Videofutur lance une offre fibre sur les RIP avec SVOD, pour 39,90 euros par mois

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Crédits : arcoss/iStock/Thinkstock
FAI
Guénaël Pépin

Videofutur se lance comme fournisseur d'accès Internet. À partir du 1er octobre, l'entreprise proposera une offre de fibre optique (200 Mb/s) avec téléphonie, TV et vidéo par abonnement sur certains réseaux publics. De quoi fournir une alternative aux grands opérateurs ?

Internet, téléphonie, TV et vidéo à la demande par abonnement (SVOD) pour 39,90 euros par mois. C'est ce que proposera Videofutur à partir du 1er octobre dans plusieurs réseaux d'initiative publique (RIP), où les grands opérateurs n'ont pas encore amené leurs offres.

Concrètement, Videofutur fournit une connexion fibre symétrique à 200 Mb/s, la téléphonie vers les fixes et mobiles, l'accès à 60 chaînes TV, l'offre de SVOD de Videofutur (plus de 1 000 films et dessins animés, normalement facturée 10 euros par mois) et la vidéo à la demande, via un décodeur dédié. Les personnes intéressées pourront s'abonner via un site dédié, qui devrait arriver en ligne dans les prochains jours.

Disponible sur trois réseaux publics

En plus de la connexion, le cœur de l'offre est donc ce décodeur, pour lequel l'entreprise a développé une nouvelle interface. Comme sur une box classique d'opérateur, il propose les chaines en direct, le replay, la pause du direct et certains bouquets à la demande, en plus d'applications dédiées. La sélection des programmes, elle, est personnalisée pour l'utilisateur, indique le communiqué. Cette offre n'est pas totalement une surprise. Depuis fin 2013, Videofutur propose déjà sa propre box TV, indépendante de tout opérateur, après son rachat par le constructeur français de décodeurs TV Netgem à la mi-2013.

L'offre est pour l'instant disponible via l'opérateur alternatif Alsatis sur des réseaux publics gérés par Covage. Au 1er octobre, plusieurs villes de trois réseaux seront éligibles : Seine Essonne Très Haut Débit (Corbeil-Essonnes, Etiolles, Le Coudray-Montceaux, Soisy-sur-Seine), Dunkerque Grand Littoral Network sur le territoire du SIVU (Coudekerque-Branche, Saint-Pol-sur-Mer, Cappelle-La-Grande, Fort-Mardyck), Sem@for77 et bientôt sem@fibre77 (Bailly-Romainvilliers, Cesson, Vert-Saint-Denis, ChevryCossigny). D'autres réseaux suivront avant la fin de l'année, en partenariat avec de nouveaux opérateurs, promet l'entreprise. Videofutur ne précise par contre pas s'il comptera se lancer sur d'autres réseaux fibre ou câble, comme le fait déjà Bouygues Telecom sur celui de Numericable par exemple.

La vidéo, le talon d'Achille des petits opérateurs

« Cette offre est destinée en priorité aux zones fibrées et en particulier les réseaux d’initiative publique (RIP), territoires peu desservis en très haut débit par les opérateurs nationaux » explique Videofutur. Ce n'est pas un hasard. Avec cet abonnement, le groupe français veut répondre à l'un des problèmes des réseaux d'initiative publique, qui n'attirent pour l'instant que peu les principaux fournisseurs d'accès.

Ce problème, c'est simplement l'offre télévisuelle. Les opérateurs qui vont aujourd'hui sur les réseaux publics n'ont pas les moyens de développer d'offres vidéo capables de rivaliser avec Numericable-SFR ou Orange, alors que c'est une des demandes des habitants. Ceux-ci préfèrent donc attendre un opérateur national, connu, plutôt que de s'abonner via un opérateur alternatif à l'offre moins complète. Cette difficulté est d'ailleurs bien connue de l'Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel (AVICCA), qui représente les collectivités sur ces sujets.

« Ce sont les grands opérateurs qui détiennent ce service [l'offre vidéo, ndlr]. La clé de réussite des RIP est l’arrivée massive des grands opérateurs sur leurs réseaux. Mais s'ils ne viennent pas, les collectivités ne peuvent pas rester les bras croisés » nous expliquait en juin le président de l'AVICCA, Patrick Chaize, dans le cadre de notre enquête sur la lutte d'Orange contre les réseaux publics en fibre. « Les petits opérateurs alternatifs n’ont pas aujourd'hui la capacité d’investir lourdement sur les services TV et sont donc pénalisés dans leur offre. On pourrait imaginer que des marques blanches TV pourraient vendre une offre à ces opérateurs et le tour serait joué » estimait-il. C'est dans ce sens qu'agit Videofutur, même s'il reste à voir si l'offre télévisuelle sera assez compétitive et disponible assez largement pour faire la différence.


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