Microsoft vend sa division « features phones » pour 350 millions de dollars

Nokia en embuscade 62
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Société
Kevin Hottot

Microsoft vient d'annoncer la vente de sa division dédiée à la conception de téléphones mobiles d'entrée de gamme, chèrement acquise auprès de Nokia fin 2013. Foxconn et HMD Global, une entreprise proche de Nokia, se partagent le gâteau pour 350 millions de dollars.

Microsoft affiche une rentabilité insolente, mais l'entreprise pilotée par Satya Nadella n'aime pas pour autant garder des activités peu rémunératrices dans son giron. On l'a vue ainsi récemment se débarrasser d'une partie des actifs de Bing Maps au profit d'Uber, et le géant de Redmond ne va pas s'arrêter là.

L'entrée de gamme n'intéresse pas Microsoft

En rachetant les activités mobiles de Nokia en septembre 2013 pour 5,44 milliards de dollars, Microsoft mettait non seulement la main sur les smartphones de la marque mais aussi sur ses « features phones ». Il s'agit pour rappel d'appareils peu sophistiqués faisant office de chaînons entre les smartphones et les simples téléphones mobiles  que l'on connaissait au début des années 2000.

Ce sont globalement de produits d'entrée de gamme, généralement destinés aux marchés émergents. Ils sont donc très éloignés des standards haut de gamme que Microsoft essaye d'atteindre avec sa gamme Lumia, avec un succès que l'on qualifiera au mieux de discutable.

Le constructeur a donc choisi de se débarrasser de ce segment qui ne l'intéresse pas. Pour 350 millions de dollars, une entreprise du nom de FIH Mobile vient donc de mettre la main sur ces activités, ainsi que Microsoft Mobile Vietnam, une entité propriétaire d'une usine d'assemblage à Hanoi, produisant les terminaux concernés. Derrière FIH Mobile se cachent Foxconn et Nokia, au travers d'une entreprise baptisée HMD Global.

HMD Global, un montage compliqué

La patte de Nokia au sein de HMD Global est peu perceptible mais bien présente. Si la société n'est pas présentée comme une filiale de Nokia, elle s'y apparenterait presque. Le capital de HMD Global est réparti entre un fonds d'investissement (Smart Connect LP), géré par Jean-François Baril, un ancien responsable de Nokia, et quelques responsables de l'entreprise. Au conseil d'administration de la société (basée en Finlande), un représentant de Nokia occupe également un des cinq sièges. Par contre, le géant finlandais se défend d'avoir fait ni de faire le moindre investissement financier dans la société, ni d'en détenir la moindre part.

HMD Global a de son côté signé un accord avec Nokia Technologies lui permettant d'utiliser en exclusivité le nom Nokia sur des téléphones mobiles et des tablettes « pour la décennie à venir » ainsi que « des brevets essentiels autour des standards cellulaires ». HMD promet en outre d'investir plus de 500 millions de dollars en trois ans pour le développement de tablettes et de téléphones sous Android, financés par ses investisseurs, mais aussi par les revenus des ventes de features phones, acquis avec Foxconn via FIH Mobile.

De son côté, Nokia touchera des royalties sur les ventes de terminaux exploitant sa marque. Une façon de reprendre pied sur ce marché qui permet au groupe finlandais de limiter ses investissements, et donc ses risques, tout en s'assurant un minimum de revenus.

Windows 10 Mobile n'est pas mort

Il convient de rappeller que cette transaction ne concerne absolument pas la branche de Microsoft dédiée aux smartphones. La firme de Redmond assure qu'elle « continue de développer Windows 10 Mobile et de supporter des terminaux de la gamme Lumia tels que les Lumia 650, 950 et 950XL ainsi que ceux de partenaires comme Acer, Alcatel, HP, Trinity et Vaio ». 

Pas question donc de mettre de côté ce marché pour Microsoft même si ce dernier ne lui réussit pas vraiment. Au quatrième trimestre 2015, avec 4,5 millions de terminaux vendus, le géant américain ne faisait office que de poids plume avec une part de marché mondiale de 1,1 % seulement.


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