Numericable-SFR regagne enfin des clients sur le marché mobile

Ils sont dans le vert, pardon, dans le RED 46
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Crédits : Chunumunu/iStock
Finances
Kevin Hottot

Altice et Numericable-SFR ont dévoilé leurs résultats annuels ce matin. En amont de leur conférence réservée aux investisseurs cet après-midi, les deux entreprises ont cherché à les rassurer en invoquant la fin de la chute du nombre de clients pour la marque au carré rouge.

Comme d'habitude, Altice et Numericable-SFR sont les derniers opérateurs présents sur le marché français à dévoiler leurs résultats financiers. Contrairement aux trois trimestres précédents, le second est enfin parvenu à colmater la fuite de ses abonnés et à faire grandir son parc sur le mobile.

La chute était d'ailleurs si importante que les concurrents de la marque au carré rouge l'ont surnommée pendant un temps « O négatif » en référence au fait que Numericable-SFR était un « donneur universel » d'abonnés.

Numericable-SFR remonte la pente sur le mobile

La concurrence va devoir réfléchir à un autre surnom, puisque le parc mobile total du groupe s'établit au 31 décembre à très précisément 21 947 851 abonnés. Cela représente certes une baisse de 4,3 % sur un an, mais aussi une légère hausse par rapport au trimestre précédent.

Dans le détail, on remarquera que Numericable SFR a recruté environ 140 600 particuliers disposant d'un forfait, mais perdu en même temps autour de 86 200 clients prépayés. Sa base de lignes mobiles « résidentielles » s'établit ainsi à 15,137 millions, soit 54 000 de mieux qu'il y a trois mois. Sur le marché professionnel, le nombre de lignes mobiles est également en hausse. Dans le détail, on note toutefois le départ de 58 870 clients B2B classiques, compensé par l'ouverture d'environ 145 700 lignes M2M.

Numericable SFR Base Clients Q4-15

L'ARPU de l'opérateur sur le mobile résidentiel est quant à lui stable, malgré les diverses hausses que la marque a tenté d'appliquer tout au long de l'année. Il s'établit au dernier trimestre à 22,2 euros et sur l'ensemble de l'année à 22,5 euros, soit autant que l'an passé.

Côté réseau, Numericable SFR revendique une couverture de 64 % de la population en 4G et « confirme son ambition d’être au même niveau que le leader du marché à fin 2017 ». Une promesse qui se traduit en chiffres par une couverture d'environ 90 % de la population. Pour rappel, à la mi-février, l'ARCEP les a mis en demeure avec Bouygues Telecom sur leur couverture 4G des zones peu denses, le gendarme craignant que l'opérateur ne tienne pas ses engagements.

Toujours plus de « Fibre* »

Côté fixe, Numericable-SFR revendique 6 352 864 abonnés, soit environ 5 500 de moins qu'au dernier trimestre. La fuite n'est donc pas totalement colmatée, mais son rythme a été divisé par près de 10 par rapport à ce qui été observé précédemment. Sur un an, le groupe a perdu plus de 224 000 clients sur le marché de l'internet fixe.

Là encore, le diable vient se cacher dans les détails. On comptabilise ainsi environ 83 200 départs de clients ADSL, au profit de l'arrivée de 77 700 clients aux offres « fibre » de l'opérateur. Ces derniers sont désormais au nombre de 1,814 million et la barre des deux millions devrait sans doute être franchie dès l'an prochain.

Numericable-SFR compte en effet poursuivre le déploiement de son réseau, mais va certainement devoir passer à la vitesse supérieure dans les mois à venir. Sur le dernier trimestre, l'opérateur a raccordé 67 000 nouveaux logements à son réseau, pour un total de 9,323 millions de prises éligibles à un débit supérieur à 30 Mb/s. Parmi elles, 7,711 millions, soit 83 % du total peuvent prétendre à une connexion « Fibre » à au moins 100 Mb/s.

On rappellera que sous le nom « Fibre », Numericable-SFR regroupe à la fois le réseau FTTH déployé par SFR et ses offres FTTLA, dont l'appellation « fibre à terminaison coaxiale » devrait être imposée par décret dans les semaines à venir. Le groupe vise également un total de 12 millions de prises « Fibre » d'ici fin 2017, soit un rythme de 335 000 raccordements par trimestre.

Sur l'ADSL comme sur ses offres très haut débit, l'opérateur est parvenu à faire grimper son ARPU de façon significative. Il passe ainsi sur un an de 32,6 euros à 33,4 euros sur l'ADSL et grimpe de 40 centimes pour atteindre 40 euros tout rond sur la « Fibre ».

L'endettement s'alourdit

Sur le plan financier, Numericable-SFR termine l'année avec un chiffre d'affaires en baisse de 3,5 %, à 11,04 milliards d'euros. Le groupe peut par contre se féliciter d'avoir vu son EBITDA augmenter de 20 % pour atteindre 3,860 milliards d'euros. Son bénéfice net s'établit quant à lui à 682 millions d'euros, contre une perte de 188 millions d'euros l'an passé. 

Du côté des mauvaises nouvelles, on note que l'endettement du groupe s'est alourdi cette année, notamment à cause de l'emprunt de 2,5 milliards d'euros imposé par Altice pour le versement de dividendes. Numericable-SFR totalise donc 14,755 milliards d'euros de dette, soit 3,73x son EBITDA. Le ratio n'était que de 3,6x en fin d'année dernière et l'entreprise s'est engagée auprès de l'État au moment du rachat de l'opérateur au carré rouge à ne pas dépasser le seuil de 4x.

Altice garde le cap

Un cran au-dessus, Altice, la maison-mère de l'opérateur français, a également rendu ses comptes. Elle y dévoile un chiffre d'affaires de 17,495 milliards d'euros, quasi stable (-0,1 %) sur un an. Son EBITDA est en hausse de 17,6 %, notamment grâce aux bonnes performances de Numericable-SFR et de Suddenlink aux États-Unis, et atteint 6,671 milliards d'euros. Le résultat net n'est par contre pas évoqué.

Altice dette Q4 15

Altice revendique, toutes filiales confondues, un endettement net de 35,56 milliards d'euros, soit 5,3x son EBITDA. Un ratio relativement élevé. Il est à noter que ce chiffre ne tient pas compte de la dette de Cablevision, dont le rachat ne devrait être finalisé qu'au cours du prochain trimestre. Une opération qui ajoutera encore 14,5 milliards de dollars (13 milliards d'euros) dans la balance, qui devrait donc flirter avec la barre des 50 milliards d'euros. Un sacré trou, même pour une multinationale des télécoms.


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