Numéros virtuels : onoff va sortir de bêta, son PDG Taïg Khris nous parle de ses ambitions

C'est la fin de la gratuité 23
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le mercredi 18 mai 2016 à 11:50
Sébastien Gavois

Après plus d'un an de test grandeur nature, onoff va rapidement sortir de bêta. Ce sera alors la fin du premier numéro gratuit, mais aussi le début de la conquête du monde avec 20 à 40 pays couverts d'ici la fin de l'année. Nous avons pu nous entretenir avec Taïg Khris, PDG de la société.

En février de l'année dernière, Taïg Khris (champion de rollers et vainqueur des X-Games) lançait son service de numéros virtuels : onoff. Son principe est simple : vous proposer un ou plusieurs numéros de téléphone portable (06/07) supplémentaires pour vos appels et SMS, contre le paiement d'un abonnement mensuel (dès 2,99 euros par mois). Plus d'un an après, onoff se lance enfin dans le grand bain, avec les yeux tournés vers l'international, comme nous l'explique son PDG Taïg Khris.

Deux millions d'euros récoltés, dont une partie auprès d'opérateurs

L'année dernière, une première levée de fond lui avait permis de réunir un million d'euros auprès de plusieurs investisseurs, « surtout des amis, qui ont mis de petits ou de gros tickets, et qui ont cru dans le potentiel du projet et dans mon acharnement » expliquait-il à l'époque.

Aujourd'hui, ce sont deux millions d'euros supplémentaires qui ont été réunis, mais provenant d'un public beaucoup plus large, même si des connaissances ont encore une fois mis la main au porte-monnaie. En effet, Taïg Khris nous indique que dans le lot des investisseurs on retrouve notamment des hommes d'affaires, des sportifs de haut niveau (Chabal, Michalak, etc.), des opérateurs comme Transatel (partenaire d'onoff pour la fourniture des numéros de téléphone) et Neo Telecoms ainsi que Frank Cadoret, ex-directeur exécutif grand public de SFR qui travaille désormais chez Vivendi.

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onoff main dans la main avec les opérateurs, selon Taïg Khris

Au total, avec cette nouvelle levée de fond (la troisième), cela donne un total de près de 5 millions d'euros. C'est d'ailleurs une bonne nouvelle pour onoff qui souhaite que son service soit utilisé par les opérateurs de réseau pour enrichir leurs offres, un peu à la manière d'un service de streaming de musique ou d'une offre de SVOD mise en avant par un opérateur.

Taïg Khris ne cache d'ailleurs pas ses ambitions : proposer une alternative à WhatsApp, Viber ou Messenger, mais en passant par le réseau d'antennes des opérateurs, ce qui représenterait « une valeur ajoutée » pour ces derniers. Comme nous l'avions expliqué dans notre analyse du service en février dernier, s'il est nécessaire d'avoir une connexion à Internet pour établir une liaison, les appels et les SMS passent par les réseaux des opérateurs, pas par Internet.

Et s'il pense arriver à intéresser les opérateurs de réseau, c'est aussi parce que, selon lui, ils « ne savent pas construire des applications OTT ». Voilà qui devraient leur faire plaisir.

Un travail de plus d'un an pour finaliser le service, avec peu de nouveautés

Dans tous les cas, l'équipe d'onoff comprend actuellement une trentaine de personnes qui est principalement orientée sur la partie technique et le développement logiciel. La société ne compte pas en rester là et cherche à en recruter une quinzaine de plus en ce moment, là encore principalement avec des profils techniques.

Malgré cela, les applications n'ont que peu évolué cette année, avec simplement une refonte graphique et la possibilité d'envoyer des SMS en différé avec la mise à jour de fin avril. La version Windows Phone qui avait pourtant été annoncée n'est toujours pas disponible. Sur ce point, Taïg Khris nous explique que d'autres priorités sont passées avant. Comme d'autres sociétés, les parts de marché de Windows Phone ne sont visiblement pas suffisantes pour y passer du temps pour le moment.

Durant les derniers mois qui viennent de s'écouler, le dirigeant précise que ses équipes étaient principalement orientées sur la finalisation de onoff avec les retours des premiers bêta-testeurs, ce qui a pris beaucoup plus de temps que prévu. Mais c'est désormais du passé et le service sera lancé officiellement dans quelques jours.

