Oui, certains vieux DRM utilisés pour les jeux ne fonctionnent plus sous Windows 10

Une situation ô combien prévisible 201
En bref
image dediée
Crédits : Bastian Weltjen/iStock
OS
Vincent Hermann

Les jeux sur Windows 10 sont un sujet récurrent depuis quelques jours. Après la question de l’éventuel blocage des titres piratés, voici celle des anciens DRM qui ne fonctionnent pas. L’explication est pourtant simple, même si technique.

Parmi toutes les missions que peut se voir confier un Windows, le jeu vidéo reste l’une des plus importantes. Le système reste la plateforme principale pour jouer hors du marché des consoles, et Microsoft s’était fait fort de communiquer à ce sujet il y a déjà plusieurs mois. Lors de la conférence BUILD, l’éditeur avait ainsi insisté sur un point : tout ce qui fonctionnait sous Windows 7 en ferait autant sous Windows 10. Tout ? En fait, pas tout à fait.

Un espace noyau de plus en plus contrôlé

L’une des évolutions les plus notables est le retrait progressif d’un nombre croissant de composants tiers de l’espace noyau. En clair, il faut une raison valable de résider en espace noyau, sinon le système rejette l’inclusion. Le cas le plus représentatif est celui des pilotes. Depuis Vista, un nombre croissant fonctionne en espace utilisateur, mais certains, notamment ceux pour les cartes graphiques, ont besoin qu’une partie reste en espace noyau. La plupart des constructeurs ont dû s’adapter avec le temps, mais tous ne l’ont pas fait.

Car se pose aujourd’hui la question de certains jeux qui ne peuvent plus fonctionner sous Windows 10. Or, ce ne sont pas les titres eux-mêmes qui refusent de se lancer, et ils n’auraient d’ailleurs pas spécialement de raison de le faire, DirectX gardant une bonne compatibilité descendante. Le problème vient en fait de la solution DRM retenue qui, dans la plupart des cas, installait un pilote en espace noyau pour avoir préséance sur tout ce que l’utilisateur pourrait faire.

Le pilote du DRM ne peut plus être installé

Qu’il s’agisse de Securom, SafeDisc ou de Starforce, le problème est le même, car Windows 10 ne permet plus à de tels pilotes d’entrer dans l’espace noyau. Pourquoi ? Pour de simples raisons de sécurité. Chez Microsoft, le responsable Boris Schneider-Johne l’a expliqué il y a moins de deux semaines à la GamesCon : il pourrait s’agir d’un vecteur d’attaque pour les virus. Conséquence, la porte qui existait auparavant a été close et les anciennes solutions DRM ne peuvent plus fonctionner.

Le plus « amusant » dans ce contexte est que Schneider-Johne a indiqué que la seule vraie solution pour les joueurs lésés était… d’utiliser un « crack No-CD », autrement dit un exécutable faisant croire au jeu qu’il n’a pas besoin du CD ou DVD. Les pilotes installés par Starforce ; SafeDisc et Securom résidaient en effet dans l’espace noyau pour obtenir un accès privilégié au matériel et vérifier que le disque dans le lecteur était bien le bon.

Il suffit d'aller chercher un crack. Si si.

Techniquement, c’est le fichier SECDRV.SYS qui a été supprimé, et toutes les solutions qui l’utilisaient se retrouvent donc le bec dans l’eau. Point intéressant, le site allemand PCGamesHardware a contacté Rovi, éditeur de SafeDisc, pour commenter la situation. La réponse a été franche, mais il était difficile de ne pas y détecter un zest de culot : « Le DRM SafeDisc n’est plus supporté depuis quelques années maintenant, et le pilote n’a donc en conséquence pas été mis à jour depuis un moment. Microsoft aurait dû garder le même logiciel que dans Windows 8. Nous ne savons si c’est encore possible dans Windows 10 et s’ils n’y ont simplement pas fait attention ». En clair, la solution précédente représentait peut-être un risque, mais elle fonctionnait, donc il n’y avait pas besoin de changer.

Les solutions basées sur des pilotes en espace noyau ont été soupçonnées pendant longtemps de pouvoir introduire du code malveillant si des failles venaient à être trouvées, ce qui avait notamment été le cas en 2007. De tels mécanismes ne pouvaient que disparaître à terme, d’autant qu’ils ont été remplacés par ceux que l’on trouve sur les boutiques en ligne comme Steam ou Origin. Le simple fait d’aborder chez Microsoft l’utilisation d’un crack rappelle à quel point les DRM « physiques » auront finalement bien plus ennuyé les acheteurs légitimes d’un jeu que ceux qui l’ont piraté.


chargement
Chargement des commentaires...