Samsung prend sa revanche contre NVIDIA dans une affaire de brevets

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Crédits : liveostockimages/iStock/Thinkstock
Justice ANALYSE
Kevin Hottot

Depuis plus d'un an, NVIDIA et Samsung se cherchent des poux. Les deux entreprises s'accusent mutuellement d'enfreindre les brevets de l'autre en matière de puces dédiées au traitement graphique. Dernièrement, le géant coréen a pris le dessus dans cette bataille, un juge américain lui ayant donné raison lors de la phase préliminaire d'un procès.

En septembre 2014, NVIDIA s'est lancée dans une procédure contre Qualcomm et Samsung. La marque au caméléon estimait en effet que les puces Snapdragon S4, 400, 600, 800,801 et 805 ainsi que certains modèles de SoC Exynos exploitaient sans autorisation des brevets lui appartenant. L'objectif pour NVIDIA était alors de faire interdire à la vente les Galaxy S4, S5 et autre Galaxy Note sur le territoire américain.

Un premier revers en octobre

Manque de chance, le caméléon a déjà perdu des plumes dans cette affaire en octobre dernier. L'International Trade Commission des États-Unis avait rendu un avis préliminaire au sujet de trois brevets. Le premier (US7209140) concernait une méthode de programmation pour le traitement de données graphiques, le deuxième (US7038685) s'intéressait à un « processeur graphique programmable pour l'exécution de programmes sur plusieurs threads » et le dernier (US6690372) touchait à une méthode pour le traitement des calculs pour la projection d'ombres.

Dans son avis préliminaire, la cour a estimé que pour les deux premiers brevets, aucune violation n'avait pu être observée sur les produits de Samsung et de Qualcomm. Pour le dernier, il y a bien eu violation, mais le tribunal a pu trouver un autre brevet, plus vieux que celui de NVIDIA traitant de la même technologie, invalidant ainsi le recours de la société californienne. 

L'arroseur arrosé

Cette défaite n'est pas le seul revers que la marque essuiera cette année. Le 22 décembre dernier, l'ITC devait passer en revue le cas de trois autres brevets signés Samsung, que NVIDIA aurait potentiellement violé. Parmi eux : le numéro US6147385, traitant d'un module de mémoire vive « Full CMOS », le numéro US6173349 décrivant un bus de données et le numéro US7804734 qui touche à un tampon d'échantillonnage.

Pour le géant coréen, c'est un strike. Dans son jugement préliminaire, l'ITC explique que les trois brevets ont bien été violés par NVIDIA, et qu'un jugement plus complet devra confirmer cette violation. NVIDIA pourrait alors devoir payer de lourds dommages à Samsung. Un retour de bâton auquel la firme californienne ne s'attendait certainement pas.

Dans un court communiqué, la société a fait savoir qu'elle était « déçue par cette décision initiale » et qu'elle demandera une étude plus approfondie de l'ITC, ce qui réclamera plusieurs mois. La marque au caméléon précise que Samsung a rempli des dossiers visant à faire cesser l'importation aux États-Unis des produits de « plusieurs petites entreprises » qui utilisent ses produits. Si ce communiqué semble très édulcoré, dans leur réquisitoire devant le juge, les avocats de l'entreprise prenaient moins de pincettes et expliquaient que « Samsung a choisi trois brevets qui n'ont pas bougé de leur étagère depuis des années, et n'ont récolté que de la poussière ».

Fort heureusement pour NVIDIA, cette décision n'a pas eu d'impact majeur sur son cours de bourse, resté parfaitement stable lors de la séance du 22 décembre. L'entreprise est donc toujours valorisée à 17,8 milliards de dollars, une paille comparée aux 150 milliards de dollars que pèse Samsung Electronics.


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