Facebook lance son Journalism Project, de nombreux outils pour séduire les médias

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le jeudi 12 janvier 2017 à 11:50
Guénaël Pépin

Facebook a présenté toute une série d'outils destinés aux médias et à lutter contre les articles « bidons ». L'entreprise va expérimenter des dossiers de contenus dans Instant Articles, ouvre des outils statistiques aux éditeurs, se lance dans l'éducation aux médias et tente d'encourager les contenus d'internautes, notamment vidéo.

Facebook continue de se rapprocher des éditeurs de presse. Le réseau social vient d'annoncer la mise en place du Journalism Project, qui vise à fournir de nouveaux outils à ces sociétés, qui ont vertement critiqué la diffusion et le financement de fausses actualités entre internautes (voir notre analyse). Il s'est aussi fait taper sur les doigts par les publicitaires, auxquels il a fourni des statistiques largement gonflées.

Dans son billet d'annonce, Facebook réaffirme sa volonté d'être « un écosystème sain pour l'actualité, où les éditeurs peuvent prospérer ». Une promesse répétée à l'envi depuis des mois. Via ses Pages ou Instant Articles, son service dédié, l'entreprise multiplie les ponts vers les médias, et tente de leur fournir plus d'outils qu'ils n'en auraient via leurs propres outils de publication.

Pour les médias, des dossiers et formules d'abonnements

Les liens avec les éditeurs de presse se resserrent d'annonce en annonce. Facebook affirme que ses ingénieurs seront en contact bien plus étroit avec les médias « de tous bords » pour concevoir de nouveaux outils et produits. Il commence, par exemple, à tester des dossiers de contenus sur Instant Articles avec une dizaine de médias, principalement américains et européens, comme Bild, Buzzfeed, El Pais, Fox News et The Washington Post. Ils seront visibles via les applications Android et iOS dans les prochaines semaines.

Les publications pourront aussi tester des modèles économiques « émergents », autrement dit dépassant la simple publicité. Avec le journal allemand Bild, le groupe prépare l'intégration d'essais d'abonnements, directement depuis Instant Articles. Les détails de cette offre ne sont pas connus, ni dans quelle mesure il sera possible de s'abonner à un média en ligne depuis Facebook, ni même dans quelles conditions.

Le groupe californien compte aussi donner plus de place aux informations locales, en se rapprochant de certains d'entre eux. Globalement, Facebook réaffirme ses liens plus serrés avec les médias, en les invitant à sa conférence annuelle f8 et en finançant des événements dédiés au journalisme cette année. Cela en plus de futurs événements, comme des hackatons, censés rapprocher les équipes produit et développeurs des deux bords.

De la formation et des outils nouveaux, surtout sur la vidéo

L'autre grand pan du programme de Facebook est la formation. S'il propose déjà des sessions en ligne sur ses outils, le réseau social compte en fournir davantage dans les rédactions de médias locaux américains. Les cours en ligne, eux, seront étendus à d'autres langues dans les prochains mois, et s'appuieront sur un partenariat avec l'institut Poynter.

Attaquée sur ses statistiques, la société veut en fournir toujours plus aux publications. Après avoir racheté le service CrowdTangle en novembre, qui fournit des statistiques sociales et identifie les « influenceurs », Facebook annonce qu'il devient gratuit pour les médias et « les producteurs de contenus originaux ».

L'accent est aussi mis sur l'outil de vidéo en direct Facebook Live, sur lequel l'entreprise investit beaucoup. Désormais, l'administrateur de la page Facebook d'un média peut désigner des journalistes comme contributeurs. Ces derniers pourront lancer d'eux-mêmes des sessions en direct, au nom du média. Il devient aussi possible d'en lancer depuis le site web.

Des statistiques plus complètes arrivent aussi sur les vidéos classiques et en direct, pour les pages avec plus de 5 000 abonnés. Elles peuvent désormais consulter le total des vues, des minutes vues et des actions des internautes dessus. À l'avenir, le réseau veut rendre les profils plus flexibles pour exploiter toutes les possibilités de l'API Live, notamment avec le matériel professionnel.

Encourager les internautes, lutter contre les contenus « bidons »

Enfin, pour « régler » la question des fausses actualités, accusées d'avoir joué un grand rôle dans la tournure de l'élection présidentielle américaine, Facebook poursuit ses promesses. En plus de s'associer à des médias pour vérifier des contenus signalés (par la suite marqués comme peu fiables), la plateforme affirme discuter dans les semaines à venir avec des éditeurs autour de l'éducation aux médias.

« Ce problème [des contenus « bidons »] est bien plus large que n'importe quelle plateforme, et il est important pour nous tous de travailler ensemble pour minimiser sa portée » écrit le réseau social, accusé d'encourager la multiplication d'articles « bidons » via son modèle publicitaire. Avec Google, l'entreprise a d'ailleurs promis de refuser les publicités pour de telles publications.

Cette attitude est en décalage complet avec les premiers messages de Mark Zuckerberg sur le sujet, qui affirmait que les faux contenus étaient extrêmement minoritaires et que son service avait joué un rôle mineur sur la question. Le groupe a d'ailleurs embauché Campbell Brown, une ancienne journaliste de CNN, pour faire le lien avec les médias.

En outre, il compte d'ailleurs fournir des formations et outils pour tous, à la fois pour mieux trier les contenus et pour publier dans de bonnes conditions. Il souhaite encourager les témoignages, notamment vidéo, en fournissant par exemple des guides de bonnes pratiques pour les personnes voulant publier des contenus autour d'événements importants.


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