Google I/O : ce qu'il faut retenir des nombreuses annonces

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Vincent Hermann

Nous vous proposons un grand récapitulatif des annonces de Google lors de sa conférence I/O. Android, Studio, Firebase, apprentissage profond, bots, puces spécialisées ou encore réalité virtuelle, le programme était particulièrement chargé.

Si la conférence I/O de l'année dernière s'était révélée plutôt ennuyeuse, celle de cette année avait de quoi occuper à peu près tout le monde. Google est intervenue dans bien des domaines, souvent en lien avec l’intelligence artificielle et l’apprentissage profond. La firme s'intéresse tellement à ces domaines qu'elle a même développé des puces spécialisées pour traiter ces opérations spécifiques.

Côté développeurs, il y a particulièrement de quoi faire. Les apports sont légion dans Android Studio, tandis que Firebase 2.0 déploie son parapluie de services. Ils pourront également regarder plus près Daydream et son programme de réalité virtuelle, rendre leurs applications compatibles avec Android N, sans parler d’éventuelles modifications en prévision de leur compatibilité avec… Chrome OS.

Google Assistant, l'ami qui veut tout savoir

La première annonce faite par Google concerne son nouvel Assistant. Derrière ce nom somme toute assez générique se cache un bot à tout faire que l’on va retrouver plus tard dans plusieurs produits. L’idée ici est de permettre à l’utilisateur d’exploiter la « puissance » de Google en posant des questions en langage naturel. Rien d’étonnant pour ceux qui auront suivi l’actualité, notamment quand la firme expliquait faire ingérer à son moteur des romans d’amour pour comprendre plus facilement les contextes et nuances de langage.

Assistant exploite en fait le Knowledge Graph de Google, mais plutôt que la technologie, c’est d’usages dont il est question. Le bot doit être une interface universelle de service et de réponse. Sundar Pinchai en personne expliquait ainsi qu’il suffirait de pointer l’appareil photo de son smartphone vers un monument pour que l’Assistant vous en donne le nom, l’auteur et diverses informations à son sujet.

L’Assistant doit également pouvoir proposer des choix pertinents à partir de conversations vagues et informelles, en cherchant à deviner les envies et besoins sous-jacents. Il pourrait par exemple proposer d’acheter des tickets de cinéma pour des films pour enfants si deux parents discutent d’y emmener leur famille.

Google veut percer la barrière qui existe entre la concaténation d’une montagne de données et son exploitation transparente par les utilisateurs. Objectif, que l’outil s’adapte à l’utilisateur et se fonde dans son quotidien, plutôt que l’inverse. Il sera également synchronisé et lié au compte Google. Tous les appareils qui y seront reliés participeront donc à mieux connaître les habitudes de l’utilisateur, toujours avec l’idée de mieux cerner ses besoins. Une présence constante qui ne dérangera pas certains, mais qui pourra en mettre d’autres mal à l’aise.

Allo et Duo, de la messagerie enrichie de bots

Google a manifestement décidé que le marché des messageries instantanées n’était pas assez encombré. Surprenant à peu tout le monde, l’éditeur a donc présenté Allo, un concurrent direct de WhatsApp. À la différence en effet de Hangouts (qu’il ne remplacera donc pas), il repose sur le numéro de téléphone et devrait certainement gagner rapidement en utilisateurs, surtout si l’application finit par être incluse directement dans Android.

Google a pioché un peu partout des fonctionnalités au sein d’une interface relativement sobre et élégante. Mais Allo doit se différencier et il le fait de deux manières, l’une positive, l’autre moins. D’une part, en intégrant l’Assistant, tout juste annoncé. Les conversations peuvent donc se faire naturellement, mais cette fonction se tient toujours prête à être interrogée sur une multitude de sujets.

Le fonctionnement de l’Assistant permet une mise en contexte permanente des requêtes. L’utilisateur pourra demander à la volée de consulter un créneau dans son agenda, de réserver une sortie dont il vient d’être question, de ressortir les photos du week-end précédent et ainsi de suite. Globalement, Allo viabilise l’Assistant en lui permettant de s’insérer partout où les utilisateurs pensent à chercher une information ou un contenu.

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Allo proposera également un mode Incognito dont le fonctionnement n’a rien de nouveau. Ceux qui utilisent Telegram par exemple connaissent ces conversations secrètes, dans lesquelles non seulement rien n’est sauvegardé quand elles sont fermées, mais qui sont également chiffrées de bout en bout (Google utilise le protocole Signal).

