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Le logiciel libre arrive au sein de la Centrale d'achat de l'informatique hospitalière

Du neuf, docteur
Droit 7 min
Le logiciel libre arrive au sein de la Centrale d'achat de l'informatique hospitalière
Crédits : Alexei Cruglicov/iStock

La CAIH vient de lancer un appel d’offres. Objet ? Proposer des logiciels sous licence libre à ses 1 200 membres établissements de santé. Un mouvement qu’avait réclamé Olivier Véran, du moins lorsqu’il était député.

En février 2018, Olivier Véran questionnait la ministre de la Santé Agnès Buzin sur l'accord-cadre en vigueur jusqu’à fin 2019, passé entre Microsoft et la Centrale d'achat de l'informatique hospitalière (CAIH). Le parlementaire LREM voulait alors savoir si sa reconduction était toujours prévue, « et si oui dans quelles conditions ».

Il interrogeait surtout la ministre sur l’éventualité d'un calendrier de migration des systèmes d'informations des établissements publics de santé vers des logiciels libres outre « la généralisation et la rationalisation de l'utilisation des formats ouverts ».

En guise de plaidoyer, il s’armait de la loi pour une République numérique, qui « appelle les administrations à encourager l'utilisation des logiciels libres et des formats ouverts ». Il citait le RGI, ou référentiel général d'interopérabilité, qui « a déclassé le format propriétaire OOXML de Microsoft lui assignant le statut "en observation" et recommande le format ouvert Open Document ». Non sans se souvenir de la validation par la Cour des comptes du recours aux logiciels libres au sein de l'État.

Le parlementaire y ajoutait des considérations plus politiques, mâtinées de RGPD et sécurité : « À l'aune des débats sur les données personnelles, dont celles de santé sont particulièrement sensibles, et considérant les enjeux de sécurité informatique notamment mis en exergue par la faille Wannacry qui avait affecté de nombreux hôpitaux à travers le monde utilisant des logiciels Microsoft, cette question de souveraineté informatique des établissements publics de santé mérite une attention particulière ».

L’attention est devenue moins particulière au fil des mois. Sa question fut automatiquement retirée le 31 mars 2020 pour cause de « fin de mandat ». Et jamais elle n’a trouvé de réponse, pas même lorsque le même Olivier Véran fut nommé… ministre à la place d’Agnès Buzin, un mois et demi plus tôt. Fin 2019, l’accord-cadre avec Microsoft était dans le même temps reconduit jusqu’en 2023.

En plein mois d’août, le mouvement est toutefois enfin engagé. La décision revient non au ministère, mais à la Centrale d’achat de l’informatique hospitalière. L’association loi 1901, intervenant en matière de nouvelle technologie pour le compte plus de 1 200 établissements de santé, a en effet lancé un appel d’offres, sous forme d’un accord-cadre conclu pour 4 ans en faveur du libre.

Une alternative libre aux standards de fait Microsoft et Oracle

Selon les documents consultés par Next INpact, la CAIH « souhaite mettre en œuvre une alternative technologique crédible aux standards de fait que sont les technologies Microsoft et Oracle avec des services d’accompagnement au changement, de migration d’application, de formation, et de support ». Et elle compte à cette fin « permettre à ses adhérents de s’appuyer sur l’expérience et les compétences de sociétés autour de l’ensemble des logiciels libres ».

L’idée n’est pas d’imposer une migration brutale vers le libre, mais d’intégrer dans le catalogue des solutions proposées aux établissements, des logiciels sous licences ouvertes aux côtés des produits Microsoft ou Oracle. Il reviendra ensuite à chacun de faire son choix en jaugeant les intérêts en présence : coût, fonctionnalités, confort, modulo le poids des habitudes.

« L’objectif n’est pas, dans un premier temps, de totalement remplacer MS Office sur l’ensemble des postes de travail, mais d’offrir une alternative pour certains usages en simple consultation par exemple » reconnaît en ce sens le marché.

Une démarche est aussi un certain défi puisque dans le cahier des clauses techniques particulières (CCTP), le CAIH reconnaît que « la quasi-totalité des systèmes d’information hospitaliers repose sur les technologies Microsoft pour l’infrastructure, les serveurs bureautiques, les postes de travail et les services en ligne bureautique ». Et s’agissant des applicatifs métiers, sont là encore imposées « l’utilisation de base de données Oracle et/ou de la suite bureautique Microsoft Office ».

