ARCEP : le très haut débit progresse, surtout jusqu'à 100 Mb/s sur le fixe

Du bas très haut débit 47
En bref
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Crédits : alphaspirit/iStock/Thinkstock
FAI
Guénaël Pépin

Le nombre d'abonnés aux services fixes et mobiles continue de progresser, surtout dans le très haut débit. Celui de l'ADSL chute une nouvelle fois, au profit du VDSL et du câble coaxial. Côté mobile, les communications entre machines continuent leur progression rapide.

L'ARCEP a publié son observatoire des marchés fixe et mobile pour le 2e trimestre (PDF), qui suit les tendances observées depuis 2014, même si certaines d'entre elles s'accélèrent. La première de ces tendances de fond est la baisse des revenus des opérateurs, qui vont vers une stabilisation. « La baisse, du revenu se poursuit, mais n’est que de 1,9% en un an au deuxième trimestre 2015 après trois trimestres autour de 3% et deux années entre 4 et 8% » explique l'ARCEP. Les revenus des opérateurs se sont donc élevés à 8,9 milliards d'euros, contre plus de 9 milliards d'euros un an plus tôt.

Les services à valeur ajoutée en chute

Sur le mobile, la chute des revenus continue mais ralentit, le prix des services baissant moins rapidement. Sur un an, ils sont passés de 3,61 milliards d'euros à 3,57 milliards (-1,2 %). La dégringolade est plus brutale sur le fixe, où la croissance des revenus des services haut débit et très haut débit a ralenti, notamment sur la livraison de services de capacité pour les professionnels. Résultat : 4,25 milliards d'euros de revenus, contre 4,33 milliards un an plus tôt (-1,8 %). Le revenu moyen par abonné sur mobile passe de 17 euros au deuxième trimestre 2014 à 16,6 euros un an plus tard, alors que celui sur le fixe passe de 33,1 euros à 32,5 euros.

Revenus FAI ARCEP T2 2015
Crédits : ARCEP

Le domaine où cette baisse des revenus est la plus forte est les services à valeur ajoutés (SVA), dont une réforme en profondeur est entrée en vigueur hier. Ceux-ci ont généré 337 millions d'euros de revenus au deuxième trimestre pour les opérateurs, contre 370 millions d'euros un an plus tôt, soit une baisse de 8,8 %. Leur réforme vise notamment à améliorer leur signalétique et, globalement, redonner confiance aux utilisateurs. Les revenus annexes (location de terminaux, centres d'appel, cessions de fichiers...) ont eux connu un destin inverse : +8,5 % sur un an, pour atteindre 779 millions d'euros.

Le très haut débit se répand... à moins de 100 Mb/s sur le fixe

La France compte 26,3 millions d'abonnements à l'Internet fixe, contre 25,4 millions au deuxième trimestre 2014. Comme sur les précédents observatoires, le nombre de lignes haut débit (dont l'ADSL) continue de baisser, pour encore atteindre 22,4 millions (contre 23 millions un an avant). La hausse est à chercher ailleurs. « Le très haut débit (3,8 millions d’abonnements) représente la totalité de l’accroissement pour le troisième trimestre consécutif » écrit l'ARCEP.

Mais il ne faut pas s'y tromper : ce sont les lignes entre le débit plancher du très haut débit (30 Mb/s) et 100 Mb/s qui portent cette hausse : 872 000 abonnements supplémentaires contre 420 000 pour la fibre optique jusqu'à l'abonné. Ces abonnements à 100 Mb/s et moins correspondent aux lignes en VDSL à plus de 30 Mb/s ainsi qu'aux offres coaxial et FTTH à 100 Mb/s.

Marché SIM ARCEP T2 2015
Crédits : ARCEP

Au 30 juin, les réseaux mobiles accueillaient eux 71,1 millions de cartes SIM (hors MtoM), soit une augmentation de 0,6 % en un an, contre 3 % sur 2014. La majorité est désormais connectée à l'Internet mobile, « deux cartes SIM sur trois pour les réseaux 3G et une carte sur cinq pour les réseaux 4G » écrit l'ARCEP. Au total, le nombre de ces cartes SIM a monté de 200 000 sur le trimestre, après avoir baissé de 365 000 sur le précédent. Sur un an, la croissance reste de 447 000.

Le nombre de cartes dédiées aux communications entre machines continue lui sa progression vertigineuse. Ce sont désormais 9,2 millions de cartes qui équipent des objets à usage professionnel (ascenseurs, caméras, terminaux...), soit 20,6 % de plus qu'un an plus tôt. Selon l'ARCEP, leur nombre augmente de 1,5 million par trimestre depuis cinq trimestres. Elles représentent maintenant plus de 11 % des cartes SIM en usage en France.

Mobile : la consommation de données double quasiment en un an

Les marchés fixes et mobiles tendent désormais à se rejoindre sur un point : la durée d'appel mensuelle. Sur mobile, chaque abonné appelle en moyenne 3h08 par mois (+3 minutes en un an), quand sur le fixe, ils appellent 3h12 par mois (-20 minutes sur un an). Au final, ce sont bien les communications mobiles qui pèsent le plus. Sur 59,2 milliards de minutes passées au téléphone sur fixe et mobile au deuxième trimestre (-1,4 % en un an), 38,3 milliards de minutes l'ont été sur mobile (+1,2 milliard sur un an) et 20,9 milliards de minutes sur le fixe (-2 milliards sur un an).

Selon l'analyse de l'ARCEP, la croissance des communications ralentit sur mobile par rapport aux deux années précédentes, quand la baisse des communications fixes ralentit depuis six mois... Même si elle reste impressionnante sur un an. Le nombre de SMS échangés continue lui d'augmenter, pour atteindre 51,4 milliards sur le trimestre étudié (+2,4 %). Le nombre de SMS envoyé par chaque personne reste lui stable, avec environ 250 messages par mois.

Pour le régulateur, ces chiffres sont un signe que les usages passent de ces services vers ceux de données. En atteste la consommation data sur mobile, 638 Mo en moyenne par carte contre 329 Mo un an plus tôt (+93,8 %). Ce chiffre dépasse même le gigaoctet (1 133 Mo) mensuel pour les « clients se connectant effectivement à Internet via leur mobile » (en 3G ou 4G). Au total, ce sont 130 000 téraoctets qui ont transité par les mobiles français en trois mois, selon l'ARCEP, contre plus de 66 000 téraoctets un an plus tôt. La consommation moyenne et le volume total ont donc quasi-doublé en l'espace d'une année.

Marché SIM MtoM ARCEP T2 2015
Crédits : ARCEP

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