Quand le PS s'opposait aux machines à voter

La machine à remonter le temps 131
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Crédits : Sébastien Bonaimé/iStock
Loi
Xavier Berne

La semaine dernière, l’Assemblée nationale a refusé d’interdire les machines à voter, suivant ainsi l’avis du gouvernement et de la rapporteur Élisabeth Pochon (PS). En 2007, l’opposition d’alors en appelait pourtant à leur abandon...

« Les machines à voter font actuellement l’objet d’un moratoire, a rappelé l’élue socialiste dans l’hémicycle, jeudi 24 mars. Les 64 communes autorisées à les utiliser peuvent continuer à le faire, mais cette possibilité n’est ouverte à aucune nouvelle commune. » Aux yeux d’Élisabeth Pochon, la portée de l’amendement écologiste visant à ce que la France délaisse une bonne fois pour toutes les machines à voter (à partir de 2018) était donc trop « un peu limitée ». « Mais cela ne nous empêchera peut-être pas, à l’avenir, d’envisager des améliorations » a-t-elle soutenu – alors qu’il semble extrêmement peu probable qu’un nouveau véhicule législatif s’y prête d’ici à la fin du quinquennat de François Hollande...

« L’absence de fiabilité de ces machines justifie leur mise à l’écart », affirmait le PS

Sur Twitter, cette position de la majorité a fait réagir dans la mesure où le PS s’était vivement opposé aux machines à voter en mars 2007, lorsqu’il était encore dans l’opposition... « Sans que des fraudes avérées aient été mises au jour, plusieurs cas de défaillances de systèmes de vote électronique ont été documentés ces dernières années, surtout aux États-Unis, mais aussi en Europe », faisait alors valoir de bureau national de l’organisation politique – alors dirigée par un certain François Hollande – au travers d'un communiqué. « L’absence de fiabilité de ces machines justifie leur mise à l’écart et leur remplacement par des urnes traditionnelles pour les scrutins de 2007 » ajoutait-elle.

Le Parti socialiste demandait ainsi au gouvernement de Villepin « d’interdire toute utilisation de machine à voter lors des prochaines échéances présidentielles et législatives », mais aussi « qu’un débat soit engagé au Parlement à l’issue des prochaines élections sur le vote électronique, ses avantages éventuels et ses dangers potentiels ». Un débat qui n’aura été qu'effleuré ces derniers jours en commission, comme en séance publique.

Alors que la députée Isabelle Attard interpellait la majorité sur les conclusions du rapport des sénateurs Anziani et Lefebvre sur le vote électronique, le gouvernement s’est contenté d’un « même avis » que la rapporteur Pochon. « Les machines à voter rendent impossible la vérification par l’électeur de son vote » a pourtant martelé l’élue écologiste, rejointe pour l’occasion par Nicolas Dupont-Aignan. « L’amendement devrait, à terme, inspirer le gouvernement » a soutenu le candidat déclaré à la présidentielle de 2017. Celui-ci a néanmoins été rejeté sans plus de discussion, par une Assemblée nationale quasi-déserte...

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L'hémicycle au moment du vote - Crédits : Assemblée nationale

« Peut-être faudra-t-il un jour une mission sur les machines à voter pour savoir si effectivement ça reste quelque chose que nous devons garder » avait déclaré Élisabeth Pochon le 23 mars en commission, quasiment neuf ans jour pour jour après la diffusion du fameux communiqué du PS...

En décembre dernier, le sénateur Philippe Kaltenbach (PS), ardent militant anti-machines à voter, imputait cette situation au « lobbying des soixante communes » encore autorisées à utiliser ce mode de scrutin, mais aussi à « celui des fabricants de machines, car c'est un gros business ».


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