Pour donner une chance à la migration, l’accord-cadre réclame par exemple une distribution « proche de Windows » et une suite bureautique comprenant un traitement de texte, un tableur, un outil de présentation, une messagerie avec partage d’agenda interconnectable à Exchange, outre une ribambelle d’utilitaires « nécessaires au quotidien à l’ensemble des utilisateurs (lecteur PDF, décompresseur, lecteur vidéo, correcteur d’images…) ». D’autres pistes logicielles sont fournies. Outre LibreOffice, sont cités par exemple Iceweasel (Firefox), Thunderbird ou Gimp.

Un accord-cadre placé dans un contexte particulier

« On travaille avec Microsoft qui a une vraie valeur ajoutée », reconnaît Guillaume Deraedt, en charge de la stratégie à la CAIH. « Néanmoins, on est aussi une centrale d’achat et nous conseillons nos adhérents »

Plusieurs briques décisionnelles ont joué. « Avec l’annulation du Privacy Shield et la législation du Cloud Act aux États-Unis, on a estimé judicieux de proposer des solutions alternatives ». S’il admet n’y avoir eu « ni demande, ni écho du ministère de la Santé », le représentant de la CAIH nous rappelle que « les données sont de plus en plus prégnantes. Elles se révèlent de plus en plus utiles à travers la recherche médicale, le Big Data et autres projets au sein des CHU ». D’où l’intérêt aussi de proposer un marché national, ce afin d’éviter « l’effet dispersion ». Comprendre des établissements qui se fourniraient à titre individuel auprès de fournisseurs locaux pour des solutions hétérogènes pas toujours simples à harmoniser.

« Pour que l’open source marche, poursuit le délégué à la stratégie interrogé par Next INpact, on se doit aussi d’éviter la solitude du DSI en cas de souci. Et avec la "consummérisation" des services et l’essor des abonnements en ligne, on veut amorcer la pompe pour un équivalent à Office 365 auprès des utilisateurs qui n’auraient pas besoin de toutes les fonctionnalités de cette solution ».

Les obligations pesant sur les prétendants sont donc aussi multiples que logiques : fiabilité des systèmes d’informations, confiance, services associés avec une réponse à incident qui soit la plus complète et rapide possible, économies, retours sur investissement, sans omettre un solide volet accompagnement des utilisateurs et des équipes.

De même, un benchmark permettra de mesurer la satisfaction des utilisateurs et les inévitables analyses d’impact s’intéresseront à la question des données personnelles, au son du privacy by design et autre security by design.

Voilà ce qui ressort des détails du marché public, qui vise la fourniture :

  • « D’une étude de faisabilité, de chiffrage et d’analyse de risque de migration d’un pan fonctionnel du système d’information de santé vers de l’Open Source
  • De solutions clients, serveurs, et services en ligne Open-Source agréés HDS ou opérés sur des cloud HDS de nos adhérents 
  • De prestations de migration depuis les technologies « Oracle » et « Microsoft » vers de l’Open source
  • De services de maintenance, de tierce maintenance applicative, de prestations autour de technologies Open Source 
  • De services d’infogérance de solutions Open Source »

« On est dans le long terme »

Une fois la procédure publique achevée, Windows, Office et les autres de ses logiciels devraient donc avoir pour voisins de rayons des solutions comme Firefox, Thunderbird, des distributions et autres solutions.

Avec quels effets escomptés ? « Clairement, on est dans le long terme, commente encore Guillaume Deraedt. Le système d’information d’un CHU compte en moyenne 270 applications distinctes. La quasi-totalité requiert Microsoft, et Oracle s’agissant des solutions majeures de prise en charge médicale. Le marché ne va pas supprimer ces partenariats essentiels, mais on veut initialiser pour faire évoluer les choses ».

« Le futur de ces marchés dépendra de l’appétence des acteurs locaux » sachant que leurs ressources ne sont pas illimitées et qu’il n’est jamais simple d’envoyer en formation des équipes sur de nouvelles technologies, tout en gérant dans le même temps celles déjà en place.

Cruel rappel : « Quand on dit que les établissements de santé reviennent à l’équilibre, cela signifie concrètement qu’ils sont déficitaires. Et qu’il est nécessaire de diminuer les coûts ».