La version finale et payante arrive pour tous

Cette nouvelle ère signe la mise à mort de la « période d'essai » et implique un changement important pour le service : la fin du premier numéro gratuit pour les nouveaux et les anciens clients. Le PDG de la société nous confirme en effet que ceux qui profitent d'un numéro gratuit passeront tous sur une offre payante, à partir de 2,99 euros par mois et par numéro.

Pour les anciens clients, une offre promotionnelle permettra de profiter d'un temps d'utilisation doublé. Ainsi, en payant un mois ou un an par exemple, vous en aurez deux pour le même prix. De plus, une offre de parrainage permettra de profiter d'un numéro gratuit, sans plus de précisions pour l'instant sur les tenants et les aboutissants de cette offre.

Dans tous les cas, le PDG de la société met en avant une « confidentialité absolue » pour ses utilisateurs : aucune de leurs données ne sera revendue et il n'y aura pas de publicité sur l'application. Conséquence directe de cette politique, la seule source de financement pour onoff est l'abonnement payant.

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onoff disponible au Royaume-Uni, Canada et USA arrivent, le reste du monde en vue

Avec du retard sur le calendrier initial, onoff se lance également à l'international. Le service est en effet disponible depuis une semaine environ au Royaume-Uni et les utilisateurs peuvent bénéficier d'un numéro de téléphone portable anglais directement via l'application.

Les États-Unis et le Canada suivront dans « quelques semaines ». Mais onoff ne compte pas en reste là et vise également une ouverture beaucoup plus large à l'international. Le PDG de la société nous indique même qu'il espère couvrir « 20 à 40 pays d'ici la fin de l'année ».

C'est d'ailleurs dans cet objectif que la jeune pousse annonce l'arrivée de Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, au sein de son board. Ce dernier ne sera pas là pour apporter son expertise sur les réseaux bas débit et l'Internet des objets, mais pour aider la société à « se structurer mondialement ».

Pour franchir ce cap, Taïg Khris et Ludovic Le Moan ne cachent une nouvelle fois pas leurs ambitions et souhaitent lever plusieurs dizaines de millions d'euros rapidement. Pour rappel, Sigfox a déjà réuni 100 millions d'euros, et essaie désormais de multiplier par cinq la mise avec un demi-milliard d'euros. Le but est simple pour onoff : « prendre une position de leader mondial sur ce nouveau marché ». Une course contre la montre pour éviter que des startups ne le fassent avant.

Dans tous les cas, cette ambition de conquérir le monde n'implique pas, pour le moment, que des formules permettant de profiter de communications à tarif réduit vers et depuis certains pays soient proposées. « Ce n'est pas la stratégie première d'onoff » selon l'ancien vainqueur des X-Games, bien que cela puisse être à l'avenir une piste de développement.

Si vous le désirez, vous pouvez toujours prendre un numéro de portable en France et un autre au Royaume-Uni, profitant ainsi de communications au tarif local dans les deux pays. Pour rappel, onoff fonctionne sur le principe suivant : les appels reçus et émis sont décomptés de votre forfait comme des minutes d'appels sortantes nationales.

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onoff disponible en France et au Royaume-Uni. Lorsqu'on décroche, l'application onoff appelle automatiquement un numéro 

Des contrats avec les opérateurs à venir, des nouveautés régulières

Interrogé sur l'avenir de sa société et sur les offres qu'il souhaite mettre en place, le PDG nous explique être en négociations avec plusieurs opérateurs de réseau (à l'international, mais aussi en France), mais sans pouvoir nous donner de nom pour l'instant. À terme, le but est de retrouver onoff dans certaines de leurs offres, que ce soit en France ou dans les pays où la société est présente, avec un « système de partage de revenus » avec les opérateurs.

On se souvient par exemple que Bouygues Telecom avait lancé B.duo il y a quelque temps, un service qui permettait justement de profiter d'un second numéro pour 2 euros par mois. Il faudra par contre attendre des annonces officielles pour en savoir davantage sur les tenants et les aboutissants de ces partenariats.

Taïg Khris nous explique également que des nouveautés intéressantes sont dans les cartons – le PDG nous parle même « d'améliorations incroyables », mais sans plus de détails – et qu'elles seront mises en ligne une fois tous les mois ou mois et demi. À terme, onoff devrait également se doter de plusieurs options comme celles que l'on retrouve sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées, mais avec la gestion d'un numéro de téléphone portable en plus. Rendez-vous cet été et à la fin de l'année pour voir ce qu'il en sera réellement.


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