Docker, Amazon, Microsoft et d'autres s'unissent autour d'un standard pour les conteneurs

C'est le moment d'être compatible avec Docker 48
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Crédits : bugphai/iStock
Applications
Vincent Hermann

Docker et plusieurs poids lourds de l’industrie comme Amazon, Microsoft, Google et VMware se sont réunis pour jeter les bases de spécifications communes autour d’un standard pour les conteneurs logiciels. La technologie de base est celle de Docker, et devrait permettre à terme aux différents éditeurs de permettre les échanges de conteneurs d’un système à un autre.

Des conteneurs logiciels de plus en plus utilisés

Les conteneurs logiciels appartiennent au domaine de la virtualisation. Dans un cas « classique », c’est l’ensemble du système qui est virtualisé, comme dans VirtualBox quand on crée une machine accueillant une distribution Linux ou Windows. Les conteneurs ne contiennent que des espaces utilisateur, en vue le plus souvent de faire fonctionner un logiciel en particulier. Ce dernier peut alors fonctionner de manière autonome, sans dépendre d’une version particulière d’une API sur le système hôte, mais tout en profitant par exemple des accès directs au système de fichier et sans perdre de cycles à travers une émulation ou une virtualisation.

Il existe actuellement un nombre croissant de technologies pour ces conteneurs logiciels. Dans ce domaine, la référence est Docker, une solution open source qui permet, comme indiqué plus haut, de prendre une application et ses dépendances pour les rassembler. À tel point que Microsoft, qui doit présenter dans les prochains ses Windows Server Containers et Hyper-V Containers, a déjà annoncé que ces technologies seraient compatibles avec Docker.

Open Container Project : une base commune à toutes les entreprises

Et justement, plus d’une vingtaine d’entreprises s’associent désormais autour d’un format qui se veut un futur standard. L’Open Container Project vient tout juste d’être lancé et réunit Amazon Web Services, Cisco, CoreOS, Docker, EMC, Google, Goldman Sachs, HP, Huawei, IBM, Intel, Joyent, Microsoft, Pivotal, Red Hat et VMware notamment. Et puisque Docker fait figure de référence, c’est sa technologie et son moteur d’exécution (runtime) qui seront utilisés comme base pour le nouveau format.

Le projet, placé sous la houlette de la Linux Foundation (qui l’héberge également), doit permettre à terme d’obtenir des spécifications communes auxquelles toutes les entreprises pourront se référer. Rien n’empêche donc chacune d’innover dans la direction qui lui plaira, mais leurs propres technologies respecteront un socle commun. Conséquence, les conteneurs créés avec une solution pourront être lus sur une autre. En tout cas, pour l’ensemble des fonctionnalités de base.

Ben Golub, PDG de Docker, a ainsi indiqué à ZDnet : « C'est une portion de code assez minime qui est prête pour réunir tout le monde. […] 90 % de ce que Docker propose se trouve en dehors. Mais tout le monde exprime le souhait de partir du même point et de ce qui est le plus répandu ». Ce qui signifie dans le même temps que cette partie du code ne sera plus entre les seules mains de Docker, mais son fondateur, Solomon Hykes, explique à TechCrunch que la démarche était logique : « Nous pensons qu’après deux ans, la technologie et le code du runtime ont mûri au point qu’ils tireraient un bénéfice d’une gouvernance indépendante et hors du projet Docker ».

Un premier brouillon du standard dans deux à trois semaines

La technologie sera à terme utilisable pour tous types de besoins et les conteneurs devront par exemple être capables de transiter d’un serveur classique à une solution cloud, complète ou hybride. Les conteneurs auront donc l’assurance de fonctionner partout, quel que soit le système hôte ou l’architecture employée. Et le développement pourrait être rapide, si l’ensemble des entreprises se met d’accord sur la base minimale à respecter par tous.

Sur le site officiel, on rappelle que le standard ne sera lié à aucun constructeur et que tout ce qui touche à la pile d’orchestration ou aux fonctionnalités du client n’a pas vocation à en faire partie. En outre, les développeurs qui s’occupaient déjà de la maintenance de cette partie du code vont recevoir de l’aide d’un nouveau lot d’ingénieurs, et un premier brouillon du standard devrait sortir d’ici deux à trois semaines.

On notera que c'est la deuxième fois en peu de temps que de grandes entreprises se rassemblent pour mettre en place une technologie amenée à devenir un standard. En fin de semaine dernière, Microsoft, Google, Apple et Mozilla avaient annoncé leur union d’un format binaire commun pour le web, WebAssembly.


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