Mozilla coupe les ponts financiers avec Google

Par contre avec Yahoo, Baidu et Yandex, oui 60
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Société ANALYSE
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le jeudi 26 novembre 2015 à 12:00
Vincent Hermann

Mozilla n’a désormais plus aucune dépendance financière vis-à-vis de Google. Si 2014 a été globalement bonne, l’éditeur estime que l’année 2015 sera encore meilleure, grâce à la multiplication des accords sur les moteurs de recherche. Pour autant, les défis de l’entreprise restent nombreux, particulièrement dans le monde mobile.

Mozilla a publié récemment son rapport financier pour l’année 2014, l’éditeur n’étant pas spécialement en avance. Le chiffre d’affaires s’est établi à 330 millions de dollars, ce qui tenait compte encore du partenariat avec Google, fournissant alors la majorité des revenus. Au plus fort de cet accord, on rappellera que le chiffre d’affaires de Mozilla provenait à 90 % de Google, établissant une dépendance que le père de Firefox a voulu briser.

330 millions de dollars pour l'année 2014

Celui pour 2014 est en hausse de 15 millions par rapport à l’année précédente. Un chiffre à relever : 98 % de cette somme provient d'accords avec les moteurs de recherche. Ce pourcentage n’est pas amené à changer véritablement, mais la composition évoluera clairement avec l’année 2015. Pourquoi ? Parce que Mozilla a largement chamboulé ses relations avec les différents acteurs de la recherche en novembre 2014.

Il y a un an, le père de Firefox annonçait ces importantes changements : Yahoo remplaçait Google comme moteur de recherche par défaut aux États-Unis, Baidu prenait place en Chine ainsi que Yandex en Russie. Tout aussi important, ces accords se négociaient dans un nouveau cadre éthique, Yahoo s’engageant par exemple à supporter la fonctionnalité Do Not Track pour ne pas enregistrer certaines traces du passage de l’internaute si ce dernier l’interdisait.

La désintoxication de Google est terminée

Aujourd’hui, Google reste le moteur de recherche par défaut dans un grand nombre de marchés, notamment en Europe. Pour autant, il s’agit d’un choix opéré par l’éditeur sans aucune contrepartie financière. Denelle Dixon-Thayer, responsable commerciale chez Mozilla, a ainsi indiqué hier à CNET : « Nous n’avons actuellement aucun accord commercial avec Google ». Pourtant, le directeur financier, Jim Cook, estime que l’année 2015 sera meilleure que la précédente.

Et il vaudrait mieux, car les défis qui attendant Mozilla sont très nombreux. L’éditeur ne se bat plus seulement sur le terrain des navigateurs, où la guerre est déjà complexe. Il est devenu difficile en effet de lutter contre un Chrome dont la progression semble encore inexorable, avant peut-être que la situation ne se stabilise. De fait, il n’est pas étonnant de voir Mozilla avancer très clairement une position médiatrice dans de nombreux domaines, y compris la publicité, comme nous le soulignions récemment.

Le respect de la vie privée comme arme de différenciation

Mais il va falloir à l’éditeur aller plus loin que le simple navigateur. Sa présence dans le monde mobile est cruciale pour l’avenir, et on rappellera à cet effet le lancement récent de la mouture iOS de Firefox, même si la version Android existe depuis longtemps (et avec le moteur Gecko, contrairement à iOS). Firefox OS rencontre quant à lui des difficultés car, comme le rappelle Ars Technica, son positionnement tarifaire ne le met pas à l’abris de la très rude concurrence des smartphones Android. Or, comment lutter face à une plateforme qui a pour elle la plus vaste boutique applicative existante ?

Là encore, la stratégie de Mozilla passera très certainement par un renforcement de ses initiatives vers le respect de la vie privée, comme on a pu le voir il y a quelques semaines avec le lancement du nouveau mode de navigation privée. Chaque fois que l’éditeur se lance dans un domaine, il applique un cadre strict et impose des règles claires sur la manière dont les technologies doivent être utilisées. Mais il n’est pas dit que cette approche, même si elle est louable, lui garantisse le succès : tous les utilisateurs ne sont pas sensibles à ce type d’argument.


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