PC et Xbox One : une seule boutique d'applications dès cet été

Avant un rapprochement plus poussé 22
En bref
image dediée
Applications
Vincent Hermann

La stratégie de Microsoft ne fait désormais plus aucun mystère concernant le rapprochement de la Xbox One et du PC. Les deux plateformes finiront ainsi par fusionner sous la houlette de Windows 10, avec une unique boutique pour l’ensemble des contenus.

Le responsable Xbox Jason Ronald était présent hier à la Games Developer Conference, qui se termine aujourd’hui. Il y a confirmé un certain nombre de points qui avaient été soit fortement sous-entendus par Microsoft dans le passé, soit qui faisaient l’objet de rumeurs. À commencer par le rapprochement de la Xbox One et du PC pour les jeux vidéo.

Une même boutique pour tous les appareils

Avec l’évolution de Windows 10, il ne faisait plus vraiment de doute que deux plateformes allaient finir par fusionner. Microsoft ne le cachait : Gabe Aul, responsable du programme Windows Insider, indiquait ainsi avec la première préversion de la branche de développement Redstone qu’un gros travail de « factorisation » était en cours pour rendre le cœur du système plus adapté à l’ensemble des appareils qui sont censés l’accueillir (PC, tablettes, smartphones et Xbox One, puis plus tard HoloLens).

L’idée qui se cache derrière un tel rapprochement est d’offrir aux développeurs les mêmes capacités pour l’ensemble de l’Universal Windows Platform (UWP), avec le Windows Store comme débouché unique. De là, un éditeur de jeu pourrait diffuser ses titres sur l’ensemble des appareils compatibles, avec la possibilité pour les joueurs d’y jouer sur un support, puis d’en changer à l’envie. On peut imaginer alors commencer un titre sur une Xbox One et le poursuivre sur PC, l’infrastructure en arrière-plan gérant la synchronisation.

La perspective du jeu disponible partout

Ce que Microsoft désire par-dessus tout mettre en avant, c’est cette faculté de ne développer qu’un seul titre pour tous les supports. Il ne serait alors plus question de créer plusieurs variantes en fonction de la plateforme visée. Il y aurait bien entendu des adaptations selon les appareils, mais la base serait bien la même.

La première étape interviendra durant l’été, quand Microsoft ne proposera plus qu’une unique boutique pour tous les produits fonctionnant sur Windows 10. Les développeurs créant des applications et des jeux via UWP pourront donc les mettre à disposition sur la Xbox One. Ce qui suppose évidemment une adaptation du SDK (Software Development Kit) pour la console, promise depuis de nombreux mois par Microsoft et censée arriver durant le printemps.

Comme le confirme le responsable, il n’est pas question de forcer les développeurs à rendre leurs applications disponibles sur tous les appareils. Comme déjà avec les applications universelles, les éditeurs ont le choix de ne diffuser un produit que sur PC ou sur smartphone. Un mouvement qui va évidemment nettement plus loin que l’annonce déjà faite plus tôt dans la semaine que les jeux PC et Xbox pourraient communiquer ensemble via le Xbox Live, voire avec la PlayStation 4 si Sony s’ouvrait à l’idée.

La question de la distribution en dehors du Store

Seulement voilà, la stratégie éclaire à nouveau l’avis de Tim Sweeney, cofondateur d’Epic Games, critique envers l’enfermement des développeurs dans le Windows Store. La plateforme UWP a beau s’ouvrir petit à petit, son seul réel débouché est bien la boutique de Microsoft. Ce dernier valide les applications par une signature numérique, obligatoire pour apparaître dans le Store. UWP ne se prête actuellement guère à la distribution classique des applications, comme les entreprises en ont l’habitude avec Win32.

Cependant, Microsoft a une vraie carte à jouer à la fin du mois avec la conférence BUILD. Grand-messe de l’éditeur pour les développeurs, elle est particulièrement attendue pour les annonces sur la stratégie générale, notamment suite au rachat de Xamarin et de ses outils permettant le développement multiplateforme. La firme serait en capacité de proposer un environnement centré sur Visual Studio débouchant naturellement sur UWP, ainsi que sur Android et iOS, avec peu de changements dans le code. C’est du moins la vision idéalisée que l’on pourrait en avoir.

Microsoft souhaite certainement reproduire avec l’environnement de jeu ce qu’il propose déjà avec Office 365. L’éditeur se lance dans le multiplateforme pour la simple et bonne raison que plus les appareils compatibles se multiplient, plus les utilisateurs ont des chances de continuer à utiliser ses produits, même s’ils passent d’un PC à un Mac, d’un Windows Phone à un Android, ou n’importe quoi d’autre. Comme pour la suite bureautique sur abonnement, le message serait alors simple : achetez ce que vous voulez, vous pourrez utiliser nos services et produits quand même.


chargement
Chargement des commentaires...