Le sénateur qui veut interdire les tablettes à l'école en promettait durant sa campagne électorale

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Crédits : PeopleImages/iStock
Loi
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le vendredi 10 juillet 2015 à 12:03
Xavier Berne

Certains coups dans le rétroviseur font parfois mal, surtout en politique. En fouillant un peu dans le passé du sénateur Jacques Grosperrin, lequel vient de réclamer l’interdiction des tablettes à l’école primaire, nous nous sommes aperçus que l’ex-prétendant à la mairie de Besançon promettait durant la campagne de 2014... « un plan d’équipement des élèves en tablettes numériques » !

« Coûteuse et inefficace ». C’est dans ces termes que le récent rapport sur l’école de Jacques Grosperrin qualifie l’initiative prise par le président de la République de déployer un « plan numérique » qui devrait conduire à ce que chaque élève de cinquième dispose d’une tablette à partir de la rentrée 2016. Après avoir dressé un constat relativement anxiogène de la place d’Internet et des nouvelles technologies au sein des établissements scolaires français, l’élu Les Républicains (ex-UMP) affirmait que « l'utilisation des outils numériques » ne devrait selon lui être envisagée « qu'après l'acquisition et la consolidation des savoirs de base, en fin de primaire ». Il en appelait donc à une « interdiction » pure et simple des tablettes à l’école primaire.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, Jacques Grosperrin proposait lui aussi un « plan d’équipement des élèves en tablettes numériques » pour les enfants de la ville de Besançon, dont il souhaitait prendre les rênes lors des dernières élections municipales. Cela faisait d’ailleurs partie des dix « bonnes raisons » de voter pour lui (voir la proposition 6, ci-dessous).

grosperrin tablette
Crédits : Page Facebook de Jacques Grosperrin

Lors d’une discussion avec des internautes sur Ask.fm, le candidat s’était expliqué : « Le numérique est un formidable accélérateur pour la diffusion des connaissances et de partage des savoirs. Notre éducation a trop tardé à adopter ces outils et ce n’est pas bon pour l’avenir de nos enfants. Je veux faire évoluer cela. » Fait rare, il s’engageait également à proposer des tablettes fondées « sur un système d’exploitation libre ».

Sollicité par nos soins, le sénateur n’a pour l’heure pas donné suite à nos demandes d’éclaircissement sur ce surprenant revirement. Il n'aurait de toute façon pas pu interdire son propre plan tablettes, puisqu'il a été battu lors du deuxième tour.


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