L’État se prépare à allouer 30 premiers millions d’euros au plan pour le numérique à l’école

Combien d'euros pour un e-FRAN ? 56
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Crédits : ianying yin/iStock
Loi
Xavier Berne

Alors que le grand plan pour le numérique à l’école va commencer à se déployer dans près de 600 établissements dès la rentrée prochaine, le ministère de l’Éducation nationale a adressé voilà plusieurs jours aux recteurs d’académie une note invitant ces derniers à répondre à un appel à projets qui sera officiellement dévoilé dans quelques semaines. 30 millions d’euros sont mis sur la table par les pouvoirs publics en vue du développement de solutions éducatives innovantes.

L'appel à projets e-FRAN prévu pour la rentrée 2015

Si l’on sait que chaque élève de cinquième devrait bénéficier grâce au « plan numérique » de François Hollande d’une tablette ou d’un ordinateur portable à partir de la rentrée 2016, le flou restait jusqu’ici de mise s’agissant des contenus pédagogiques destinés à être mis à la disposition des jeunes. « Des appels d'offre seront lancés dès septembre 2015 pour que tout soit prêt pour la rentrée 2016. Cinq disciplines de collège seront couvertes en priorité : le français, les mathématiques, les langues étrangères, l'histoire-géographie et enfin les sciences » avait simplement indiqué le chef de l’État au mois de mai, l’intéressé espérant que les entreprises françaises deviennent des leaders mondiaux dans le domaine l’e-éducation.

Au travers d’une note datée du 3 juillet (PDF), la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem vient de confirmer à l’ensemble des recteurs d’académie que cet appel à projets « e-FRAN » – pour « espaces de formation, de recherche et d'animation numériques » – était bel et bien dans les starting-blocks. Financé dans le cadre des investissements d’avenir, ce programme « vise à soutenir des « démonstrateurs d'innovation numérique » au sein du système scolaire ».

En clair, il s’agit pour l’heure de mener des expérimentations en vue de la rentrée 2016 et du déploiement complet du plan pour le numérique à l’école. Chaque projet devra en ce sens être mis en œuvre sur un territoire bien identifié – par exemple les collèges d’un département – et impliquer autant d’acteurs que possible. En plus des professeurs et chefs d’établissement, le soutien des collectivités territoriales sera ainsi un élément clé, de même que celui d'acteurs privés tels que des start-ups ou des éditeurs.

Le gouvernement veut laisser « une très grande liberté » aux porteurs de projets

Mais qu’attend exactement le ministère de l’Éducation ? Visiblement, beaucoup de surprises ! « Une très grande liberté est laissée aux porteurs de projet pour le concevoir, dès lors qu'il s'agit de développer des démarches innovantes d'accompagnement du changement dans la transition numérique des écoles, des collèges et des lycées, au service de la réussite des élèves » fait ainsi valoir Najat Vallaud-Belkacem. Cette dernière dresse bien quelques pistes, mais souligne que celles-ci « ne sont données qu'à titre d'exemples » :

  • Des projets portant sur la création ou l'utilisation de « ressources et d'outils numériques dans l'enseignement, dans les apprentissages fondamentaux (lire, écrire, dénombrer), dans le cadre de la mise en œuvre des programmes et des activités pédagogiques aux divers niveaux d'enseignement, y compris dans l'enseignement professionnel ».
  • Des projets permettant « d'organiser et d'optimiser la diffusion des technologies, l'édition et la diffusion des ressources numériques d'enseignement, dans le but de faciliter leur appropriation par un nombre toujours plus important d'acteurs au sein de la communauté éducative ».
  • Des projets de « préparation des élèves à la société numérique », par exemple via « l'appropriation d'une identité numérique par chaque élève très tôt dès l'entrée à l'école élémentaire ».

« Les projets devront respecter le cadre réglementaire sur la protection des données individuelles des élèves, prévient en conclusion la Rue de Grenelle. Ils s'inscriront dans le cadre technique et réglementaire fixé pour le système éducatif, s'agissant notamment de la compatibilité des applications à développer, des schémas d'authentification, etc. » Chaque proposition devra en outre comporter « une dimension relative à la formation des personnels de toutes catégories, conçue comme un instrument de réussite du projet ».

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Note adressée aux recteurs par Najat Vallaud-Belkacem - Crédits : Note MENB1517013N - Légifrance

Au total, ce sont 30 millions d’euros qui seront alloués aux projets retenus. Une paille au regard du milliard d'euros que devrait coûter l'ensemble du plan numérique jusqu'en 2018. Cet argent pourra quoi qu'il en soit servir à financer les équipements des enseignants et des élèves, l’achat de ressources, des contrats doctoraux pour des thèses, les interventions « d'assistants d'éducation ou d'étudiants rompus aux usages du numérique et de l'informatique », etc. Ce soutien financier s’étalera sur une période de 3 à 5 ans. « Cette durée doit aussi permettre de développer les dispositifs les mieux conçus, les plus innovants et d'élaborer des protocoles d'évaluation rigoureux, dont les résultats serviront de repères pour l'action dans une optique d'essaimage » affirme Najat Vallaud-Belkacem.

Si la date exacte de lancement de l’appel à projets e-FRAN n’est pas dévoilée, le ministère de l’Éducation invite ses recteurs à lui faire part dès à présent de leurs remontées. Le processus de sélection s’annonce souple dans tous les cas, l’exécutif souhaitant mûrir certains projets en vue de diffuser au plus vite « ce qui marche ».  


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