Permissions, Now on Tap, autonomie : toutes les nouveautés d'Android 6.0

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le mercredi 28 octobre 2015 à 16:00
Guénaël Pépin

Maintenant qu’Android 6.0, alias Marshmallow, commence à être disponible sur quelques terminaux mobiles, nous avons décidé de faire le point sur ses nouveautés. L'occasion de voir si cette nouvelle mouture signe enfin le passage à l’âge de la maturité pour le système de Google.

L'évolution sans révolution, c'est comme ça que pourrait être résumé Android 6.0. Si les améliorations sont nombreuses, elles sont pour la plupart à chercher dans les entrailles du système. Avec cette version, Google a revu en profondeur plusieurs aspects d'Android, de la gestion de la batterie aux fonctions pour entreprises, en passant par le chiffrement.

Certaines nouveautés sont tout de même visibles, comme Google Now on Tap, qui permet d'obtenir des renseignements sur le contenu affiché à l'écran, ou le nouveau système de permissions, sûrement l'évolution la plus attendue par les utilisateurs. C'est sur ces aspects que nous avons décidé de nous pencher, avant de revenir sur les éléments relatifs à la sécurité et aux besoins professionnels.

Vous retrouverez les autres  parties de ce dossier par ici : 

Une gestion des autorisations beaucoup plus fine

Nouvelle version du système oblige, Android se dote d’un lot d’améliorations dédiées à la confidentialité. Parmi elles, le plus gros changement est clairement celui des autorisations. La gestion de ces dernières a été un reproche régulier adressé à la plateforme, de nombreuses applications se retrouvant avec la possibilité d’effectuer des actions qu’il est impossible de refuser.

Pour comprendre le souci, il faut savoir que les autorisations d’Android sont rassemblées par lots. Quand l’utilisateur souhaite installer une application, les autorisations prévues sont analysées et le système va chercher les lots correspondants. Une autorisation en particulier peut se trouver dans un lot sans que les autres ne soient nécessaires.

Cependant, il n’est pas possible de la valider sans donner son accord du même coup à tout le reste du lot. Voilà pourquoi une application comme Allociné peut réclamer l’accès aux contacts, la position GPS, l’accès au téléphone, aux connexions Wi-Fi, à l'exécution au démarrage, aux paramètres Bluetooth ou encore au contrôle du vibreur : il suffit que les permissions soient réparties dans plusieurs lots.

Android 6.0 marshmallow permissionsAndroid 6.0 marshmallow permissionsAndroid 6.0 marshmallow permissions

Avec Android 6.0, ce système est complètement chamboulé dès lors que les développeurs utilisent bien les nouvelles API (Application Programming Interface) fournies avec le système. Les autorisations ne sont plus gérées par lots à l’installation, mais à l’unité au fur et à mesure que l’application en a besoin. Ce système est calqué trait pour trait sur ce qui existe en fait déjà sur iOS et Windows Phone depuis des années. On lance alors l’application, et si elle a besoin par exemple d’accéder à l’appareil photo, elle en demande l’autorisation. L’utilisateur a alors le choix d'accepter ou non, l’opération se répétant pour les photos, les contacts, la position géographe, le téléphone et ainsi de suite.

Le gros avantage de ce changement est que l’utilisateur contrôle les permissions accordées avec une granularité bien supérieure. Il peut savoir précisément ce que chaque application peut faire. En outre, les paramètres du système rassemblent la liste de ces autorisations et il est donc possible de contrôler a posteriori ce que l’on a autorisé ou pas, application par application. Concernant les applications développées pour une version antérieure d'Android, l'utilisateur doit toujours accepter par lots les permissions à l'installation, mais peut les interdire par la suite.

Des réponses sur le contenu des applications avec Google Now on Tap

Au quotidien, la nouvelle fonction la plus utile pourrait bien être Now on Tap, une nouveauté de Google Now largement mise en avant par l’entreprise. Il s’agit d’appeler l’assistant vocal de Google Now dans n’importe quelle application, pour poser des questions liées à son contenu. Par exemple pour avoir des détails sur le sujet d’un article en ligne ou sur l’artiste en cours d’écoute sur Spotify. Comme il s’agit d’une fonction de Google Now, elle peut chercher dans les contenus personnels pour les faire correspondre, si l’utilisateur le permet.

