Uber perd un milliard de dollars par an en Chine

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Crédits : Uber
Finances
Kevin Hottot

Uber se vante toujours tous azimuts de la croissance folle de ses activités, mais le géant américain des VTC n'est pas prophète partout. S'il assure qu'il est parvenu à l'équilibre sur le marché américain, en Chine, sa situation se gâte. 

En façade, Uber semble très bien se porter. Les investisseurs se bousculent au portillon de l'entreprise pour monter à son capital et les levées de fonds s'enchainent sans discontinuer, l'une d'elles valorisant la société à plus de 50 milliards de dollars.

La guerre de l'Empire du milieu fait des ravages

Dans un entretien avec le magazine canadien Betakit, Travis Kalanick, le PDG d'Uber est revenu sur la situation de son entreprise en Chine. Là-bas, il doit faire face à la concurrence de Didi Kuaidi, un autre service de VTC qui s'est lancé dans une guerre des prix sur le marché local et cela ne plait pas du tout au dirigeant. 

« Nous sommes rentables aux États-Unis, mais nous perdons plus d'un milliard de dollars par an en Chine. Il y a un concurrent féroce qui n'est rentable dans aucune ville où il est implanté, mais qui achète ainsi ses parts de marché. J'aimerais que le monde ne fonctionne pas ainsi », affirme Travis Kalanick. La réponse des chauffeurs de taxis à cette affirmation mérite certainement d'être entendue. 

Lever des fonds ou mourir

Interrogé sur la fréquence des levées de fonds d'Uber, son responsable s'explique : « Je préfère construire que lever des fonds. Mais si je ne profite pas du boom des levées de fonds, je me ferai écraser par tous les autres qui achètent ainsi leurs parts de marché ». Un argument recevable mais il n'empêche que le spécialiste des VTC profite très largement de cette situation.

Depuis décembre 2014, il a ainsi collecté 8,9 milliards de dollars (dont 1,6 milliard via l'ouverture d'une ligne de crédit) lors de neuf tours de table que voici : 

  • 4 décembre 2014 : 1,2 milliard de dollars, valorisation 40 milliards de dollars
  • 16 décembre 2014 : 600 millions de dollars auprès du chinois Baidu, valorisation inconnue
  • 21 janvier 2015 : 1,6 milliard de dollars de dette souscrite chez Goldman Sachs
  • 18 février 2015 : 1 milliard de dollars, valorisation 40 milliards de dollars
  • 31 juillet 2015 : 1 milliard de dollars, valorisation 50 milliards de dollars
  • 19 août 2015 : 100 millions de dollars auprès du groupe indien Tata, valorisation inconnue
  • 7 septembre 2015 : 1,2 milliard de dollars auprès du chinois Baidu, valorisation inconnue
  • 12 janvier 2016 : 2 milliards de dollars pour financer sa filiale Uber China, valorisée à 7 milliards de dollars
  • 12 février 2016 : 200 millions de dollars auprès du fonds luxembourgeois Letter One, valorisation inconnue

En plus de tous ces tours de table, Uber chercherait selon Bloomberg à en boucler un nouveau pour récolter 2,1 milliards de dollars supplémentaires, avec une valorisation de 62,5 milliards de dollars. Une somme qui placerait la société un peu plus à l'abri de son rival chinois Didi Kuaidi qui a levé 3 milliards de dollars l'été dernier avec le soutien d'Alibaba.


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