Télécoms : Sébastien Soriano (ARCEP) chapeautera les régulateurs européens en 2017

À quand la présidence de la FTC ? 7
En bref
image dediée
Crédits : Guénaël Pépin (licence: CC by SA 3.0)
FAI
Guénaël Pépin

Le président de l'ARCEP, Sébastien Soriano, vient d'être élu à la tête du BEREC, le groupement européen des gendarmes des télécoms. Il compte remettre en avant le point de vue français en Europe, après une décennie de retrait.

En 2017, Sébastien Soriano sera le président du groupement des régulateurs européens des télécoms, le BEREC (ou ORECE en français). Il vient de remporter le scrutin annuel, pour laquelle il était seul en lice comme le révélait l'Express. Une élection rapide, alors qu'il est arrivé à la tête du régulateur français, l'ARCEP, en janvier. Dans les faits, il présidera le BEREC pendant un an, entouré de deux ans de vice-présidence en 2016 et 2018.

Donner de l'importance à la France en Europe

Pour Sébastien Soriano, l'objectif était de redonner de la voix à la France dans l'organisme européen, après une décennie de quasi-absence. Cette décision fait partie de la stratégie du régulateur depuis son arrivée, à savoir s'ouvrir aux autres acteurs, que ce soit l'État, les opérateurs, les industriels, les collectivités ou l'Europe. Elle a été matérialisée par deux évènements : la revue stratégique ouverte en consultation publique et la loi Macron, qui permet à l'Etat de solliciter plus facilement le régulateur. Prendre du galon au BEREC est donc important, d'autant que « 80 % de nos compétences découlent du cadre européen », rappelle régulièrement le président de l'ARCEP.

Ces dernières années, le BEREC lui-même a pris de l'importance. « Devenue depuis 5 ans un interlocuteur reconnu pour son expertise et ses avis en matière de communications électroniques et plus largement de l’écosystème numérique, cette instance agit comme une plateforme de travail commune, et joue un rôle de conseil important auprès de la Commission, du Parlement ou du Conseil de l'Union européenne » explique l'ARCEP dans son communiqué. Son avis est aujourd'hui important dans le grand projet d'un marché unique numérique européen, qui mobilise la Commission depuis au moins deux ans.

En finir avec un certain défaitisme européen

Cette plateforme devient donc un bon moyen de faire passer certains messages. Pendant l'été, Sébastien Soriano avait multiplié les interventions, notamment du côté européen. Pour lui, il faut en finir avec une vision défaitiste de l'Europe, qui serait dominée par les géants américains du Net, sans vrai moyen de lutte. « C'est une vision très négative de l'Europe, et je veux porter du positif aujourd'hui » déclarait-il en juin au sommet de la régulation 2015 de l'ETNO (l'organisme des opérateurs européens).

Une autre idée doit être battue en brèche selon lui : celle que les opérateurs télécoms ont le monopole de l'innovation dans le numérique en Europe. Ceux-ci aiment à rappeler l'importance de leurs investissements, notamment dans les jeunes entreprises, en se posant même parfois en contre-exemple des géants américains. « Nous devrions arrêter de croire que la construction d'un Airbus numérique nous sauvera tous. Je sais que c'est osé de le dire, mais la précédente Commission européenne a perdu un temps précieux à essayer de faire du secteur télécoms l'alpha et l'oméga de l'économique numérique en Europe » estimait-il encore devant l'ETNO.

Plus globalement, Sébastien Soriano aura quelques dossiers important sur les bras : le projet de marché unique numérique européen, la fixation des règles précises sur la neutralité du Net (d'ici l'été), le déploiement des réseaux très haut débit, l'arrivée de l'Internet des objets et les débats de fond sur le numérique, comme les rapports de force entre télécoms, géants du Net et startups. Autant de sujets que nous avions abordés avec lui dans une longue interview à la mi-novembre.


chargement
Chargement des commentaires...