Pour rappel, Google Now est l’assistant personnel made in Mountain View, capable de proposer des contenus, des rappels, des horaires ou des trajets sans que l’utilisateur ait à les demander. Pour cela, il analyse les données à sa disposition (comme les emails) pour en tirer des informations utiles. Il peut s’agir de points d’intérêt à proximité, d’articles liés à vos centres d’intérêt comme d’une heure de départ pour un rendez-vous en fonction du trafic. Dans un fil de SMS, il peut reconnaître un lieu pour proposer des restaurants à proximité, par exemple. Dans l’idée, plus l’outil accède à vos données, plus il est puissant.

Android 6.0 Google Now on TapAndroid 6.0 Google Now on TapAndroid 6.0 Google Now on Tap

Dans le cadre des recherches vocales, l’une des forces des outils comme Cortana (Microsoft), Google Now et Siri (Apple) est de comprendre le contexte, par exemple pour enchainer des questions sans avoir à répéter le sujet. Avec les versions précédentes d’Android, Google Now avait gagné la possibilité d’être lancé de n’importe quelle application avec un « OK Google », mais sans interagir avec celle-ci. Avec Now on Tap, le groupe arrive donc à lier l’outil de recherche aux applications au-dessus desquelles il est lancé.

Pour que Now on Tap fonctionne avec une application, ses développeurs doivent intégrer l’indexation de son contenu (App Indexing) par Google. Son contenu devient ainsi disponible via les recherches de l’application Google, dans les résultats du moteur de recherche sur Chrome ou via Now on Tap. Cette fonction n’est pour l’instant disponible qu’en anglais. Google n’a pas encore annoncé de date de disponibilité en français.

Doze et App Standby : Android veille au grain

Android 6.0 a été l’occasion pour Google d’effectuer un travail de fond sur l’autonomie. La principale nouveauté sur ce plan est Doze, une fonction qui plonge le système dans « un état de repos », applications comprises. Il s’active si l’écran est éteint, que l’appareil est inutilisé depuis un certain temps et qu’il n’est pas en charge.

Le but est bien entendu de préserver la batterie pendant la veille. Jusqu’ici, une application pouvait demander à conserver le système éveillé pendant une période d’inactivité, ce qu’ont exploité une multitude de développeurs, causant un drain de batterie souvent inutile. Avec Doze, ces « wakelocks » seront tout simplement ignorés.

Doze désactive également le scan Wi-Fi et limite le rythme de synchronisation des applications. Ces tâches sont regroupées et exécutées périodiquement, de moins en moins fréquemment au fil du temps. Quand l’appareil est réveillé, celles en attente sont directement exécutées. Par contre, les messages qui expirent pendant l’inactivité seront, eux, simplement ignorés.

Google a prévu des exceptions, qui s’appuient sur sa plateforme Cloud Messaging, un service qu’intègrent par exemple la plupart des applications de messagerie. Au niveau de l’appareil, il permet de regrouper les envois et réceptions, pour optimiser l’usage d’énergie et de données. Avec Doze, les messages marqués en priorité haute dans Cloud Messaging pourront donc réveiller le smartphone ou la tablette. Ce marquage est la responsabilité des développeurs, qui devront donc en tenir compte pour éviter de réveiller régulièrement un appareil inutilement…

Android 6.0 Optimisation de la batterie

Le gestionnaire d’alarmes est aussi concerné par le mode Doze. À moins qu’une alarme passe par une fonction spécifique qui demande à l’appareil de sortir de son sommeil, elle sera tout simplement ignorée. Les développeurs devront réécrire certaines d’entre elles pour qu’elles s’activent quand le terminal est au repos.

En dehors de Doze, certaines applications voient leurs fonctions limitées même quand l’appareil est utilisé. Avec l’App Standby, Android Marshmallow désactive l’accès au réseau et les tâches en arrière-plan des applications qui n’ont pas été utilisées pendant une certaine période. Pour la réactiver, il faut soit la relancer, soit l’appeler d’une autre manière, via une autre application par exemple.

