La French Tech gagne quatre métropoles, quatre pôles thématiques et un hub à New York

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Société
David Legrand

C'est fait : Axelle Lemaire a officialisé les candidatures acceptées pour la nouvelle vague de labels French Tech. Cela s'est fait depuis New York, à l'occasion de l'annonce du premier « French Tech Hub » créé à l'international.

C'est depuis New York, à l'occasion de la « French Touch Conference », qu'Axelle Lemaire a annoncé de nouvelles labellisations French Tech. Attendue par certaines métropoles avec impatience, la bonne nouvelle est tombée cette nuit pour quatre d'entre elles. Il en est de même pour quatre écosystèmes thématiques pilotes.

Quatre nouvelles métropoles French Tech

C'est notamment une victoire pour l'est de la France, qui était jusqu'à maintenant l'un des grands oubliés du label French Tech comme nous le notions en janvier dernier. On remarquera tout de même que le centre reste encore assez peu concerné et aucune candidature ne semble portée. Mais cette nouvelle vague de labellisations est aussi l'occasion de valider des candidatures qui sont communes à plusieurs villes (ce qui était très peu le cas jusqu'à maintenant) et de ne plus laisser de côté la Côte d'Azur et Sophia-Antipolis.

Ainsi, les quatre nouvelles métropoles sont :

  • Brest Tech plus (Brest, Morlaix, Quimper et Lannion)
  • Normandy French Tech (Rouen, Caen et Le Havre)
  • LORnTECH (Metz, Nancy, Thionville et Epinal)
  • French Tech Côte d'Azur (Nice, Cannes, Grasse et Sophia-Antipolis)

Des pôles thématiques qui vont pouvoir se multiplier

Elles sont donc au nombre de treize et sont rejointes par quatre pôles thématiques, dont Angers, qui est présenté comme #IndustryTech ou #IoT-Tech selon les cas. Bien entendu, il est question de chercher à mettre en avant l'écosystème qui se construit autour de la cité des objets connectés qui a été inaugurée par François Hollande il y a quelques jours. Il est aussi question de l'Alsace pour les MedTech, d'Avignon pour les CultureTech et de Saint-Etienne pour les DesignTech.

 French Tech Juin 2015

Cette volonté de fédérer autour de spécificités locales devrait d'ailleurs se renforcer puisque la mission French Tech précise que « les conditions de candidature à ces labels thématiques pour d'autres écosystèmes seront précisées à la rentrée, ainsi que les autres thématiques proposées. »

Sur les quatorze candidatures, on compte donc finalement six métropoles refusées, qui vont devoir revoir leur copie pour ce qui est de fédérer leur écosystème numérique : Toulon, Annecy, French Tech Loire Valley (Orléans-Tours), French Tech Poitou-Charente (La Rochelle, Poitiers, Angoulême et Niort), Limoges et Grand Besançon.

Une évolution félicitée, malgré le contexte

Bien entendu, pour Axelle Lemaire, l'évolution de la French Tech se déroule parfaitement, même si elle a été annoncée dans la foulée du vote du projet de loi sur le renseignement : « L’objectif premier du label Métropole French Tech était de susciter partout une mobilisation collective de tous les acteurs, privés et publics, en faveur de la croissance des startups françaises : ce pari est tenu. L’engouement a été extraordinaire. Des milliers des personnes, entrepreneurs en tête, ont construit ensemble au fil des mois des projets ambitieux pour leur territoire et pour leurs startups. Je tiens à les féliciter tous ».

Et il faut bien avouer que ce label a eu l'avantage de forcer un peu les acteurs locaux du numérique à se fédérer, ce qui n'est pas toujours si simple : les batailles de chapelles sont parfois nombreuses à cette échelle, que ce soit entre villes ou regroupements d'acteurs. Quoi qu'il en soit, les métropoles sélectionnées devraient aussi savourer cette bonne nouvelle dans les jours à venir, et préparer leurs actions de la rentrée et de l'année qui suit.

LORnTECH vient par exemple de présenter ses deux lieux totem, l'un à Metz, le second à Nancy (près des bureaux actuels de l'équipe locale de Next INpact, nldr). Ce dernier devrait être inauguré à la rentrée. Axelle Lemaire est d'ailleurs attendue à Metz à l'occasion de la #GEN3 organisée par Grand Est Numérique en octobre prochain. Une manière de redonner un peu de vigueur au Sillon Lorrain qui, s'il est actif, est assez peu visible hors de l'échelon local et parfois trop concentré sur des acteurs déjà en place. L'équipe espère ainsi gagner en visibilité, notamment au niveau international : 

« Né d’une ambition collective, LORnTECH est le révélateur d’un écosystème numérique riche et porteur qui compte près de 2000 entreprises, parmi lesquelles de véritables « Tech Champions », et plus de 10 000 emplois. Anticipant l’évolution territoriale, le pôle métropolitain européen du Sillon Lorrain regroupant les villes et agglomérations d’Épinal, Metz, Nancy et Thionville, en lien avec la Région Lorraine a montré sa capacité à fédérer et créer enthousiasme et dynamisme autour d’une ambition commune au service des entreprises. Gage de nouvelles richesses et d’un potentiel de développement économique associant les agglomérations de Luxembourg et de Sarrebruck, LORnTECH symbolise la mobilisation de l’ensemble des acteurs prêt à construire l’avenir. »

Une labellisation qui s'étend à l'international

La prochaine étape semble aussi de porter un peu plus loin le message et de s'organiser sur le plan international. « Il y a une nouvelle plateforme French Tech à l’étranger, c’est New York » déclarait hier soir Axelle Lemaire qui lançait l'initiative French Tech New York, le premier des French Tech Hubs qui vont ouvrir sur les cinq continents dans les mois qui viennent. Six projets ont déjà été déposés : Cape Town, Santiago, Barcelone, Hong Kong, Taiwan et Tokyo.

Portés par une communauté d’entrepreneurs et d’investisseurs, leur but sera d'aider à faire rayonner le message hors de France et de fédérer les acteurs présents sur place. Mais ils auront aussi pour rôle de faciliter l'expansion à l'international et de trouver des investisseurs étrangers pour les sociétés françaises, afin d'accompagner leur croissance en complément de ce que peut proposer BPI France.

La French Tech : usine à startups ou bonne occasion pour les grands groupes ?

Il reste tout de même à ce que l'ensemble qui commence à prendre forme livre réellement ses premiers résultats et montre ses effets au-delà de la communication. Il sera d'ailleurs intéressant de voir si le label French Tech arrive à produire et à faire émerger des startups, des produits et des services qui arriveront à décoller sans systématiquement se faire récupérer par de gros groupes (français ou non) au passage.

En effet, il est courant de voir ceux-ci assez impliqués dans les initiatives locales, et chercher à profiter de l'engouement autour de la French Tech pour faire leur marché tout en se présentant avant tout comme des soutiens à l'innovation made in France.


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