Galileo rencontre « quelques difficultés », des pannes sur dix horloges atomiques

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Nouvelle Techno
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le mercredi 18 janvier 2017 à 12:43
Sébastien Gavois

Lors d'une conférence de presse, Jan Woerner (directeur de l'agence spatiale européenne) annonce que Galileo rencontre des problèmes. En cause, une dizaine d'horloges atomiques qui ne fonctionnent pas correctement, alors qu'il s'agit d'un élément clé.

Cela fait maintenant un mois que le coup d'envoi du système de positionnement par satellites Galileo a été donné par l'ESA, pour les « services initiaux » dans un premier temps. Une mise en place qui a été rendue possible avec le lancement de quatre satellites supplémentaires le 17 novembre, à bord d'une fusée Ariane 5. 

Galileo, we have a problem avec les horloges atomiques

Pour rappel, il s'agit d'un concurrent du GPS américain et du GLONASS russe qui doit permettre à l'Europe d'avoir une totale indépendance sur le sujet (voir notre analyse). Problème, le directeur général de l'ESA Jan Woerner vient d'annoncer lors d'une conférence de presse qu'« il y a eu quelques difficultés »... et pas des moindres.

Il affirme que les soucis concernent les horloges atomiques embarquées, « un élément critique pour la navigation par satellites » afin d'assurer une bonne précision. Ce n'est pas la première fois que pareille mésaventure arrive puisque, en novembre dernier déjà, une panne d'horloge avait été signalée.

Des pannes sur les horloges au rubidium et à l'hydrogène

S'agissant d'un élément vital, chaque satellite dispose de quatre horloges atomiques, de deux technologies différentes (une double redondance) : deux au rubidium et deux à l'hydrogène. Problème, « nous avons des soucis avec les horloges au rubidium et les horloges à hydrogène » confesse Jan Woerner, avant d'ajouter que « c'est bien regrettable ».

À titre d'exemple, il explique que « si vous n'avez pas d'horloge précise et si vous ne tenez pas compte de la théorie de la relativité d'Einstein, l'erreur serait de plus de 500 mètres sur 1h ». Coup dur pour Galileo qui met justement en avant sa grande précision.

Galileo

Une « réparation » est-elle possible ? 

Au total, l'ESA annonce que 10 horloges ont connu des pannes – 3 au rubidium et 7 à l'hydrogène –, c'est donc loin d'être anodin. Concernant la possibilité de les faire de nouveau fonctionner correctement, le directeur général avoue qu'il n'a « pas encore la réponse »...

Désormais, la question est de savoir si les causes profondes vont être identifiées et corrigées ou alors, au contraire, si « on prend le parti d'accepter qu'un grand nombre d'horloges puisse entrainer un grand nombre de pannes, mais que l'on puisse compenser le risque de panne par le nombre d'horloges embarquées ». Là encore, la question n'est visiblement pas tranchée.

Jan Woerner explique que « nous souhaitions avoir des solutions européennes autonomes pour la navigation par satellites. Nous voulions des technologies estampillées Europe également et la décision était une décision éminemment politique ». Quoi qu'il en soit, le travail autour de Galileo continu pour le moment, avec 15 satellites en service :

Galileo

Galileo a connu plusieurs mésaventures depuis le début du projet. En plus des retards à répétition, un lancement sur une mauvaise orbite pour les satellites 5 et 6 (ils ont pu être réassignés sur une « orbite de travail »), 15 seulement d'opérationnels sur les 16 restants, il y a donc les pannes sur les horloges atomiques. Alors qu'il n'est disponible que depuis un mois, cela fait déjà beaucoup.


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