Manuel Valls s’éloigne du revenu de base à l’heure du numérique

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Crédits : Assemblée Nationale
Loi
Xavier Berne

Manuel Valls a annoncé hier que son gouvernement allait préparer la fusion des minima sociaux actuels (RSA, AAH...), pour 2018 au plus tôt. Dans la lignée du rapport Sirugue, l’exécutif prend ses distances avec les promoteurs d’un revenu de base à l’heure du numérique, totalement inconditionnel.

« Il faut ouvrir un grand débat sur le revenu universel, à partir du rapport du député Christophe Sirugue (...) qui propose une réforme en profondeur des minima sociaux » a soutenu le locataire de Matignon ce matin sur France Info, comme l’a remarqué Numerama. « Ce sera, je n'en doute pas, le grand débat de l'année 2017 » a même ajouté le chef du gouvernement. En clair – pour ceux qui pouvaient encore en douter –, le vaste chantier imaginé par certains ne sera pas mis en œuvre durant ce quinquennat.

Le Conseil national du numérique avait pour mémoire préconisé début 2016 à la ministre du Travail d’expertiser différentes propositions autour d’un « revenu de base » à l’heure du numérique, destiné notamment à mieux encaisser les chocs provoqués par les nouvelles technologies (et plus particulièrement la robotisation) en matière d’emploi. Au Sénat, les écologistes ont déposé peu de temps après une proposition de résolution invitant le gouvernement à introduire en France un « revenu de base » auquel aurait droit chaque citoyen tout au long de sa vie, quel que soit son âge ou sa situation professionnelle, sans condition de ressources.

L'exécutif préfère une « couverture socle » à un véritable revenu universel

« On ne peut pas prendre ce sujet à la légère » a reconnu Manuel Valls aujourd’hui. Le Premier ministre se situe cependant dans une logique assez distincte de celle des promoteurs du revenu de base (voir à cet égard notre interview du sénateur Jean Desessard). Sur Facebook, le chef du gouvernement a clairement expliqué qu’il ne souhaitait pas « une allocation versée à tous, y compris à ceux qui disposent de revenus suffisants – cela serait coûteux, et n’aurait aucun sens – mais une allocation ciblée, versée à tous ceux qui en ont vraiment besoin ».

À ses yeux, il faudrait ainsi engager « une refonte globale, en élargissant l’accès aux minima sociaux aux jeunes en difficulté, en les fusionnant tous (RSA, AAH, ASPA...) afin de les remplacer par une couverture socle unique pour celles et ceux qui en ont besoin, complétée en fonction des situations individuelles (en recherche d’emploi, en situation de handicap, etc.) ». C’est exactement ce qu’a préconisé cette semaine le député Sirugue, qui a bien pris soin de se démarquer des défenseurs du revenu de base.

Le gouvernement « définira le contenu précis [de ce chantier] durant les six prochains mois » selon le Premier ministre, « pour une mise en œuvre en 2018 ».


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