Le Parlement européen appelle les pays de l'Union à protéger Edward Snowden

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Crédits : Jorisvo/iStock/ThinkStock
Loi
Vincent Hermann

Le Parlement européen vient de voter, par une courte majorité, un amendement appelant les États membres de l’Union à abandonner toutes les charges criminelles à l’encontre d’Edward Snowden. Le lanceur d’alerte y est décrit comme le « défenseur international des droits de l’homme » et l’Europe devrait le défendre.

Edward Snowden a révélé une partie des méthodes de la NSA et de ses programmes de surveillance durant l’été 2013. Depuis, les informations ont continué à affluer, provoquant des remous politiques, des crises de confiance, l’arrivée de plusieurs lois et une remise en cause de la confiance accordée de manière générale au monde du renseignement. Pour beaucoup, il s’oppose désormais au concept même de vie privée.

Le Parlement européen veut protéger Edward Snowden

Le lanceur d’alertes est considéré comme un traitre par les États-Unis et est réfugié officiellement depuis plus d’un an et demi en Russie en tant que réfugié politique. L’idée d’un asile accordé à cet ancien sous-traitant de la NSA a été soulevée en France, mais ce type de demande est géré par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui irait à l’encontre de l’exécutif, les problématiques étant d’ailleurs les mêmes que pour Julian Assange.

Pourtant, le Parlement européen vient de voter une résolution appelant l’ensemble des pays de l’Union « à abandonner toute poursuite contre Edward Snowden, à lui offrir une protection et à empêcher en conséquence son extradition ou sa restitution par une tierce partie, en signe de reconnaissance de son statut de lanceur d'alerte et de défenseur international des droits de l’homme ». Un message particulièrement fort immédiatement tweeté par le concerné qui juge l’amendement « extraordinaire ». Il s’en est fallu d’ailleurs de peu, car le vote ne s’est joué qu’à quatre voix : 285 pour, 281 contre.

Le Parlement inquiet de l'évolution de la surveillance

Et cet appel fort est suivi d’autres remarques appuyées du Parlement sur d’autres problématiques plus ou moins liées. Il s’inquiète ainsi des « récentes lois dans certains États membres qui étendent les capacités de surveillance des organes de renseignement », la France étant citée dans les exemples, aux côtés du Royaume-Uni. Autre inquiétude, les révélations sur les agissements de l’agence allemande du renseignement, le BND, et ses liens avec la NSA. Une situation d’autant plus floue que le Bundestag avait voté une résolution pour bloquer les importations de produits réseau venant des États-Unis.

Et alors que le premier Safe Harbor a récemment été torpillé par la Cour européenne de justice dans son arrêt Schrems du 6 octobre et que les négociations sont désormais ouvertes pour une version 2, l’Assemblée demande que soit réellement mise en place « une stratégie européenne pour une plus grande indépendance de l'information et de la vie privée en ligne », tout en assurant un contrôle démocratique des activités de renseignement et en rétablissant la « confiance avec les États-Unis ».

Il n'est pas dit cependant que ces résolutions changent quoi que ce soit à l'attitude des pays face à la situation de Snowden, ou au travail sur les lois de surveillance. Le signal envoyé reste tout de même fort, surtout en direction des États-Unis... qui disposent dans tous les cas de nombreux accords d'extradition, notamment avec la France.


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