Racheté par Trainline, Captain Train passe sous pavillon britannique

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Société
Kevin Hottot

Captain Train vient de changer de propriétaire. Le service de réservation de billets vient en effet d'être croqué par Trainline, un concurrent britannique, contre environ 160 millions d'euros. La pépite française tombe ainsi dans le giron de KKR, un grand fonds d'investissements américain.

Il y a encore peu, Captain Train annonçait son intention d'étendre son empire en Europe en proposant des billets de train à la vente dans la plupart des pays frontaliers de l'Hexagone. Un changement qui s'accompagnait par l'ouverture de Captain Train For Business, une variante du service proposée aux entreprises, et plus particulièrement aux PME, leur permettant de centraliser leurs achats de billets.

Captain Train rejoint Trainline

Toutes les belles histoires en solo ayant une fin, la jeune pousse française a succombé aux sirènes de Trainline, son concurrent anglais installé sur le marché depuis 1997. Celui-ci à vendu l'an passé pour plus de 2,1 milliards d'euros de billets de train au Royaume-Uni et dispose donc d'une force de frappe nettement plus importante que Captain Train, qui n'a géré que 72 millions d'euros de transactions en 2015.

Les deux entreprises, qui discutaient de partenariats depuis près d'un an, ont finalement décidé de ne faire plus qu'un. Une opération qui prend la forme d'un rachat avec un mélange de liquidités et d'actions. Montant de l'affaire : entre 160 et 170 millions d'euros selon les sources de nos confrères de TechCrunch.

Trainline profitera ainsi de plusieurs éléments importants. Le premier n'est nul autre que le système de calcul d'itinéraire développé par son concurrent français. Actuellement, l'entreprise britannique paye plusieurs millions d'euros par an pour utiliser les services d'une compagnie tierce, Silver Rail. Trainline compte également mettre la main sur le système de réservation de Captain Train, plus simple que le sien. Enfin, ce deal lui permet d'éviter de négocier des accords avec les compagnies ferroviaires en dehors du Royaume-Uni et d'exploiter ceux déjà signés par sa nouvelle filiale.

KKR : trois initiales et une seule crainte

Si l'optimisme est de mise sur le blog officiel de Captain Train, ses dirigeants louant les vertus de cette acquisition et de l'expertise de Trainline « sur un marché qui est complètement libéralisé et en forte croissance », il faudrait voir à ne pas oublier un élément important. 

Si Trainline a les moyens de s'offrir Captain Train, c'est en partie parce que l'entreprise britannique a récemment été croquée par KKR (Kohlberg Kravis Roberts) un fonds d'investissement américain très actif. Celui-ci a en effet racheté l'entreprise pour un montant qui s'élèverait à 670 millions de dollars. Il ne reste plus maintenant qu'à attendre de connaître les intentions exactes de ce fonds qui s'est illustré par le passé par un emploi fréquent de la fameuse technique du LBO (ou achat à effet de levier) pour financer ses achats.

Au 31 décembre 2015, KKR dispose de 119,5 milliards d'actifs sous contrôle, et doit faire face à une dette de 3 milliards de dollars avec un ratio d'endettement inferieur à deux fois son EBITDA. Pour l'instant, il ne semble donc pas nécessaire de s'inquiéter outre-mesure.


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