Bouygues refuse l'offre de rachat d'Altice (Numericable-SFR) à l’unanimité

Bouygues ne s’est pas l'SFR 94
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Crédits : hjalmeida/iStock
Finances
Sébastien Gavois

Le Conseil d'administration de Bouygues Telecom a finalement décidé de refuser à l’unanimité l'offre de rachat « non sollicitée » de Numericable-SFR

L'attente n'aura pas été longue puisque, quelques minutes seulement après la fin du Conseil d'administration réuni ce soir suite à l'offre de rachat de Numericable-SFR, le résultat est tombé : « le conseil d’administration de Bouygues a décidé à l’unanimité, après un examen approfondi, de ne pas donner suite à l’offre non sollicitée du groupe Altice visant à acquérir Bouygues Telecom ».

Le conseil évoque plusieurs raisons et met tout d'abord sa vision à long terme en avant. Il se dit ainsi « convaincu que le marché des télécoms est à l’aube d’une nouvelle ère de croissance portée par le développement exponentiel des usages numériques. Il considère que Bouygues Telecom est particulièrement bien placé pour bénéficier de cette croissance sachant qu’il dispose d’un avantage concurrentiel fort et durable grâce à son portefeuille de fréquences et à son réseau 4G reconnu comme l’un des meilleurs du marché. » Une manière d'indiquer qu'il ne compte pas le laisser à Free Mobile.

Mais c'est aussi sur le marché du fixe que l'opérateur estime avoir de gros atouts sur le marché actuel. Il se considère ainsi comme « l’animateur du marché du Fixe, bénéficie également de sa percée dans l’Internet Haut Débit et du lancement réussi de sa Bbox Miami sous Android. Enfin, l’accélération de la transformation de l’entreprise conduit à une structure de coûts de plus en plus compétitive. Le conseil considère que Bouygues Telecom a les moyens de retrouver à l’horizon 2017 une marge d’Ebitdaa de 25% minimum (niveau de 2011), celle-ci devant poursuivre sa progression à plus long terme. »

Deux autres éléments sont mis en avant, mais ici c'est plus la sphère politique qui est visée. Notamment concernant la concurrence et l'attribution des fréquences 700 MHz « le conseil estime que l’offre présente un risque d’exécution important qu’il ne revient pas à Bouygues d’assumer, en particulier en matière de droit de la concurrence, que ce soit dans le marché du Mobile ou du Fixe. Aucune réponse pleinement satisfaisante n’est apportée par Altice sur ce sujet essentiel qui serait étudié en détail par l’Autorité de la concurrence. En outre, elle ne prend pas en compte le lancement imminent de la procédure d’attribution des fréquences 700 MHz et ses conséquences sur l’opération. »

Mais aussi sur le terrain du social et de l'emploi, qui était l'un des points de préoccupation de Manuel Valls : « Enfin, le conseil a apporté une grande attention aux conséquences d’une consolidation du marché sur l’emploi ainsi qu’aux risques sociaux nécessairement liés à une telle opération. Le groupe Bouygues s’attache depuis toujours à écrire une histoire industrielle créatrice de valeur sur le long terme avec ses salariés et ses prestataires, dans l’intérêt de ses clients, tout en veillant à ses engagements en matière d’investissements pour le développement des infrastructures françaises. »

Pour rappel, Patrick Drahi avait déposé sur la table plus de 10 milliards d'euros et s'était même associé avec Iliad (Free) pour cette offre. Il faudra maintenant voir s'il s'agit d'une manœuvre de Bouygues pour faire monter les enchères et si Numericable-SFR fera une nouvelle offre avec un montant plus important à la clef. Dans tous les cas, il serait étonnant que l'affaire en reste là.


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