Open source : Microsoft intègre la fondation Eclipse

Ce n'est toujours pas le 1er avril 100
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Développeurs
Vincent Hermann

Les démarches multiplateformes de Microsoft continuent avec l’intégration à la fondation Eclipse, qui pilote l’environnement de développement du même nom. L’éditeur en profite pour annoncer un certain nombre de nouveaux outils dédiés à ceux qui auraient besoin de faire le lien avec certains services de l’entreprise.

Beaucoup s’étonnent aujourd’hui des mouvements de Microsoft sur le multiplateforme et sur l’open source. L’ouverture d’une grande partie de .NET, la création d’une fondation pour en gérer l’ensemble, l’arrivée pour l’année prochaine d’une version Linux de SQL Server 2016, la multiplication des applications mobiles pour Android et iOS… il y a de quoi être encore étonné, tant le passé monolithique de Microsoft semble proche.

Microsoft intègre la fondation Eclipse

La série continue, avec l’annonce hier soir de la participation à la fondation Eclipse, en tant que Solutions Member. Eclipse est à la base un environnement de développement intégré, fonctionnant avec un ensemble de modules capables normalement de l’adapter à de nombreuses utilisations. Le projet se focalise avant tout sur la production de logiciels libres, mais on peut s’en servir pour pratiquement tout type de projet. Pour rappel, avant que Google ne propose Android Studio, il poussait les développeurs vers Eclipse pour la création des applications mobiles.

Dans son communiqué, Microsoft indique travailler avec la fondation Eclipse depuis plusieurs années déjà. C’est particulièrement le cas pour le développement en Java en lien avec un certain nombre de services de l’entreprise, notamment les Visual Studio Team Services et l’environnement Azure (cloud). Rejoindre la fondation en tant que membre actif est donc une étape « logique » pour l’éditeur, qui va s’impliquer davantage dans certains aspects du projet.

Plusieurs nouveaux outils pour relier Eclipse à Azure

Du coup, Microsoft profite de l’occasion pour annoncer également plusieurs nouveautés. À commencer par deux outils, Azure Toolkit for Eclipse et Java SDK for Azure, focalisés sur le développement d’applications cloud. L’ensemble peut s’intégrer dans le plugin Team Explorer Everywhere, qui permet d’intégrer dans Eclipse certaines capacités de Visual Studio Studio Team Services, comme une suite complète d’outils pour le contrôle des sources, des services dédiés au travail d’équipe ou encore les fonctionnalités DevOps.

Tant qu’à y être, les annonces continuent. Le plugin Team Explorer Everywhere passe ainsi lui-même en open source, le code étant publié sur le dépôt GitHub de la firme. La licence retenue est celle du MIT, Microsoft y recourant régulièrement pour ses éléments open source avec Apache 2.0. À noter également le support d’Azure IoT Suite dans Kura via le Hub Connector, auquel Microsoft devrait contribuer de manière régulière. L’Azure Toolkit for Eclipse supporte en outre maintenant Azure Java WebApp, autorisant les développeurs à envoyer les applications web Java dans l’environnement Azure. Enfin, l’Azure Java Dev Center a été rénové dans la foulée.

Focaliser l'attention sur certains services prioritaires

Le mouvement peut paraître surprenant, mais il s’inscrit dans une logique bien définie. Le temps du Microsoft centré sur ses propres produits est révolu, le PDG Satya Nadella ayant insisté à plusieurs reprises sur la volonté de toucher à toutes les plateformes. Pour ceux qui n’auraient pas suivi les développements de l’entreprise sur les dernières années, elle dispose maintenant d’un certain nombre de services centraux sur lesquels l’objectif est d’attirer le plus grand nombre possible d’utilisateurs, donc de clients potentiels.

On peut d’ailleurs donner facilement quelques exemples. Office est ainsi l’un de ces services dont Microsoft facilite au maximum l’accès depuis toutes les plateformes principales. Des versions gratuites sont presque toujours proposées. Disposant de fonctionnalités basiques, elles s’utilisent avec des comptes Microsoft – ce qui permet à l’éditeur de mettre en avant ses autres services, notamment OneDrive – et font en sorte de diriger l’utilisateur vers Office 365. La totalité de ces services se retrouvant sous Windows 10, l’idée est bien sûr d’inciter l’utilisateur à utiliser un nombre croissant de produits synchronisés, payant alors les abonnements idoines et confiant ses données à l’éditeur.

L'open source comme nouvelle arme de séduction

Le cas de SQL Server 2016 est tout aussi emblématique. Le message peut se résumer simplement : qu’importe que vous ayez un serveur sous Windows ou Linux, vous pourrez quand même acheter le produit. Dans le cas d’Eclipse, c’est encore la même stratégie, mais avec Azure. Microsoft sait que Visual Studio ne peut pas répondre à tous les besoins. Plutôt que de nier l’existant, la société préfère donner à une solution concurrente les outils qui permettront aux développeurs de s’appuyer sur Azure. La division cloud récupère ainsi de nouveaux clients, qui participent à l’envolée du chiffre d’affaires.

Concernant Eclipse toutefois, on rappellera que la stratégie de Microsoft pour les développeurs se teinte d’une autre tendance grandissante, l’open source. Petit à petit, le nombre d’outils et de techniques passant sous licence MIT ou Apache augmente, laissant imaginer que l’ouverture va se poursuivre pour en décupler l’éventuel effet de séduction. Certains rêvent déjà d’un Visual Studio open source, ou même d’un Windows. Après tout, avec les directions prises depuis deux ans, ce pourrait être simplement une surprise de plus dans la liste.


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