Numericable-SFR s'opposera à l'arrêté sur la différenciation câble-fibre

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Guénaël Pépin

Bercy a publié ce matin un arrêté imposant une différenciation entre fibre optique jusqu'en bout de ligne et d'autres technologies. SFR y voit une « manœuvre » du gouvernement en soutien à l'opérateur historique. Le groupe compte utiliser tous les recours à sa disposition, en France et en Europe si besoin.

« Pas de surprise » affirme Numericable-SFR ce matin, après la publication au Journal officiel de cet arrêté obligeant les opérateurs, dès le 1er juin, à signaler les lignes à terminaison coaxiale dans leurs offres fibre. Contacté, le groupe estime que « la manœuvre organisée par le gouvernement a porté ses fruits », en soutien notamment à Orange dont l'État est actionnaire. Pour rappel, l'opérateur historique est le premier en termes d'abonnés sur la fibre jusqu'à l'abonné (FTTH), très loin devant ses concurrents.

Un arrêté « techniquement irrecevable »

Conséquence logique : Numericable-SFR « étudiera toutes les voies de recours à [sa] disposition » en France et en Europe contre cet arrêté « techniquement irrecevable ». L'argument du groupe est simple : le débat entre FTTH et FTTB serait purement français, d'autres pays privilégiant le FTTB (fibre jusqu'au bâtiment puis terminaison en câble ou cuivre). L'entreprise dit suivre les tendances mondiales en optant pour le câble, face à la fibre de bout en bout.

« Le but est de compliquer la vie du consommateur, auquel on apporte un service identique en FTTB et FTTH. Il ne faut pas opposer les technologies, nous déployons les deux » affirme encore la société. De même, « l'upload en FTTB est multiplié par deux régulièrement ». Dans les faits, elle maintient donc son motto. Avec huit millions de prises « fibrées », « nous sommes leaders sur la fibre et cela ne nous empêchera pas de le marteler » promet-elle.

Une différenciation toujours floue

Si l'arrêté vise aujourd'hui clairement le mélange pratiqué entre câble et fibre par Numericable-SFR, le groupe n'est pas le seul touché par la mesure. En mai 2015, l'ARCEP a rendu un avis favorable sur l'usage du FTTDP, la fibre avec raccordement des clients en cuivre. Si un opérateur l'utilise, par exemple Orange, il devra bien signaler dans ses publicités et documents commerciaux que la ligne se termine en cuivre.

Même si, dans sa réponse, Numericable-SFR nous affirme que les différences entre FTTB et FTTH sont anecdotiques à l'usage, ses dirigeants se veulent toujours rassurants sur les déploiements de fibre jusqu'à l'abonné, alors que le gouvernement alerte publiquement sur le sujet. En juillet, Éric Denoyer, l'ex-directeur général de SFR, affirmait devant le gouvernement et les collectivités que si l'entreprise déployait maintenant FTTB et FTTH à part égale, l'objectif final est bien la fibre jusqu'à l'abonné. Pour sa part, le câble « arrive à la fin de son processus de modernisation », estimait-il.

Contactée, l'ARCEP refuse de commenter la réponse de Numericable-SFR et s'en tient à l'avis rendu sur le projet d'arrêté. Rappelons tout de même la position de Sébastien Soriano, son président, sur la question : « Ce n’est pas le câble qui nous permettra d’amener massivement le très haut débit en France » affirmait-il devant les députés en novembre, rappelant que l'objectif du plan France THD était bien d'atteindre 80 % des foyers en FTTH en 2022.


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