Un député réclame l’interdiction des implants de puces NFC

Le marché aux puces 331
En bref
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Crédits : vetkit/iStock
Loi
Xavier Berne

L’organisation d’une première « implant party », il y a quelques jours à Paris, a manifestement irrité le député Jacques Bompard (ex-FN). Celui-ci demande au gouvernement d’interdire purement et simplement la pose de puces NFC sous la peau.

Dans le cadre du festival Futur en Seine, le tatoueur-pierceur « Urd » a implanté le 13 juin dernier des puces NFC à une poignée de volontaires. En l'espace de quelques minutes, les personnes intéressées se sont retrouvées avec une puce de la taille d’un grain de riz entre le pouce et l’index. Si les dispositifs de communication en champ proche (en anglais « near field communication », NFC) servent aujourd’hui essentiellement pour les paiements sans contact, les usages pourraient être bien plus vastes à l’avenir : déverrouillage automatique de portes, authentification auprès d’appareils connectés, etc.

« L'homme doit maitriser la machine et non pas laisser la technologie lui dicter ses désirs »

L’événement, qui a fait l’objet de plusieurs articles de presse, a cependant alarmé le député Jacques Bompard. « Cette soirée met[tait] à l'honneur le transhumanisme, dont les pays scandinaves font une promotion toute particulière. La France à ce sujet doit garder son droit de réserve et se défendre d'un tel danger » prévient l’élu au travers d’une question écrite parue mardi au Journal officiel. Selon lui, « le mariage de la biologie humaine et de la technologie est extrêmement dangereux. L'homme doit maitriser la machine et non pas laisser la technologie lui dicter ses désirs. »

S’emmêlant visiblement les pinceaux sur la date de cette « implant party » (il évoque les 5 et 6 juin, alors que celle-ci a eu lieu le 13 juin), Jacques Bompard ne tremble pas au moment de demander à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, une « interdiction stricte de ces implants en France ». Pourquoi ? « Pour protéger la santé publique » affirme le parlementaire, pour qui puces « ne doivent pas être très bon[ne]s pour l'organisme ». Il s’inquiète aussi « des piratages qui peuvent exister ».

Les organisateurs de l'implant party estiment ne rien avoir à se reprocher

S’il faudra attendre plusieurs semaines avant de connaître la réponse du gouvernement, cette mise à l'index a pour le moins embarrassé les organisateurs de cette « implant party ». « Tout s'est déroulé dans le respect des règles d'hygiène et avec les autorisations nécessaires » affirme Camille Pène, Directrice de Futur en seine, contactée par Next INpact. La CNIL avait même été conviée à participer à la conférence qui a accompagné cet événement, censée justement faire le tour des « bénéfices et implications » de tels implants (voir la vidéo ci-dessous). « On a accueilli ce biohacker parce que ça nous paraissait très intéressant de susciter un débat autour des questions suscitées par les implants et leurs usages émergents. Nous n'avons d'ailleurs pas l'intention d’organiser de nouvelle implant party » ajoute l’intéressée, histoire de désamorcer tout début de polémique.

Il n’en demeure pas moins que de tels concentrés de nouvelles technologies posent de réelles questions, sur de nombreux plans (protection de la vie privée, aspects médicaux, etc.). Dans un article retraçant les enjeux sous-jacents à l’implant party du 13 juin, Libération soulignait par ailleurs qu’énormément d’interrogations restaient en suspend dans la mesure où « aucune étude n’a été conduite, jusqu’ici », sur la pose de puces NFC sur les humains.


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