Fig : une plateforme d'investissement participatif dédiée au jeu vidéo

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Crédits : RichVintage/iStock
Finances
Kevin Hottot

La plupart des grandes plateformes de financement participatif reposent sur le même principe : celui du don avec contrepartie. D'autres tentent de se faire une place en proposant aux participants d'investir réellement dans un projet. C'est notamment le cas de Fig qui vient d'ouvrir ses portes outre-Atlantique et cible tout particulièrement le monde du jeu vidéo.

Lors du rachat d'Oculus VR par Facebook, de nombreuses voix se sont élevées contre le fait que l'ensemble des personnes ayant participé à la campagne de financement du Rift n'ont absolument eu aucun retour sur les 2 milliards de dollars investis par Facebook. Certes, ces milliards ne seraient probablement jamais arrivés sans les quelques millions récoltés sur Kickstarter, mais les participants n'ont rien fait d'autre que précommander un prototype de casque et n'ont donc pas d'autre forme de droit sur l'entreprise.

Pour éviter ce genre de situations, d'autres formes de financement participatif existent, comme « l'equity-based crowdfunding », ou investissement participatif. Cette dernière permet à une entreprise de collecter des fonds auprès de la foule en lui offrant en échange des parts sociales ou un retour financier sur un projet donné.

Des barons du crowdfunding lancent leur plateforme

C'est justement sur ce secteur que compte se lancer Fig, une nouvelle plateforme de financement basée aux États-Unis. À sa tête on ne retrouve pas de parfaits inconnus, mais un groupe de développeurs de jeux vidéo qui ont fait fortune en proposant leurs projets sur Kickstarter. Sans surprise, Fig se consacre uniquement à des projets ayant un lien avec l'univers du jeu vidéo.

À la tête du navire, Justin Bailey, anciennement employé chez Double Fine Productions, accompagné par le fondateur du studio : Tim Schaffer. Tous deux ont participé aux campagnes de financement de Double Fine Adventure (devenu Broken Age) et de Massive Chalice, qui ont totalisé un peu plus de 4,5 millions de dollars sur Kickstarter. À leur côté on note aussi la présence de Brian Fargo, PDG de InXile Entertainment, qui a fait financeThe Bard's Tale IVTorment: Tides of Numenera et Wasteland 2 sur Kickstarter pour un total de 8,6 millions de dollars. Dernier larron : Feargus Urquhart, PDG d'Obsidian Entertainment, qui a réussi à lever près de 4 millions de dollars pour Pillars of Eternity. À eux quatre, ils ont monté 4 des 10 campagnes les plus lucratives sur Kickstarter dans le domaine du jeu vidéo.

Un investissement avec retour en cas de succès

Les levées de fonds sur Fig se déroulent à peu près de la même manière que sur Kickstarter. Un montant cible est fixé par le porteur du projet, ainsi qu'une limite de temps pour la durée de la campagne. Différentes contreparties sont proposées aux participants en échange de leur argent, avec des montants requis pouvant atteindre 10 000 dollars.

Principal changement, un deuxième moyen de participer à la campagne. On peut ainsi investir 1 000 dollars en échange d'un retour sur investissement en fonction des ventes du jeu financé. Les termes et conditions dépendent de chaque projet, mais il est d'usage que les fonds soient versés une fois par trimestre.

Les montants récoltés par l'un et l'autre moyen sont évidemment cumulés dans une cagnotte commune. Ainsi, sur la base d'un objectif de 200 000 dollars, la campagne est réussie si le cumul des dons classiques et des investissements excède 200 000 dollars. Dans tous les cas, l'argent n'est débité que si la campagne atteint son objectif dans le temps imparti.

« Si t'as des baskets, tu rentres pas »

Si l'idée semble alléchante, il existe tout de même quelques restrictions. D'abord, les offres d'investissement ne sont pas ouvertes à l'ensemble du public. La plateforme impose que les investisseurs répondent aux conditions requises par les autorités financières américaines pour être qualifiés « d'investisseurs accrédités ».

Pour obtenir ce statut, la loi impose de pouvoir justifier d'un patrimoine (hors résidence principale) de 1 million de dollars, ou bien de pouvoir justifier de revenus supérieurs à 200 000 dollars par an sur les deux dernières années. Fig précise qu'elle prévoit par la suite d'ouvrir cette possibilité à un public plus large, mais aucun délai, même vague, n'est donné à ce sujet.

Pour les investisseurs étrangers, cela se complique encore un peu. La plateforme exige qu'en plus de leur accréditation de la SEC, ils présentent un identifiant d'imposition américain (U.S. Tax ID), puisque l'ensemble des gains réalisés lors de l'opération est soumis à une taxation locale. De quoi rallonger les démarches si jamais vous espéreriez pouvoir investir sur un coup de cœur.


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