Connaître les machines, une question d'autonomie pour les humains

La technique, une affaire de culture
Tech 2 min
Connaître les machines, une question d'autonomie pour les humains
Crédits : ThomasVogel/iStock

1958. Les premiers ordinateurs sont là. Pour le philosophe Gilbert Simondon, la méconnaissance de la machine est la cause majeure de l’aliénation du monde contemporain, les hommes qui connaissent les objets techniques cherchent à s’imposer en leur conférant le statut d’objets sacrés. 

Ainsi naît « un technicisme intempérant qui n’est qu’une idolâtrie de la machine » (Du mode d’existence des objets techniques). En gros, la majorité des hommes ne s’intéressent pas à leur fonctionnement, ils ne sont donc pas autonomes pour évoluer dans la société moderne. Ceux qui savent leur « parler » dirigent le monde, les autres le consomment. Mais Simondon nous donne aussi la solution, ce qu’il appelle à l’époque « mécanologie » et qu’on appelle aujourd’hui la technologie : inclure la technique dans la culture.

On parle aussi de littératie numérique, d’éducation populaire, bref de faire en sorte que la majorité des personnes soit en capacité de disposer des objets, de les choisir, de les configurer, sinon de les construire, au moins de les fixer. Le Personal Computer (PC) et Internet promettaient ceci : chacun son ordinateur, son serveur et son site. Des logiciels libres, des protocoles simples, des échanges de pair à pair, ni centre ni hiérarchie. Des îlots. Des archipels.

Et on réalise en 2021, soixante ans après Simondon, trente ans après Berners-Lee, qu’on a oublié un truc en chemin. Notre autonomie. La connaissance des machines est affaire de culture et non d’ingénierie, les machines construisent les hommes autant que l’inverse. Quand l’humain tient le marteau et le burin, ce ne sont pas de simples outils qui obéissent à sa volonté, ils façonnent celui qui les tient.

Tenir un téléphone portable, c’est devenir un autre humain, façonné différemment. La question qu’il est urgent de se poser, l’impératif démocratique et écologique, est donc : quels outils voulons-nous tenir dans nos mains ?

Prolétarisation des utilisateurs, phase « terminal »

Dans le cadre du magazine #2 de Next INpact distribué en janvier, nous avions laissé carte blanche à l’association Framasoft pour nous parler de sa vision de l’évolution des technologies, de notre dépendance à celles-ci, de notre capacité à l’autonomie dans un monde numérique où nous sommes loin de tout contrôler. Nous diffusons cet article dans son intégralité. Il sera ensuite accessible à tous, comme tous nos contenus.

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