Le Haut Conseil de santé veut étendre l’interdiction de vapoter aux bars et restaurants

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Crédits : librakv/iStock/ThinkStock
Loi
Xavier Berne

Après avoir été interdit dans les écoles et transports en communs, le vapotage sera-t-il bientôt prohibé dans la plupart des espaces publics – à commencer par les bars et restaurants ? C’est en tout cas ce que recommande aujourd’hui le Haut Conseil de la santé publique, redoutant que les cigarettes électroniques renforcent au final l’attrait pour le tabac.

Au travers d’un avis rendu public mercredi 24 février, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) reconnaît que la cigarette électronique « peut être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs ». L’institution garde néanmoins la tête froide, craignant que ce drôle de tube mêlant technologie et parfois nicotine ne constitue une nouvelle « porte d’entrée » vers le tabagisme. En cause, « l’image positive » véhiculée autour du vapotage par le « marketing et sa visibilité dans les espaces publics ».

Alors que l’encre de la récente loi sur la Santé est tout juste en train de sécher, le HCSP recommande « d’étendre l’interdiction d’utilisation [des cigarettes électroniques] à tous les lieux affectés à un usage collectif ». Concrètement, cela concernerait notamment les espaces « fermés et couverts qui accueillent du public » (bibliothèques, salles de concerts, restaurants, cafés, discothèques...), de même que les aires de jeux. Depuis le mois dernier, le vapotage est d’ores et déjà prohibé dans les écoles et crèches, dans les transports en commun, ainsi que dans « les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif » – même si un décret d’application devra venir préciser ces dispositions.

Interdiction également de la vente aux mineurs

Si l’institution admet que « les risques liés au vapotage passif sont nuls ou extrêmement limités pour les tiers », elle justifie ses préconisations en soulignant que « l’usage et la commercialisation de la cigarette électronique doivent être plus fortement réglementés pour ne pas induire une renormalisation de la consommation de tabac et un risque supplémentaire d’initiation nicotinique ».

Le Haut Conseil réitère au passage sa recommandation d’interdiction de vente aux mineurs, à l’instar de ce qui prévaut depuis plus de dix ans pour le tabac. D’une manière plus générale, il appelle les pouvoirs publics à « une réactivité accrue » face aux innovations technologiques présentées par leurs fabricants comme ayant un bénéfice pour la santé publique. « Les conséquences de l’absence de réglementation et de la méconnaissance des balances bénéfices-risques se doivent d’être anticipées le plus en amont possible de la diffusion de ces innovations » insiste l’institution, alors que le développement des e-cigarettes remonte à plusieurs années déjà. 


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