Cependant, les conversations classiques en tête à tête ou en groupe n’ont qu’un chiffrement classique. Selon l’un des développeurs de Signal consulté pour la sécurité d’Allo, un chiffrement E2E global aurait empêché le fonctionnement de l’Assistant. On ne sait pas non plus où seront stockées les clés de chiffrement.

Allo est par ailleurs d’une autre application, Duo. Entièrement tournée vers les vidéoconférences, elle fait fort de se débrouiller avec de petites connexions, Google ayant largement accentué sa communication sur les performances de sa solution. Duo intègrera également la fonctionnalité Knock Knock, qui permettra de voir ce que l’appelant veut montrer avant de décrocher. L’application sera elle aussi basée sur le numéro de téléphone.

Allo et Duo forment un couple que l’on pourrait apparenter à celui d’Apple, avec iMessage et FaceTime. Le fonctionnement global est à peu près le même, mais les utilisateurs d’Android risquent d’être un peu perdu entre les SMS, Hangouts et Allo/Duo. Les deux applications arriveront durant l’été sur Android et iOS, avec la possibilité de se préinscrire pour les tester en avance sur le premier.

Google Home, la réponse à Amazon Echo

En novembre 2014, Amazon dévoilait Echo, une borne connectée capable de faire appel à une assistante vocale, Alexa, pour lui demander des renseignements ou effectuer des actions. Google était attendu au tournant dans l’espace domestique, et la réponse est venue sous la forme de Home… une borne connectée munie de micros et d’enceintes, capable de répondre à toute sorte de demandes.

Le produit est conçu pour s’insérer dans la vie quotidienne. Même si Google n’a donné finalement que peu d’informations (il doit sortir plus tard dans l’année), on sait néanmoins que la firme compte faire de Home le compagnon qui peut être la fois discret et indispensable. On prononce donc un mot-clé, déclenchant l’écoute de Home, puis on dicte un ordre : lancer un compte à rebours pour la cuisson du riz, demander la météo de la semaine, lancer une chanson, vérifier l’agenda ou bien entendu piloter des fonctions de la maison. Une occasion supplémentaire de caser des produits Nest un peu partout.

Google ne fournit pas la liste exacte des fonctionnalités et il faudra sans doute encore attendre quelques mois avant d’en savoir davantage. La firme a cependant précisé que Home serait disponible en plusieurs coloris et matériaux. Globalement, la borne devrait être le point culminant de l’intégration des services maison, son efficacité dépendant sans doute du nombre de produits estampillés Google qui y seront reliés.

La firme ayant précisé récemment que plus de 20 % des recherches aux États-Unis étaient effectués vocalement, on comprend que le secteur l'intéresse particulièrement.

google home

Android N introduit le chiffrement par fichier

Évidemment, une Google I/O sans présentation de nouveautés sur Android aurait semblé un peu vide. L’éditeur a cependant modifié son modèle de développement en parlant très tôt d’une partie des nouveautés de la version N, qui n’a toujours pas de nom officiel. Les internautes sont d’ailleurs invités à proposer eux-mêmes des titres.

Les apports principaux d’Android N sont donc déjà connus : un mode multifenêtre qui sera particulièrement utile sur tablette (moitié/moitié ou deux tiers/un tiers) et activé par un appui sur le bouton multitâche, un regroupement des notifications par application, un renforcement de Doze pour améliorer encore l’autonomie, le projet Svelte qui fait passer le système par une cure d’amaigrissement, le support de Java 8, de nouveaux émojis ou encore le support de l’API Vulkan. Plus récemment, on a appris qu’Android N gèrerait également les écrans à niveaux de pression, comme ceux des iPhone 6S et 6S Plus.

Durant la conférence I/O, Google est revenue sur plusieurs points, tout en en ajoutant d’autres. Par exemple, le chiffrement par fichier fait son entrée, de même que des entêtes médias plus riches. Les mises à jour du système pourront également se faire de manière transparente. L’éditeur introduit également un nouveau bouton dans la vue multitâche pour fermer d’un coup toutes les applications ouvertes. Le bouton multitâche peut également être tapoté deux fois rapidement pour revenir à l’application précédemment utilisée.

À ce stade de développement, et si l’on se base sur une arrivée pour l’automne, il est normal que Google ait moins de nouveautés « lourdes » à présenter. La société a profité de la conférence d’ailleurs pour lancer une nouvelle préversion, et il est probable que plusieurs seront encore publiées d’ici à la sortie finale.

