La Hadopi réintègre Éric Walter... mais le suspend de ses fonctions

Par les pieds ? 93
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Crédits : Marc Rees
Hadopi
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le vendredi 20 novembre 2015 à 14:37
Marc Rees

Une douche écossaise. Voilà le sort que la Hadopi a réservé à Éric Walter, son secrétaire général licencié le 1er août dernier, mais réintégré depuis par la justice.

Cet été, la Hadopi avait décidé de licencier son secrétaire général, taclant une « insuffisance professionnelle ». Stupeur estivale alors que les relations publiques de l'un et l'autre avaient été au beau fixe du moins en 2014.

La pastille n'est pas passée chez le principal concerné qui avait contrattaqué devant le tribunal administratif. Et il a obtenu gain de cause : auscultant en référé sur les bisbilles internes, notamment avec la Commission de protection des droits, le juge administratif a suspendu le licenciement considérant que la Hadopi avait bien fait « une erreur d’appréciation ». Mieux, dans sa décision du 16 octobre, il a ordonné la réintégration du secrétaire général dans le mois suivant la notification de l’ordonnance, soit à peu près au même moment où la Hadopi a prévu de présenter à la presse son rapport annuel. Joie pour les uns, malaise pour les autres.

Voilà quelques jours, la Hadopi a bien fait un pourvoi devant le Conseil d’État contre cette décision, mais cette procédure prend plusieurs mois et surtout, elle n’est pas suspensive. Bref, la Haute autorité se devait de suivre la décision du tribunal administratif… Mais c’était sans compter un dernier lapin dans le chapeau.

Dans sa riposte graduée contre Éric Walter, la haute autorité a visiblement trouvé un nouveau foyer d'infection : elle lui a adressé ce 16 novembre deux courriers, comme nous l’ont confirmé plusieurs sources convergentes. Dans le premier, elle lui annonce qu’il est bien réintégré, et dans le second, qu’il est immédiatement suspendu de ses fonctions. Les causes exactes de cette suspension ne nous ont pas été communiquées. Éric Walter reste injoignable et la Hadopi ne veut faire aucun commentaire. Une certitude : ce n'est pas demain que les portes de la rue du Texel vont se rouvrir à lui.

MàJ 15h10 : « On se moque du jugement du tribunal administratif. Je vais naturellement continuer à me battre » a réagi Eric Walter.


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