Comme pour Doze, les messages à priorité haute sont exempts de cette limite. L’utilisateur, lui, peut décider d’exclure une application donnée de ces optimisations via les paramètres de batterie.

Une interface plus en phase avec l'idée du Material Design

Marshmallow signe aussi une révision visuelle pour le système. Depuis Lollipop (5.0), Android exploite le Material Design, un langage graphique conçu par Google où le contenant et le contenu sont des feuilles de papier et de l’encre. L’objectif est de proposer des jeux de superpositions (avec ombres) et des animations cohérentes. Pour l’occasion, Google a même proposé des lignes directrices pour les développeurs. Depuis son annonce, ce langage s’est peu à peu propagé dans les applications et services web du groupe.

Reste qu’entre les vidéos officielles et le résultat dans Android 5.0, le décalage était là. Google a tenté de montrer la voie via certaines de ses applications, mais l’effort n’a pas été entièrement suivi. Si beaucoup de développeurs tiers ont adopté le look Material, c’est une autre histoire pour les animations. La faute notamment aux applications Google elles-mêmes, qui n’ont pas toujours été cohérentes sur ce point.

Avec Android 6.0, le système automatise certaines animations (par exemple l’ouverture des menus) et en revoit d’autres. Désormais, une application s’ouvre en partant de l’icône appuyée pour s’étendre à l’ensemble de l’écran et afficher le contenu. Google en profite également pour revoir quelques éléments d’ergonomie, comme le menu de notifications, qui s’affiche désormais où il a été appelé, plutôt qu’au milieu de l’écran. En somme, la société ne chamboule pas l’apparence du système, mais la rend plus cohérente.

Android 6.0 Lanceur Google

Un changement attendu était tout de même celui du menu de contrôle de volume, considéré comme compliqué dans Android Lollipop, vu qu'il servait à la fois à gérer le volume et le mode Ne pas déranger. Dans Android 6.0, ce contrôle redevient une simple barre de volume, dépliable en trois (notifications, multimédia et alarmes). Pour obtenir le mode Ne pas déranger, il faut désormais passer par le menu d'options rapides. Il permet de définir des plages où couper les notifications sonores, pour tout supprimer ou ne laisser passer que les alarmes ou les messages prioritaires.

Des partages entre applications plus directs

La société a également retravaillé l’ergonomie du partage entre applications, censé être le point fort d’Android. Selon Google, l’un des problèmes fréquents pour un utilisateur est l’écran de choix d’applications qui s’affiche lorsqu’on clique sur un lien : continuer la navigation avec le navigateur ou via une application qui s’est déclarée compatible avec le contenu. Par exemple, pour un lien vers un tweet, Android demande si l’utilisateur souhaite continuer via un navigateur, via le client Twitter officiel ou via un client tiers, s’ils sont installés.

Pour y remédier, le groupe propose les « App Links », qui consistent à déclarer une application comme officielle. Dans ce cas, un lien vers un tweet l’ouvrira automatiquement dans l’application Twitter ou une app tierce, si l’entreprise le souhaite. Pour cela, le site doit héberger un fichier contenant les informations des applications autorisées et les associations. Dans les faits, il faudra donc voir si ce moyen est utilisé ou non par des services pour écarter les apps tierces.

Le menu de partage de contenu est aussi modifié. Désormais, il affiche des cibles plus précises. Par exemple, une application de messagerie peut décider d’y présenter les derniers contacts ou les plus fréquents. De même, le système présente lui-même une liste des applications les plus utilisées. Avec une nouvelle API, les développeurs sont libres d’inclure de nouvelles cibles, du moment que l’application est compatible avec le contenu partagé.

Android 6.0 Partage Direct Share

Enfin, les liens d’applications vers des pages web se veulent plus fluides. Une nouvelle fonction, Chrome Custom Tabs, permet d’appeler une page web directement depuis une application, en unifiant les transitions et l’interface. L’outil permet ainsi de personnaliser la barre supérieure, par exemple pour ajouter des boutons liés au contenu.

Une application peut aussi précharger le contenu d’une page appelée de cette manière, pour une transition encore plus fluide. Avec cette fonction, l’utilisateur ne doit pas avoir le sentiment de changer d’application ou d’environnement, quand bien même il vient de passer d’une application native à une page web du service lié.


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