Numericable-SFR emprunte pour verser 2,5 milliards d'euros de dividendes

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Finances
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le jeudi 15 octobre 2015 à 09:00
Kevin Hottot

Numericable-SFR a annoncé hier soir vouloir verser un important dividende à ses actionnaires. Pour financer cette opération, l'opérateur va souscrire à une nouvelle dette, ce qui a de quoi surprendre au moment où le gouvernement surveille de près les engagements de l'opérateur dans le très haut débit.

Par le biais d'un communiqué, Numericable-SFR a fait savoir qu'il souhaitait verser un dividende de 5,70 euros par action à chacun de ses actionnaires. En sachant que le dernier cours connu pour l'opérateur est de 42,11 euros pour un titre, l'offre est plutôt généreuse avec un rendement de 13 %.

Un emprunt pour rémunérer Altice

Pour financer cette opération, qui devrait lui coûter environ 2,5 milliards d'euros, Numericable SFR annonce qu'elle souscrira à « un emprunt d'un montant minimum de 1,6 milliard d'euros » tandis que le solde sera complété avec « les liquidités disponibles ». Aux dernières nouvelles, Numericable SFR disposait d'environ 1 milliard d'euros de liquidités au 31 mars 2013.

Le financement de cet emprunt ne devrait toutefois pas poser de problème puisque sa souscription ne fera pas passer le ratio d'endettement de l'entreprise au-dessus de 4, la limite fixée par le gouvernement au moment de la fusion entre Numericable et SFR. L'opérateur a en effet soigné cet aspect dans ses résultats, avec une rentabilité en nette hausse, ce qui lui permet aujourd'hui de souscrire à de nouvelles dettes. 

Le premier bénéficiaire du versement de ce dividende, prévu de longue date par l'opérateur, n'est autre qu'Altice. En effet, le groupe néerlandais détenu pour moitié par Patrick Drahi possède 78,5 % des parts de Numericable-SFR. Cette opération lui permettra donc d'encaisser environ 2 milliards d'euros. Une aubaine.

Le gouvernement garde l'œil ouvert

Le timing de cette annonce n'est toutefois pas idéal pour la filiale d'Altice. Hier, Axelle Lemaire, secrétaire d'État au numérique, a en effet froncé les sourcils et déclaré lors de la dernière séance de questions au gouvernement en expliquant que « la fusion entre SFR et Numericable a fait prendre du retard sur le déploiement à Lille » en ajoutant que « le gouvernement sera très ferme en exigeant des opérateurs qu'ils remplissent leurs engagements qui figurent dans des conventions signées à la demande de l'État ». 

Parallèlement, l'Autorité de la concurrence a justement les yeux rivés sur le cas Numericable-SFR, suite à une plainte de Bouygues Telecom. L'opérateur français estime en effet que son concurrent ne tient pas ses engagements de déploiement sur la fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH) en zone très dense. Aux yeux de certains, il aurait donc été plus judicieux d'injecter ces quelques milliards dans le déploiement du réseau plutôt que de rémunérer l'actionnariat.

De son côté, Numericable-SFR explique que « le groupe continuera de respecter l’ensemble de ses engagements en matière d’investissements et d'innovations, notamment son plan ambitieux de déploiement de la 4G/4G+ et de la fibre avec 7,7 millions de prises d'ici fin 2015, 12 millions en 2017 et 15 millions en 2020, ainsi que la couverture mobile des zones blanches ».


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