Voitures à pilote automatique : le régulateur américain ne veut pas attendre la perfection

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Crédits : michellegibson/iStock
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

L'administrateur du NHTSA, a donné sa vision des systèmes de pilotages automatiques des voitures. Il explique qu'on doit « être prêts à tout pour ce qui permet de sauver la vie des gens », mais il a par contre refusé d'évoquer l'accident de la Model S de Tesla.

Fin juin, Tesla confirmait qu'un accident mortel s'était produit sur une de ses Model S alors que le pilotage automatique était activé, une première au bout de 200 millions de kilomètres selon l'entreprise d'Elon Musk. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) avait alors décidé d'ouvrir une enquête « afin de déterminer si le système fonctionnait conformément aux attentes ». Mark R. Rosekind, l'administrateur de cette agence, profitait d'une conférence à Détroit vendredi dernier pour revenir indirectement sur cette affaire, comme le rapportent nos confrères du Wall Street Journal.

« Prêt à tout pour ce qui permet de sauver la vie des gens »

En effet, s'il a refusé de commenter directement l'accident impliquant la Tesla Model S arguant qu'une enquête de la NHTSA est en cours, il a donné son avis général sur la question des pilotes automatiques que l'on retrouve dans des voitures de plusieurs constructeurs.

Sa position est sans ambiguïté et, selon lui, l'industrie automobile « ne peut pas attendre que ce soit parfait », surtout quand il s'agit de proposer une technologie qui permet dans l'ensemble de rendre les voitures plus sûres et donc de sauver des vies.

Une annonce qui va dans le sens d'une lettre publiée par Elon Musk (la veille de la conférence à Détroit) et dans laquelle un client explique que le pilotage automatique a probablement permis de sauver la vie d'un piéton (une « anecdote » confirmée par les logs de la voiture selon le PDG) :

Mark R. Rosekind rappelle que l'objectif premier de son administration est de réduire les accidents mortels de la circulation alors que le décompte était de 35 000 tués en 2015 (8 % de plus qu'en 2014). « Nous devrions être prêts à tout pour ce qui permet de sauver la vie des gens » ajoute-t-il afin de bien faire passer le message. 

Le pilotage automatique de Tesla, une fonctionnalité « bêta »

Dans tous les cas, nos confrères du Wall Street Journal expliquent que l'Autopilot de Tesla a été critiqué lors de sa mise sur le marché, notamment car il contenait des « vulnérabilités, laissant potentiellement certains conducteurs avoir trop foi en cette technologie ».

Pour rappel, lors de l'activation de cette fonctionnalité (facturé 2 800 euros tout de même sur une Model S), la voiture indique qu'il s'agit d'une fonctionnalité bêta et que le conducteur doit donc rester attentif et garder les mains sur le volant. Néanmoins, de nombreuses vidéos postées sur YouTube (entre autres) montrent que ce n'est pas toujours le cas. Lors de l'accident signalé fin juin, ni le conducteur ni l'Autopilot n'avaient actionné les freins.

Tesla pilote automatique

Il reste des questions à soulever concernant le « choix » des pilotes automatiques

Il faudra maintenant attendre les résultats complets de l'enquête afin de faire le point sur cette tragédie. Si le régulateur américain est pour l'adoption des systèmes de pilotages automatiques, il faudra également (lui et les autres régulateurs à travers le monde) qu'il se penche à un moment donné sur certaines problématiques, comme celle du choix des victimes lorsque cela est inévitable.


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