Internet des objets : les premiers éléments de réflexion de l'ARCEP

Derrière le chaos, la régulation 27
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Obj. Connectés
Sébastien Gavois

L'ARCEP se lance dans l'Internet des objets avec l'ouverture d'un site dédié. Afin d'accompagner – et d'encadrer – au mieux ce marché, le régulateur s'associe à six institutions dont l'ANFR, la CNIL et l'ANSSI.

À la fin de l'année dernière, l'ARCEP dévoilait sa revue stratégique dont l'objectif était de définir, dans les grandes lignes, les enjeux et les nouvelles orientations du régulateur des télécoms. Parmi les points évoqués, il était évidemment question de l'Internet des objets. L'institution revient aujourd'hui sur ce thème avec un site dédié, qui est la suite logique d'un chantier lancé en juin 2015. But de l'opération : « partager sa démarche et ses premiers éléments de réflexion ».

Un marché en pleine expansion qui soulève de nouvelles questions

Tout d'abord, il est important de rappeler que l'Internet des objets (ou IoT) ne touche pas que les nouvelles technologies et que cela concerne de très nombreux secteurs comme l’énergie, les transports, l’automobile, l’agriculture, les assurances ou la santé. Face à cela, le gendarme des télécoms veut « s’assurer de la disponibilité des ressources rares (numérotation, adresses IP, codes réseaux, accès aux fréquences, etc) pour accompagner le développement des réseaux de l’Internet des objets ».

D'autant que ce marché est en pleine croissance (trois fois plus rapide que le marché des TIC selon l'ARCEP) et les annonces se multiplient. « En 2020, certains estiment que ce seront 15% des objets, soit 50 milliards d’objets connectés à Internet, qui génèreront un quart de toutes les données mondiales, pour un marché évalué à 7 000 milliards de dollars » indique l'ARCEP. Des enjeux importants et un secteur qu'il faut donc encadrer pour le régulateur. La révolution ayant déjà commencé depuis quelque temps, il est effectivement temps de s'y pencher activement.

ANFR, ANSSI, ARCEP et CNIL main dans la main

Pour mener à bien cette mission, l'ARCEP n'est pas seul dans cette aventure. En effet, si certaines problématiques techniques, économiques et règlementaires au cœur de ses missions, d'autres comme la protection des données, la sécurité et l'interopérabilité dépendent d'autres institutions.

Depuis le lancement du projet en juin 2015, le gendarme des télécoms s'est associé à d'autres acteurs de poids :  la DGE (Direction générale des entreprises), l’ANFR (Agence Nationale des fréquences), la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), la DGALN (direction générale de l’Aménagement du Logement et de la Nature) et France Stratégie.

Une consultation publique cet été, un livre blanc à l'automne

L'ARCEP a également mené des auditions auprès d'une trentaine d'acteurs avec, par exemple, Samsung, la SNCF, Orange, Bouygues Telecom, Nest, Google, SFR, Huawei, Intel, Actility, etc. Afin de pousser plus en avant sa réflexion, le régulateur organise également des ateliers thématiques sur le sujet. Le premier se tient aujourd'hui même, sur la question de l'industrie et du transport connectés. Le 23 juin prochain aura lieu une réunion sur la ville intelligente et bâtiment connecté, tandis que le 27 juin il sera question de santé connectée.

Durant l'été, une consultation publique « portant sur un premier état de l’art ainsi que sur une ébauche de feuille de route » sera lancée, avant la publication d'un « livre blanc » cet automne. 


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