Toujours en croissance, Netflix inquiète ses investisseurs

Bientôt 80 millions d'abonnés tout de même
Economie 5 min
Toujours en croissance, Netflix inquiète ses investisseurs
Crédits : mphillips007/iStock

Netflix a rendu publics ses résultats financiers pour le premier trimestre 2016, ouvrant le bal d'une nouvelle saison de publications financières. Le géant du streaming continue de séduire de nouveaux abonnés, mais pas aussi vite que ses investisseurs le souhaiteraient.

Netflix continue de prendre place dans de plus en plus de foyers à travers le monde. L'ogre américain de la SVOD doit affronter une concurrence de plus en plus féroce, mais parvient malgré tout à garder le cap, contre vents et marées. 

Bientôt 80 millions d'abonnés

Au 31 mars 2016, Netflix comptait dans le monde entier 77,71 millions d'abonnés payants, soit 6,87 millions de plus que trois mois plus tôt. Il s'agit de la progression la plus importante enregistrée sur les 5 derniers trimestres pour l'entreprise.

Aux États-Unis, le groupe compte 45,71 millions d'abonnés payants, soit 2,31 millions de mieux qu'au trimestre précédent. Cette croissance devrait toutefois caler au prochain trimestre avec l'ajout de seulement 700 000 clients payants. À l'international, le géant américain compte 31,99 millions de fidèles payants, soit 4,55 millions de plus que trois mois plus tôt. Une progression en droite ligne avec celle observée un trimestre plus tôt, et principalement due à l'ouverture simultanée du service dans la plupart des pays du monde.

Dans ses prévisions, Netflix estime être en mesure de franchir la barre des 80 millions d'abonnés payants au prochain trimestre, en en ajoutant 3 millions supplémentaires. Un ralentissement des recrutements que l'entreprise justifie par la saisonnalité de son activité, par quelques pertes de clients suite à la bascule progressive de ses abonnés au nouveau tarif de 9,99 dollars pour l'offre HD avec deux écrans.

Le chiffre d'affaires continue de grimper

Côté revenus, tout semble au beau fixe. Avec un chiffre d'affaires de 1,813 milliard de dollars au dernier trimestre, Netflix enregistre une croissance de 29,5 % en un an et de 8,4 % sur trois mois. Les bénéfices, bien que maigres, restent quant à eux toujours au rendez-vous avec un résultat net positif, à hauteur de 28 millions de dollars. 

Pour le prochain trimestre, Netflix table sur un chiffre d'affaires de 1,964 milliard de dollars et a quelque peu déçu les analystes de Wall Street avec cette annonce. Le consensus se trouvait plutôt autour de 2 milliards de dollars, mais il faudra vraisemblablement attendre trois mois de plus pour que le géant de la SVOD ne franchisse ce cap, hautement symbolique.

Pendant ce temps, ses investissements dans le contenu s'accélèrent. Sur 2015, la société avait investi 5,77 milliards de dollars dans de nouveaux contenus pour son offre en streaming. Sur le seul premier trimestre de 2016, la facture s'élève déjà à 2,32 milliards de dollars. À ce rythme, Netflix pourrait bien flirter avec la barre des 9 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.

Parmi ces investissements, la firme assure qu'au moins 5 % seront consacrés à la production de films originaux, et il n'est pas question pour elle de s'arrêter là. « L'augmentation de notre revenu moyen par abonné nous permettra d'investir encore plus et de porter notre dépense de 5 milliards de dollars en 2016 à plus de 6 milliards de dollars en 2017 sur une base "P&L", et davantage en cash ».

Il est à noter que si l'entreprise avait émis de la dette au premier trimestre de 2014 et de 2015, avec respectivement 400 millions de dollars et 1,5 milliard de dollars, cela n'a pas été le cas cette année. Une absence qui s'explique par les solides réserves de cash (2,1 milliards de dollars) dont dispose toujours l'entreprise. Sa dette à long terme reste donc stable, à 2,37 milliards de dollars.

La concurrence se renforce et se multiplie

Si l'entreprise investit autant dans ses contenus, c'est parce qu'elle est loin d'être la seule sur son marché, et partout dans le monde, ses concurrents aiguisent leurs armes. Chez les créateurs de contenus, qu'il s'agisse des chaînes câblées ou des grandes maisons de production, la tendance n'est pas au réchauffement des relations avec le géant du streaming.

Le câblo-opérateur Time Warner Cable par exemple a fait savoir qu'il cherchait à « conserver [ses] droits plus longtemps ou retarder certaines licences pour [son]contenu ». Un mouvement qui touche également ses concurrents actuels, Amazon et Hulu en tête.

Netflix

Ce n'est pas le seul front sur lequel Netflix doit se battre, ses concurrents directs viennent également le chahuter. Amazon vient ainsi de lancer son abonnement Prime Video à 8,99 dollars par mois, dont le tarif vient pile se glisser entre l'offre SD 1 poste et l'offre HD 2 postes de Netflix. Les piques d'Amazon sont aussi plus directes, avec notamment une catégorie « Pas sur Netflix » dans son application.

En Europe, la bataille s'annonce également rude avec les acteurs qui se multiplient ces derniers temps. En France par exemple, Zive a fait une entrée remarquée en s'invitant chez la plupart des clients SFR, à la faveur d'une hausse tarifaire sur leur abonnement. Plus récemment, Vivendi est entré dans la danse en signant un partenariat avec Mediaset, avec l'ambition de créer une plateforme de SVOD « pan-européenne » avec le concours d'une ou deux majors américaines, qui pourraient alors bien être tentées de limiter leurs relations avec Netflix.

Pour l'heure, la plateforme américaine ne s'inquiète pas vraiment de cette situation. « Vous pouvez voir que le marché des loisirs est énorme et nous ne sommes qu'un petit bateau sur un vaste océan. Par exemple, nous sommes passés de 0 à 47 millions de membres aux États-Unis pendant que HBO continuait de croître, ce qui montre à quel point ce marché est grand. Nous avons une petite fraction du temps et de l'argent des consommateurs, et des tas d'opportunités pour progresser », fait savoir la société à ses actionnaires.

La tirade n'a pas fait mouche et l'action Netflix a enregistré une chute de 7,3 % après la fermeture de la séance d'hier, preuve que ces déclarations n'ont pas suffi à faire oublier les prévisions plus ternes qu'espérées pour le prochain trimestre. L'entreprise reste néanmoins valorisée à plus de 43 milliards de dollars, il n'y a donc pas encore péril en la demeure.

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !