WWDC : tout ce qu'il faut retenir des annonces d'Apple

Le grand consensus 51
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Vincent Hermann

Apple a donné hier soir de nombreuses informations sur ses futurs systèmes d’exploitation, OS X El Capitan et iOS 9. Même si ce dernier a concentré une majorité des nouveautés, nous avons décidé de faire un grand récapitulatif de ce qu’il ne fallait pas manquer.

EL Capitan et iOS 9 : des performances et de l’expérience utilisateur

Apple a confirmé hier soir la rumeur grandissante qui voulait que les ingénieurs ralentissent sur les nouvelles fonctionnalités et travaillent sur la stabilité et les performances. Pour la première fois, les deux nouveaux systèmes auront la même liste de compatibilité matérielle que les versions précédentes, et iOS 9 par exemple pourra être installé sur le vieillissant iPhone 4S. Il n’est même pas impossible que le nouveau système mobile s’y trouve plus rapide que l’actuel.

L’API Metal jouera un rôle important dans les deux produits. Elle sera utilisée pour traiter bon nombre d’effets graphiques, ce qui devrait particulièrement se voir sur les grands écrans où Yosemite peut avoir actuellement du mal à garder une bonne fluidité.

Le travail sur les performances sera complété par des efforts sur l’autonomie. iOS 9 proposera d’ailleurs un nouveau mode d’économie d’énergie qui réduira la puissance du matériel et la luminosité de l’écran, tout en coupant le fonctionnement des applications en arrière-plan. Selon Apple, un appareil peut gagner ainsi jusqu’à trois heures d’autonomie.

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Spotlight et Siri deviennent plus intelligents

Globalement, la recherche se veut plus intelligente et beaucoup plus axée sur le contexte. Qu’il s’agisse de Spotlight ou de Siri, les informations demandées dépendront en partie de l’action en cours d’exécution, ou par exemple de la dernière notification reçue. Ainsi, Spotlight affichera une liste de contact fréquents et de choses à faire, basée sur votre activité. Ces recommandations s’enrichiront donc avec le temps.

Siri, de son côté, exécutera des commandes vocales en fonction du contexte. Si vous êtes par exemple en train de lire un email ou une page web, vous pourrez lui demander de vous le rappeler, créant ainsi un rappel pour plus tard. Les recherches d’informations dépendront également des applications, mais il faudra qu’elles aient été prévues pour exploiter cette fonctionnalité, en exposant les données. Apple insiste d'ailleurs beaucoup sur l'amélioration de la reconnaissance vocale, dont le taux d'erreur serait tombé à 5 % des requêtes, soit 40 % de moins qu'actuellement.

Notez qu’il s’agit pour les développeurs d’une avancée importante, mais sur laquelle iOS rattrape son retard. Cortana de Microsoft comprend d'ores-et-déjà les requêtes à critères multiples. Google a de son côté présenté Now on Tap à la Google I/O, qui permettra de baser la recherche sur le contexte, comme l'application affichée. Cela signifie que les informations des applications pourront apparaître dans les résultats de recherche et que le deep linking permettra de se rendre directement dans une application sur le contenu visé, par exemple une recette dans une app de cuisine.

De nombreuses nouvelles fonctionnalités pour Notes, Plans et Wallet (Passbook)

Les applications intégrées s’enrichissent également. Notes permettra par exemple de créer des listes de tâches, disposera d’une barre de formatage pour le texte et autorisera les dessins du bout du doigt et l’import de photos. La synchronisation se fera évidemment avec l'application Notes d'OS X El Capitan. Plans disposera de son côté des informations de transit pour un certain nombre de grandes villes, mais presque exclusivement aux États-Unis et en Chine dans un premier temps. Aucun calendrier n’a été fourni pour les autres pays. Ces données incluront à la fois les conditions de circulation routière et les informations des transports publics.

