Les publicitaires américains ne veulent pas de règles strictes sur la vie privée en ligne

Insolite : un régulateur qui régule 25
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Crédits : Medioimages/Photodisc/Thinkstock
FAI
Guénaël Pépin

Dans une allocution, l'association américaine des publicitaires incite ses membres à s'opposer à la future décision de la FCC sur la vie privée en ligne, qui doit amener un meilleur contrôle des internautes sur leurs données. Comme les FAI sur la neutralité du Net, les publicitaires comptent jouer la carte de l'incapacité juridique pour s'y attaquer.

L'Association nationale des publicitaires (ANA) américaine ne veut pas que le régulateur des télécoms, la FCC, s'occupe de vie privée en ligne. Et encore moins de ce qui touche à la publicité. Suite au vote du texte sur la neutralité du Net l'an dernier, la FCC met petit à petit en place de nouvelles règles pour les opérateurs Internet. Les dernières concernent donc la vie privée en ligne, que les publicitaires estiment inutiles. « Nous n'avons simplement pas besoin d'un policier « plus sévère » ou « additionnel » sur ce sujet » a ainsi tonné hier Dan Jaffe, le vice-président de l'ANA en charge des relations avec le gouvernement, cité par AdAge.

L'internaute informé de l'utilisation de ses données

Les dernières en date concernent donc la vie privée, sur laquelle les acteurs américains des télécoms n'ont pas été exemplaires ces dernières années. Le cas le plus significatif est celui de Verizon, récemment épinglé pour l'usage de « cookies zombies » indétectables, qui permettaient à des sociétés marketing de recréer des cookies que l'internaute supprimait. L'opérateur a consenti à s'acquitter de 135 millions de dollars et de se mettre en conformité sur trois ans.

La commission compte imposer aux opérateurs de permettre aux clients de sortir des fichiers marketing fournis aux tiers, et de leur demander leur accord avant chaque nouvel usage de ces données. Ces règles ont été officiellement avancées par la FCC, suite à un vote du 31 mars. Elles doivent désormais être adoptées définitivement, mais pas avant une consultation publique, devenue rituelle sur ces sujets. Pour les publicitaires, le sujet est donc tranché, il faut bloquer cette initiative.

De la confusion dans un marché mouvant

Selon l'association américaine, cette incursion apporterait de la confusion dans la régulation de la vie privée. Elle compte répondre à la consultation publique lancée par la FCC sur les actions à prendre et invite ses membres à expliquer à l'autorité « comment cela affecterait leurs affaires ». Selon elle, de nouvelles règles pourraient mettre des années à être parfaitement interprétées et appliquées, ce qui ne convient pas à l'environnement Internet « mouvant ».

En fait, l'Autorité de la concurrence américaine, la FTC, ferait déjà assez bien son travail en la matière. Cet argument, les opérateurs l'ont déjà donné il y a quelques semaines, ne voulant pas voir plus de limites s'appliquer à leurs affaires. Ils demandaient des « règles flexibles » sur la vie privée. Opérateurs et publicitaires contestent également l'autorité de la FCC pour agir sur le sujet. « Les analystes légaux sont partagés sur le fait que la FCC a l'autorité réglementaire pour adopter des règles de protection de la vie privée » déclare l'ANA.

Cette volonté de simplement maintenir les règles existantes (de la FTC) est déjà combattue par la FCC, qui estime justement qu'elles sont insuffisantes. Dans son combat, la FCC est d'ailleurs soutenue par... la FTC, qui estime son homologue apte à prendre de nouvelles responsabilités.


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