Cuba : Google s'associe à l'opérateur ETECSA pour rapprocher son cache

Cache cache à Cuba 7
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Crédits : Hocus Focus Studio/iStock
FAI
Guénaël Pépin

Google a signé un accord avec l'opérateur ETECSA pour implanter le Google Global Cache (GGC) au plus près des internautes cubains. Cela même si la qualité même des connexions de l'île pose la question de l'intérêt concret de cette initiative.

Cuba et les États-Unis se rapprochent peu à peu. En mars, Barack Obama visitait ce pays pour amorcer la fin de l'embargo américain, qui dure depuis plus de 50 ans. L'administration actuelle compte sceller l'ouverture commerciale d'ici le mois prochain, avant le départ de l'actuel président. 

Il s'agit d'une aubaine pour les groupes technologiques américains, pour lesquels le pays représente un nouveau marché à conquérir, avec des internautes en devenir, proches des États-Unis. Cela alors qu'elles peinent à s'implanter durablement dans d'autres pays, comme l'Inde.

Rapprocher le cache de Google des Cubains

Hier, un accord a été signé entre Eric Schmidt, président exécutif d'Alphabet, et Mayra Arevich Marin, la présidente de l'opérateur cubain ETECSA, qui détient le monopole des télécommunications du pays. L'objet du contrat ? Rapprocher les serveurs du Google Global Cache (GGC) des internautes cubains. Il s'agit donc d'installer des serveurs au plus près de ceux-ci, même s'il n'est pas encore dit où ils seront implantés précisément.

Généralement, avec ce genre d'accord GGC, les serveurs sont directement placés au sein du réseau de l'opérateur. Une stratégie très classique pour un fournisseur de contenus destinée à éviter de générer du trafic (payant) sur l'Internet public. C'est tout l'enjeu du programme OpenConnect de Netflix par exemple, qui lui évite de payer des fortunes en transit pour ses vidéos.

Une différence concrète encore à prouver

Selon Reuters, cet accord risque néanmoins de ne pas avoir d'effet direct sur la qualité des connexions. Les Cubains dépendraient majoritairement de hotspots Wi-Fi opérés par ETECSA, « lents et chers » puisque payables à l'heure. En outre, d'après les Nations unies, seuls 5,6 % disposaient d'un accès Internet résidentiel l'an dernier.  

Tout juste, certains contenus « fixes », comme les vidéos YouTube, devraient bénéficier d'un accès plus rapide. N'étant pas partagées entre utilisateurs, des données plus sensibles, comme les messages Gmail, ne sont pas concernées. Il s'agit bien de rapprocher les contenus les plus demandés, vidéos en tête, et surtout l'entreprise du gouvernement. Derrière le mouvement politique, il n'est donc pas dit que cela signe une réelle amélioration pour l'Internet cubain.


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