Apple WWDC Apps Apple Pay

Quant à Wallet, anciennement Passbook, il deviendra une réserve pour l’ensemble des cartes. On pourra donc y stocker ses cartes de paiement, de crédit (y compris celles affiliées à des enseignes particulières) ainsi que les cartes de fidélité. L’application pourra se servir de la localisation pour exposer directement à l’écran la carte de fidélité adaptée pour gagner du temps.

Multitâche : l’iPad fait Surface

C’est l’une des nouveautés les plus attendues, même si iOS ne fait ici que rattraper son retard. L’iPad Air 2, et uniquement ce modèle, pourra ainsi afficher deux applications en même temps, chacune occupant la moitié de l’écran, même si le ratio peut être changé pour du 30/70 (ou 70/30). La fonction rappelle directement ce qui se fait sous Windows 8 avec Snap, d’autant qu’El Capitan permettra également de répartir deux applications de cette manière, une barre permettant de définir la place disponible pour chaque application.

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Pour les autres iPad, à partir du modèle 2, la fonction Slide Over sera tout de même disponible. Lorsqu’une application est lancée, un glissement depuis le bord droit permet d’en choisir une deuxième, qui va alors apparaître sous forme ancrée à droite. Elle permettra ensuite de rappeler cette même application pour y effectuer des actions rapides, comme répondre à un contact. Dans la zone ancrée, un bouton en haut permet de changer d’application secondaire.

Notez que l’iPad devrait perdre un peu de son statut de consommateur de contenu et s’orienter un peu plus vers la création, via notamment le nouveau clavier virtuel. Non seulement des raccourcis vers des opérations courantes (copier, couper, coller) y seront présents, mais l’utilisateur pourra poser deux doigts sur le clavier pour faire démarrer une sélection, par exemple de texte, en déplaçant l’un des doigts dans un sens ou dans l’autre. Le clavier virtuel devient ainsi un touchpad.

Des concurrents pour Flipboard et Spotify

Deux nouvelles applications sont également en préparation. La plus importante est Music, que nous avons largement décrite hier soir déjà. Il s’agit du grand concurrent de Spotify et Deezer à la sauce Apple, qui joue la carte de l’intégration maximale en réunissant dans un même endroit les achats à l’unité, le streaming, les clips vidéos, les paroles et le contact avec les artistes. Le nombre de titres exacts n’est pas connu, mais on imagine qu’une bonne partie du catalogue iTunes sera présente. Pour les appareils Apple, le service sera disponible le 30 juin, à travers une mise à jour d’iTunes sous OS X et la version 8.4 d’iOS. À l’automne, l’application sera également disponible sous Windows et, surprise, Android.

Côté tarifs, Music coûtera 9,99 dollars/euros par mois et s'aligne donc sur la concurrence, même si les trois premiers mois seront gratuits. Par contre, au sein d'un même foyer, l'abonnement ne coûtera que 14,99 dollars/euros pour six personnes. Le service sera disponible dans une centaine de pays, dont la France et la Belgique.

L’autre application est News, un véritable concurrent de Flipboard mâtiné d’une touche de Pocket. News est un lecteur de flux d’informations : l’utilisateur choisit les thématiques qui l’intéressent et lit ensuite l’ensemble comme s’il s’agissait d’un magazine numérique. Les éditeurs disposeront d’un outil particulier pour « optimiser » l’affichage de leurs contenus sur ce support. News disposera en outre d’une section Favoris et l’utilisateur pourra s’en servir pour mettre de côté des contenus à lire. L'application remplacera le Kiosque actuel.

De gros efforts sur la taille des mises à jour et des applications

L’un des plus gros reproches faits à iOS 8 était qu’il réclamait 4,5 Go d’espace libre pour s’installer, à cause de son étape de décompression. La mise à jour devenait alors très compliquée pour les appareils ne possédant que 8 Go de stockage (et qu’Apple s’évertue à vendre en entrée de gamme), et même les modèles 16 Go pouvaient en pâtir. iOS 9, pour sa part, ne demandera que 1,3 Go d’espace pour s’installer, ce qui devrait simplifier son arrivée.

