TNT gratuite : feu vert pour LCI, colère noire pour Alain Weill (BFMTV)

Des chaînes et des menottes 97
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Télévision
Marc Rees

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé hier de permettre la diffusion de LCI sur la TNT gratuite. Paris Première et Planète+ n’ont pas eu cette chance : les deux chaînes resteront payantes. Une situation qui ne laisse pas impassible BFMTV, laquelle voit arriver un nouveau concurrent.

Le gendarme de l'audiovisuel a finalement donné son feu vert à la chaîne d’information du groupe TF1. Celle-ci « n’avait plus d’avenir économique dans l’univers de la télévision payante » explique le communiqué laconique, assurant que « son accès gratuit contribuera au pluralisme et à l’intérêt du public ».

En 2013, la loi de 1986 sur la liberté de communication avait été modifiée pour permettre à l’autorité administrative indépendante de donner son agrément « à une modification des modalités de financement lorsqu'elle porte sur le recours ou non à une rémunération de la part des usagers ». Les chaînes payantes pouvaient ainsi basculer vers la TNT gratuite en suivant le chemin de cette nouvelle procédure. Seulement, en juillet 2014, LCI (groupe TF1), Paris Première (groupe M6) et Planète+ (Groupe Canal Plus) s’étaient heurtées à un refus motivé.

LCI se réjouit pour le pluralisme en France

Typiquement, pour LCI et Paris Première, le CSA craignait un risque de déstabilisation financière des autres chaînes d’informations gratuites, financées par la publicité. LCI avait alors clairement fait savoir que ce refus la plaçait à court terme sur un échafaud, avec une grosse vague de licenciement. Mais c’est surtout devant le Conseil d’État que les avancées ont été, disons, les plus productives, les deux chaînes ayant réussi en juin 2015 à faire annuler ce refus suite à une erreur formelle.

La machine relancée, le CSA a finalement revu sa position accordant un feu vert pomme à LCI, considérant que la chaîne avait depuis connu une forte perte d’audience, alors que dans le même temps le contexte concurrentiel avait changé du côté de BFMTV et i>TELE.

Nonce Paolini, président-directeur général du groupe TF1, salue cette décision « qui offre à LCI, pionnière des chaînes infos, la possibilité d'être accessible à tous sur la TNT gratuite et d'ouvrir une nouvelle page de son histoire. Je m'en réjouis pour les collaborateurs et le pluralisme en France ».

La girouette du CSA dézinguée par Alain Weill

L’heure est beaucoup moins aux cotillons chez Alain Weill, le numéro un de NextRadioTV, propriétaire de BFMTV, qui a du mal à comprendre la girouette du CSA : « On considère que le CSA a renoncé à sa mission de régulation et qu'il a cédé aux pressions extérieures. Les arguments qu'il avance aujourd'hui pour justifier sa décision auraient pu être avancés il y a dix-huit mois. Il n'y a rien de nouveau et j'ai vraiment le sentiment que c'est une décision politique. On approche de l'élection présidentielle. »

Et celui-ci d’insister dans les colonnes d’OZap : « Quand on affaiblit i>TELE et BFMTV, on ne renforce pas le pluralisme. Ce n'est pas vrai ! Contrairement aux apparences, on renforce TF1, on renforce le premier acteur de l'information à la télévision en France. Ce n'est pas plus de pluralisme, c'est plus de TF1. »

S’interrogeant sur « l'indépendance du CSA aujourd'hui », Alain Weill promet d’attaquer la décision administrative devant le Conseil d’État. Le groupe, qui a intégré Altice, devrait en outre présenter un plan sur l'emploi aux syndicats. Même réaction du côté de Paris Première : le refus de l’accès à la TNT gratuite met désormais « en péril » la chaîne. Celle-ci promet du coup de former un recours similaire devant la même juridiction.


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