Notez que Google a également modifié son programme Android Beta de participation aux préversions. Désormais, il n’est plus nécessaire de les installer manuellement. Après inscription, le système sera proposé en mise à jour OTA, simplifiant largement le processus. Le programme détecte de plus automatiquement les appareils qui y ont droit, court-circuitant tout risque. Les préversions suivantes seront également proposées en OTA, un fonctionnement calqué sur celui des bêtas d’applications dans le Play Store.

Android Wear 2.0 ouvre la voie aux applications indépendantes

Qui dit Android dit également Android Wear. Google a donc dévoilé les premiers grands traits de la version 2.0, première évolution majeure de la plateforme destinée aux montrés connectées.

Deux grosses améliorations ont principalement été dévoilées. La première est la possibilité de personnaliser les cadrans de manière beaucoup plus poussée. L’écran de la montre pourra donc afficher plus d’informations et se montrera plus proactif sur les éléments dont pourrait avoir besoin l’utilisateur. Des contrôles pourront donc s’y afficher directement (comme ceux de Spotify pendant une course).

Plus important encore, Android Wear 2.0 permettra aux applications d’avoir une vie propre. Il s’agit de la même évolution que pour watchOS chez Apple, dont la version 2.0 avait autorisé cette indépendance. Les applications pourront donc s’installer directement, sans passer par le smartphone ni en avoir besoin pour leur gestion. Certaines montres commençant à disposer de leur propre connexion, l’ajout est donc particulièrement intéressant.

Comme pour Android, une préversion est disponible pour les développeurs, depuis cette page.

Autour d’Android : Instant Apps, Pay et Play Services

En lien avec Android, plusieurs annonces ont été faites. L’une des plus importantes est sans conteste Instant Apps. Ces « applications instantanées » pourront être téléchargées rapidement par un smartphone qui, au lieu d’afficher par exemple une simple page, pourra afficher les informations souhaitées dans ce qui devrait être la véritable application officielle de l’éditeur concernée.

Google a expliqué durant sa conférence que les applications étaient divisées en éléments de base. Le mécanisme derrière Instant Apps n’envoie alors que les morceaux nécessaires pour afficher le contenu souhaité par l’utilisateur. À titre d’exemple, la firme a indiqué qu’un smartphone NFC pourrait par exemple s’approcher d’une borne de parking liée à un service particulier, récupérer l’application correspondante et déclencher automatiquement Android Pay.

Android Pay, justement, enrichit de son côté ses API. Le service de paiement s’ouvre notamment aux revendeurs de biens physiques, ces derniers pouvant désormais s’inscrire sur la page dédiée. Il permet également l’ajout de liens profonds dans des notifications, emails ou encore SMS afin que l’utilisateur puisse ajouter l’information au service sans plus de manipulations. Le processus de création de compte est également simplifié pour les enseignes, pour permettre en place plus facilement des programmes de fidélité.

Enfin, Google a publié la version 9.0 de ses Play Services. L’une des principales nouveautés est la possibilité pour les développeurs d’ajouter simplement une capacité d’enregistrement vidéo à leurs applications. Naturellement, ce contrôle s’accompagnera de la capacité à publier les vidéos directement sur YouTube. Côté publicité, les éditeurs pourront se servir du format Native Ads Express pour définir des modèles réutilisables, incluant les polices, couleurs, positionnements et autres informations de style.

Android Studio veut simplifier la vie des développeurs

Si l’on compare à l’année dernière, les développeurs ont été particulièrement gâtés cette année. La préversion d’Android Studio 2.2 est ainsi disponible, proposant une longue liste d’améliorations, à commencer sur la création des interfaces.

Deux nouveautés sont principalement proposées dans ce domaine. D’une part, le Layout Editor, qui permet de sélectionner simplement des éléments depuis un panneau, puis de les poser soit sur le plan de conception, soit dans l’arborescence des composants. Une vue Plan permet de modifier toutes les dispositions et proportions des widgets. Studio génère évidemment le code correspondant à chaque ajout ou modification.

D’autre part, le Constraint Layout, qui vise à simplifier encore davantage le processus en simplifiant l’association des éléments entre eux, de manière dynamique. Le développeur n’a plus alors à s’occuper du positionnement exact. Studio calcule automatiquement les dispositions et gère les contraintes, d’où le nom de la fonctionnalité. Google espère épargner du temps aux développeurs, particulièrement ceux que cette partie du travail intéresse moins.