Si « nos adhérents sont satisfaits des services opérés sur ces technologies, insiste sur la même veine le document de ce marché, la situation de retour à l’équilibre financier de la majeure partie [d’entre eux] impose de trouver des axes de réduction de coût tout en garantissant la fiabilité, la sécurité et la disponibilité des solutions mises en œuvre ».

Autant de messages adressés au monde du libre et aux établissements pour qu’ils se saisissent des opportunités. Et tout autant de signaux adressés aux éditeurs propriétaires lorsque viendra le temps des négociations tarifaires.

59 commentaires
Avatar de Arcy Abonné
Avatar de ArcyArcy- 14/08/20 à 16:39:09

C'est du bon tout ça.

Ce sera clairement pas pour demain, les habitudes et les SI se sont construits autour de ces deux éditeurs mais il faut bien commencer quelque part.

En tout cas, ça fait clairement plaisir de voir qu'on prend le libre comme alternative (et pas comme remplacement, Word est a des années-lumières de LibreOffice) mais je suis convaincu que si on impose LO, Firefox, Thunderbird et co, peu sont ceux qui retourneront sur des logiciels proprios autrement que pour des fonctionnalités spécifiques.

Bref, il reste plus qu'à espérer que cette volonté "contamine" les autres services de l'Etat.

(et puis, quitte à dépenser du pognon, autant que ça partent dans des structures de formations ou de supports locaux ...)

Avatar de Trit’ Abonné
Avatar de Trit’Trit’- 14/08/20 à 17:10:56

Arcy a écrit :

Word est a des années-lumières de LibreOffice

Qu’est-ce que tu fais sur Word qui larguerait à ce point-là LibreOffice ?

Avatar de Idiogène INpactien
Avatar de IdiogèneIdiogène- 14/08/20 à 17:23:58

Arcy

L'open source n'est pas nécessairement libre. Ce qui signifie que des contributeurs vont voir leur travail revendu sans toucher un codec de l'opération.

Bon après cela ne change pas grand chose en pratique comparé aux licences libres, mais ce serait bien de ne pas trop confondre les deux. On détaille d'ailleurs des SAAS dans l'appel d'offre... on est loin du libre il me semble. La chaleur peut-être ? :langue:

Avatar de Volken73 Abonné
Avatar de Volken73Volken73- 14/08/20 à 17:36:08

Le sujet est loin d'être nouveau, libre versus non libre, sachant que ce dernier a un temps d'avance... Après tout, le succès de Microsoft ne vient-il pas du fait qu'il a été facilement copié à ses début (MS-DOS, Win 3.1) avec Word et Excel qui ne l'étaient pas moins ? Après les accords avec les fabricants de PC et le verrouillage progressif des logiciels (N° de série) ont tout de même laissé le champ libre notamment à la petite entreprise de Bill Gates. Le libre est venu bien plus tard, et les débuts étaient assez folkloriques en termes d'installation et de maintenance. Aujourd'hui installer une Debian est d'une simplicité presque enfantine, ce qui n'était pas du tout le cas auparavant, n'en déplaise à certains... Mais bon au niveau personnel, le libre est vraiment une alternative intéressante, d'autant plus que l'une des barrières à son utilisation (les jeux) est progressivement levée. Mais la condition est que tout le monde y vienne de plus en plus...
Reste l'aspect professionnel ou encore trop de "progiciels" sont dépendants d'Office/Oracle (éditions, modèles de documents, champs de fusion, macros,...) ; et puis entre LibreOffice, OpenOffice, il y a déjà des différences...

Avatar de hansi Abonné
Avatar de hansihansi- 14/08/20 à 17:46:23

"et qu’il n’est jamais simple d’envoyer en formation des équipes sur de nouvelles technologies"

StarOffice, l'ancêtre d'OpenOffice puis de LibreOffice date de début 2000, et la logique de la suite n'a pas changée depuis. Quant à la fondation Mozilla, elle est née en 2003 suite au torpillage de Netscape par microsoft. Donc "nouvelles technologies" pour vous peut-être. Mais pour un libriste, vous avez juste 17 ans de retard minimum au compteur !

