Spams par SMS : démantèlement d’un réseau d’escrocs

« Spam ma faute, m’sieur le juge » 139
En bref
image dediée
Justice
Xavier Berne

Après un an et demi d’enquête, la police judiciaire de Nice et l’OCLCTIC (Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication) ont démantelé un réseau d’escrocs qui appâtaient leurs victimes avec des SMS. Plusieurs personnes ont été interpellées mardi et devraient être présentées aujourd’hui à un juge.

Qui n’a jamais reçu de texto du type « Votre colis ref741400 est en attente de retrait. Veuillez rappeler au 09******* », ou « Vous avez 1 MMS en attente depuis 17h24. Pour le consulter, cliquez ici » ? Le principe : vous pousser à accéder à un service surtaxé, qui ne conduit en réalité à rien du tout, si ce n’est à vous faire poireauter un maximum de temps... Selon M6, les victimes du réseau démantelé cette semaine avaient quant à elles reçu un SMS indiquant que « leur abonnement de 58 euros était bien pris en compte », avec les coordonnées du service clientèle à rappeler.

« Ce réseau, basé à Nice, comptait un complice à Paris pour la partie financière. Il disposait aussi d'un répertoire de six millions de numéros de portables. L’arnaque rapportait gros, très gros même : jusqu'à 90 000 euros de bénéfice par mois » explique de son côté France Bleu, ajoutant que le préjudice total s’élève à 600 000 euros. En moyenne, 10 000 SMS étaient expédiés chaque jour depuis un appartement niçois. Les enquêteurs y ont ainsi saisi beaucoup de matériel informatique : une dizaine de serveurs et d’ordinateurs, 60 modems, des centaines de cartes SIM prépayées...

Au moins quatre personnes, dont trois Albanais, doivent être présentées aujourd’hui à un juge d'instruction pour « escroquerie en bande organisée ». Un délit passible de dix ans de prison et d’un million d’euros d’amende.

Recrudescence des signalements auprès de la plateforme 33700

Cette annonce tombe en tout cas à pic pour les autorités, alors que certains parlementaires se plaignent de la recrudescence des spams (voir cette récente question écrite de la députée Laure de La Raudière). La plateforme « 33700 », destinée à lutter contre les SMS et messages vocaux indésirables, a effectivement enregistré une hausse impressionnante du nombre de signalements : 194 000 le mois dernier, contre 85 000 un an plus tôt... Soit une hausse de 120 % ! Ce chiffre est cependant à prendre avec des pincettes, puisqu’il peut aussi souligner que ce dispositif mis en place par les opérateurs est de plus en plus connu du public.

Quoi qu’il en soit, rappelons que pour signaler un SMS, il suffit de transférer celui-ci au 33700 ou d’envoyer le numéro de l’expéditeur, toujours au 33700. Un message qui est en principe gratuit (au moins pour les clients Bouygues Telecom, Orange, NRJ Mobile, SFR...).

spam 33700

Quant aux condamnations en matière de spam, force est de constater que celles-ci sont plutôt rares... La CNIL avait infligé en 2012 une amende de 20 000 euros à l'encontre d’une société qui envoyait des SMS pour des diagnostics immobiliers, à partir de numéros relevés bien souvent sur des petites annonces en ligne. Au Royaume-Uni, les deux responsables d'une entreprise ayant envoyé plusieurs millions de spams par SMS avaient écopé la même année d’une amende de 440 000 livres sterling (soit environ 545 000 euros).


chargement
Chargement des commentaires...