Cette dernière préversion propose également la compilation incrémentielle pour Jack, le Merged Manifest Viewer pour vérifier le comportement de chaque nœud du manifeste, la possibilité d’enregistrer les tests au format Espresso, ou encore l’APK Analyzer. Ce dernier est particulièrement intéressant puisqu’il permet de trouver les causes communes de pannes, comme un dépassement de limite des 64K sur les méthodes. Il ambitionne également de réduire le poids des applications, un outil que de nombreux éditeurs devraient donc regarder de près.

android studio

Firebase 2.0, le grand parapluie des services aux applications

Firebase 2.0 est également disponible depuis quelques jours. La trousse à outils, qui peut être utilisée aussi bien pour les applications Android que pour les sites web, s’étoffe largement tout en devenant gratuite en bonne partie. Ce backend-as-a-service (BaaS), se dote déjà d’un site officiel et d’une console de gestion complètement remaniés. Version 2.0 oblige, un nouveau SDK (Software Development Kit) est également proposé.

Parmi les principales nouveautés, citons particulièrement Analytics et Audiences. Ces dernières permettront de créer des groupes d’utilisateurs assemblés par des paramètres précis, comme la zone géographique, la tranche d’âge, le temps passé sur l’application et ainsi de suite. Analytics permet de son côté de récolter, comme son l’indique, des statistiques sur la manière dont les utilisateurs se servent des applications.

L’orientation générale de Firebase est maintenant claire : le contact avec les utilisateurs. Les outils doivent permettre d’en capter de nouveaux et de garder les existants. Google avait d’ailleurs donné un cas pratique : sur un jeu, le développeur pourra savoir combien de personnes sont coincées au niveau 5. Des renseignements d’autant plus importants que Firebase 2.0 permet de déclencher de nombreuses actions selon de tels critères. Dans le cas abordé, il pourrait s’agir d’une aide, l’objectif étant encore une fois que l’utilisateur reste. Quand on sait que Firebase intègre AdWords et AdMob, on comprend que l’engagement peut être synonyme de financement.

Ceux qui souhaitent en savoir plus peuvent se rendre sur le site officiel de Firebase 2.0. Les tarifs sont quant à eux disponibles depuis cette page, sachant que les outils de base ainsi que Analytics, Crash Reporting, Remote Config et Dynamic Links sont gratuits. Notez également que Google App Indexing, Google Cloud Messaging et Cloud Test Lab deviennent respectivement Firebase App Indexing, Firebase Cloud Messaging et Firebase Test Lab. Le message de Google est donc clair : si vous cherchez un outil, regardez du côté de Firebase.

firebase

Les applications Android sur Chrome OS avant la fin de l’année

L’une des plus grosses annonces de cette conférence aura sans nul doute été l’arrivée des applications Android sur Chrome OS pour cette année. On savait que Google travaillait sur ce sujet depuis un moment, mais beaucoup pensaient que l’éditeur se servirait de sa technologie ARC (Android Runtime for Chrome). Mais, surprise, il est reparti sur des bases vierges.

Plutôt que de chercher à faire dans la compatibilité, Google a tout simplement choisi d’inclure dans Chrome OS un véritable sous-système Android. C’est donc tout le framework du système mobile qui se retrouve encapsulé dans un conteneur logiciel, un peu à la manière de ce qu’a fait Microsoft avec Ubuntu dans les préversions récentes de Windows 10.

L’avantage par rapport à ARC est conséquent : il n’y a plus aucune limite de compatibilité avec les applications. Google a donc annoncé que toutes celles présentes sur la boutique Google Play, la boutique étant dès lors ouverte sur Chrome OS. Les utilisateurs pourront alors puiser dans l’immense réserve et installer ce qu’ils veulent, qu’il s’agisse de Word, Facebook, HearthStone, Photoshop Mix ou encore Snapchat. Reste à voir cependant comment certaines applications se comporteront sans numéro de téléphone.

Les applications apparaîtront dans leur forme normale, éventuellement avec l’interface réservée aux tablettes quand elle sera disponible. Les éléments de contrôles seront automatiquement basculés sur ceux de Chrome OS, notamment pour tout ce qui touche aux boites de dialogue et au centre de notification.

Les développeurs pourront tester le comportement de leurs créations quand une préversion spéciale de Chrome OS sera mise en ligne à la mi-juin. Seules trois machines seront cependant prises en charge dans un premier temps : l’Acer Chromebook R11, l’Asus Chromebook Flip et le Google Chromebook Pixel 2. Ils pourront notamment inclure des contrôles spécifiques au clavier ou au touchpad s’ils le souhaitent.