Enfin : qui parle d'envoyer les équipes en formation, alors que la formation à distance explose, et qu'elle permet à l'entreprise de récupérer son salarié au bout de 2h ? Vous croyez sérieusement que les professionnels qui font de la formation sous LibreOffice sont des arriérés qui ne fonctionnent qu'en présentiel ?

Ensuite tout changement dans une entreprise est difficile. Si vous commencez avec ce type de raisonnement débile et conservateur par pur carriérisme, changez de métier : vous ne faites que nuire à votre société !

Avatar de hansi Abonné
Avatar de hansihansi- 14/08/20 à 18:04:00

@trit

Il est tellement à des années lumières qu'aujourd'hui encore, j'ai pu ouvrir un document word avec mot de passe sous Writer, là où word est toujours et encore incapable d'ouvrir un simple document Writer également protégé...
En outre, c'est bien beau de faire des assistants à outrance, mais ce n'est pas ça la vraie bureautique interopérable en entreprise. LibreOffice/OpenOffice sont bien les seules suites à fonctionner sous les 3 OS desktop majeurs, et quand je regarde la version ms office sous mac, amputée de tout un tas de fonctions de base, je remercie le ciel que ces crétins chez microsoft n'aient jamais fait une version pour OS libre !
Je vous épargne la vision des styles sous word qui part en sucette complète, là où LibreOffice a une logique complètement structurée, fiable, efficace et pérenne depuis les premières version de StarOffice début 2000. Comme quoi quand la logique de conception est bonne, elle perdure et évolue naturellement.
Sinon on va pas non plus être chauvin : chaque produit a bien entendu ses avantages et inconvénients respectifs. Mais il faut arrêter le délire de croire que microsoft aurait encore de l'avance. Déjà 90% des usagers n'utilisent que 10% des possibilités réelles de l'outil, et en entreprise, le fait est que les deux suites sont aujourd'hui à égalité.
Ce qui va surtout changer, c'est la location de drogue logicielle à coups d'abonnement, qui va plomber de plus en plus le budget des camés. Et de côté là, LibreOffice a une bonne carte à jouer.

Avatar de brice.wernet Abonné
Avatar de brice.wernetbrice.wernet- 14/08/20 à 20:34:19

En tout cas, ça fait clairement plaisir de voir qu'on prend le libre comme alternative (et pas comme remplacement, Word est a des années-lumières de LibreOffice) mais je suis convaincu que si on impose LO, Firefox, Thunderbird et co,

Libreoffice peut surtout être remplacé par OnlyOffice, bien plus proche de Word en visuel, plus user friendly et infiniment meilleur que Word en online!

Avatar de Nerg34 Abonné
Avatar de Nerg34Nerg34- 14/08/20 à 22:02:30

Perso après des années à devoir faire avec open office ou libre office, ça a été un réel plaisir de retrouver Microsoft office imposé par le nouveau logiciel médicale non compatible avec les autres.

Ne pas voir la différence entre le suite de microsoft et les équivalents en libre, c'est quand même avoir de sacrées œillères.

Avatar de Ailothaen Abonné
Avatar de AilothaenAilothaen- 14/08/20 à 22:30:20

brice.wernet

OnlyOffice, le truc qui ne supporte toujours pas les formats OpenDocument et qui commence à passer des fonctionnalités dans la version payante une fois qu'ils ont réussi à attirer assez de monde ? https://www.reddit.com/r/selfhosted/comments/fpurk6/stop_recommending_onlyoffice/ :windu:

Avatar de UtopY-Xte INpactien
Avatar de UtopY-XteUtopY-Xte- 14/08/20 à 23:08:48

Nerg34 a écrit :

Ne pas voir la différence entre le suite de microsoft et les équivalents en libre, c'est quand même avoir de sacrées œillères.

Ah ca pour faire de l'animation de transition jolie dans MS Office, MS sait faire, mais rendre inutilisable leur logiciel pour une partie des utilisateurs dans le domaine pro, ils savent faire aussi #MARCH1 , et puis changer l'interface quand ca leur chante aussi (vous avez mis des années a vous habituer au rubans? mais maintenant ca va? ok on l’enlève. Vous trouvez trop simple de mettre 2 fenêtres cote a cote? ok on va complexifier)

Je dit pas que MS Office n'est pas plus poussé mais c'est assez rare qu'on arrive jusqu’à la limite des alternatives a MS office (libre ou pas)

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