dispositif se voudra à terme un observatoire du risque numérique. Un outil statistique qui pourrait aider à l’anticiper le niveau de menace. Un peu comme une épidémie de grippe, il permettra par exemple simple de jauger plus en amont une campagne de scam, de phishing, ou autres actes de malveillances.  

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