Quant à la disponibilité générale, Google n’a donné aucune date, se contentent d’indiquer « plus tard dans l’année ». Tous les Chromebooks sortis dans les deux dernières années devraient normalement fonctionner, mais pas les autres.

Daydream, ou la réalité virtuelle presque pour tous

Dans le sillage d’Android N, Google a dévoilé Daydream. Cette plateforme de réalité virtuelle tirera partie de la nouvelle mouture du système mobile en lui permettant d’exploiter de nombreuses applications, qui seront mises à jour dans la foulée.

Daydream se divise en trois parties :

  • Les smartphones prêts pour la réalité virtuelle
  • Des designs de référence pour les constructeurs qui souhaitent proposer des contrôleurs des casques où intégrer les smartphones (à la manière d’un Cardboard)
  • Des applications compatibles

Dans la démonstration réalisée pendant la conférence, on a ainsi pu voir une interface Android N adaptée à la réalité virtuelle, les applications étant disposées sur une grille qui rappelait fortement celle de la Wii. La télécommande se veut simplissime, avec essentiellement une zone tactile pilotable au pouce, assortie de deux boutons pour les contrôles. Côté applications, Play Films, Photos, Street View et YouTube seront compatibles notamment.

Daydream n’est cependant pas pour tout de suite. Google a indiqué qu’un premier design de référence serait prêt pour cet automne, mais sans plus de précisions. Le temps que les constructeurs s’en emparent et que les applications évoluent, il ne faut rien attendre avant l’année prochaine. Une liste des smartphones compatibles sera par ailleurs publiée plus tard.

TPU : des puces spécifiquement conçues pour l’apprentissage profond

Pendant des années, Google a utilisé des CPU, GPU et des FGPA pour travailler sur l’apprentissage profond, l’une des technologies menant à l’intelligence artificielle. La firme a cependant souhaité obtenir de meilleurs ratios performances par watt et a donc développé ses propres puces spécialisées.

Ces ASIC (Application-Specific Integrated Circuit) sont nommées TPU, pour Tensor Processing Unit. Comme on s’en doute, elles sont entièrement dédiées aux opérations de TensorFlow, le moteur maison d’apprentissage profond, disponible en open source depuis novembre dernier, sous licence Apache 2.0.

En dépit du langage particulièrement flou utilisé par Google dans son annonce – un bond de sept ans dans l’amélioration du rapport performances par watt, ou encore « trois générations de loi de Moore » - le développement est intéressant puisqu’il braque les projecteurs sur l’intelligence artificielle au sens large. La firme semble d’ailleurs tellement contente des résultats qu’elle utilise ces puces dans une partie de ses centres de données. Coup de publicité supplémentaire, la fameuse machine AlphaGo était propulsée par des TPU.

Ara revoit ses ambitions à la baisse pour se lancer en 2017

Le projet Ara de smartphone totalement modulaire faisait craindre le pire. De nombreuses informations avaient été données il y a un, mais Google a averti en août que le produit serait finalement repoussé à 2016. Bien des mois plus tard, la firme revient sur le sujet, cette fois pour annoncer un glissement en 2017 et des ambitions revues à la baisse.

Selon la firme, cette réduction de la voilure était une étape obligatoire pour rendre le projet crédible, alors même que beaucoup estimaient que le produit était mort ou en passe de l’être. Pour viser la commercialisation et arrêter de perdre du temps, les parties centrales du smartphone (mémoire, processeur, écran, etc.) seront fixes, les attaches des modules seront physiques (et non plus magnétiques) et le nombre d’emplacements libres passera de plus d’une dizaine devant et derrière à seulement six au dos.

L’orientation du premier modèle a donc légèrement changé : une base centrale à laquelle on ajoute des fonctionnalités. L’ensemble reste compatible avec UniPro et Google travaille toujours sur Greybus, le protocole permettant de faire fonctionner les modèles avec Android. Surtout, le projet dispose de sa propre division de développement désormais, et des partenaires comme Harman, Panasonic, Samsung, TDK ou Toshiba ont annoncé leur support.

Autre information importante, un modèle de développement sera disponible vers la fin de l’année, sans plus de précisions. Les bidouilleurs et développeurs pourront donc s’y essayer, tester les modules, créer des applications et ainsi de suite. Google cherche particulièrement des idées de modules à ajouter pour renforcer le concept.


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