L'ARCEP va enquêter sur le déploiement de l'IPv6 en France

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FAI
Sébastien Gavois

Le nombre d'adresses IPv4 disponible fond comme neige au soleil, à tel point que l'AFNIC parle de pénurie depuis maintenant quatre ans. Afin d'enquêter sur le sujet, le gouvernement demande à l'ARCEP un bilan complet de la situation, des propositions pour améliorer la situation, ainsi que la mise en place d'un observatoire.

Hier, L'Assemblée nationale a adopté haut la main le projet de loi Numérique (voir cette actualité sur les principales mesures). Ce dernier comporte notamment un amendement déposé par Corinne Erhel qui souhaite que tous les équipements vendus ou loués à partir du 1er janvier 2018 soient compatibles avec le protocole IPv6.

Un état des lieux, des causes, des conséquences et un observatoire à suivre

Aujourd'hui, l'ARCEP annonce qu'elle a été saisie par le gouvernement afin d'enquêter sur le déploiement de l'IPv6 en France. Le régulateur explique qu'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du numérique à l'origine de cette demande, « estime que le retard accusé par la France dans la transition vers ce protocole pourrait à terme freiner la capacité du secteur à répondre aux nouveaux enjeux du numérique tels que l’avènement de l’internet des objets ».

Chez les principaux FAI français, la situation n'est pas toujours des plus reluisantes. Si Free et SFR proposent de l'IPv6 à leurs clients, ce n'est pas encore le cas d'Orange et de Bouygues Telecom. Ces derniers planchent par contre sur la question depuis plusieurs mois et Orange a même lancé des expérimentations auprès de certains clients depuis fin 2015, tandis que Bouygues Telecom attendra 2017 pour un déploiement massif (la migration commencera cette année, mais uniquement pour les abonnés FTTH et VDSL2).

Quoi qu'il en soit, le gendarme des télécoms devra dresser un état des lieux, mais aussi identifier les causes du retard de la mise en place de l'IPv6 et estimer les conséquences que cela a pu avoir sur le secteur des télécoms. Le gouvernement lui demande également de proposer un plan d'action pour encourage le passage à l'IPv6 et de mettre en place un observatoire afin d'assurer un suivi dans le temps (comme il en existe déjà plusieurs sur le fixe et le mobile).

Pour mener à bien sa mission, l'ARCEP annonce qu'elle se rapprochera de l'AFNIC (Association française pour le nommage internet en coopération) et que des auditions des professionnels du secteur seront prochainement organisées. Le bilan de cette étude sera remis au gouvernement d'ici le 1er mai 2016.

Quatrième saisine gouvernementale en moins de six mois

L'ARCEP en profite pour rappeler que c'est la quatrième fois que le gouvernement saisit l'ARCEP. Une possibilité qui a été introduite le 6 août 2015 avec la loi Macron.

La première concernait « la structure actuelle de l’usage de la bande passante des réseaux d’accès à internet » (voir notre analyse des résultats), la deuxième portait sur « les coûts de l’offre de transport et de distribution de la presse » et la troisième sur « l'encadrement de la tarification de l'itinérance ultramarine » (voir leurs recommandations).


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