Mais l’App Thining devrait avoir un plus gros impact. Il s’agit d’un lot de mécanismes dont la finalité est de dégraisser largement le poids des applications. Le changement le plus important est le téléchargement du binaire adapté au matériel en cours d’utilisation. Il faut savoir en effet que le fichier de l’application contient par défaut tout ce qu’il lui faut pour s’exécuter sur tous les appareils. Mais si vous avez par exemple un iPhone 5, vous n’avez pas besoin du 64 bits, des ressources graphiques pour les iPad ou encore de l’API Metal. De fait, l’App Store enverra un binaire 32 bits, avec le seul contenu graphique pour l’écran Retina 4 pouces, et avec de l’OpenGL. Les développeurs devront cependant effectuer un petit travail en rangeant dans l’Asset Catalog les éléments graphiques, labellisés en fonction des appareils. L’App Store se chargera alors du reste.

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Autre mécanisme, les On-Demande Resources (ODR) sont des éléments qu’une application peut télécharger et supprimer à la volée, comme le tutoriel d’un jeu déjà fait et qui n’a plus de raison de rester sur l’appareil. Enfin, la compilation d’une application n’interviendra plus du côté du développeur, mais bien sur les serveurs de l’App Store. Les éditeurs enverront en fait un code intermédiaire, ce qui permettra à Apple d’appliquer les améliorations au compilateur sans attendre que les développeurs aient mis à jour leur Xcode pour en profiter (du moins pour celles qui ne demandent pas de réécrire le code). On notera que ce mécanisme ressemble trait pour trait à ce que Microsoft met actuellement en place, et que s’il est optionnel pour iOS, il est obligatoire pour les applications de l’Apple Watch.

Il s’agit globalement de mesures qui devenaient réellement nécessaires. Le poids des applications a bien trop augmenté avec les années, et certaines réclament un espace qui frôle le ridicule. Il n’est pas normal qu’un Facebook Messenger réclame presque 70 Mo, pas plus qu’un OneDrive qui en monopolise 86.

Volons des utilisateurs à Android

Music ne sera pas la seule application à voir le jour sur Android. Apple veut aller chercher des clients de cette plateforme qui représente environ 90 % du parc mobile mondial. Pour cela, elle publiera une application qui permettra de préparer une migration.

Dans la pratique, cette application « Move to iOS » (on ne pourra pas dire qu’Apple n’assume pas ses choix) récupèrera la liste des données qu’un utilisateur veut généralement garder : SMS, contacts, comptes emails, calendriers et contenus multimédia. L’idée est ensuite de les faire transiter jusque dans l’iPhone. Apple pousse le processus jusqu’à repérer les applications gratuites déjà installées sur le smartphone Android pour en récupérer automatiquement les versions iOS (quand elles existent). Cela étant, puisque Move to iOS n’est pas encore disponible, on ne sait pas comment le transfert va s’effectuer.

L’Apple Watch aura enfin ses applications natives

L’un des plus gros changements chez Apple concernera l’arrivée d’un watchOS 2.0. La principale nouveauté sera clairement la possibilité d’installer directement des applications autonomes sur la montre, qui n’aura alors plus besoin de l’iPhone pour recevoir des données. La Watch deviendra donc beaucoup plus autonome et pourrait donc intéresser des clients supplémentaires.

Les développeurs auront accès à de nouvelles possibilités, notamment la manière dont la Couronne peut être utilisée pour agir sur des éléments. Animations, accès aux capteurs, utilisation des retours haptiques, prise en charge de l’accéléromètre, ou encore possibilité d’afficher des informations sur l’écran principal sont également de la partie.

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Un kit par-ci, un kit par-là

Les développeurs vont avoir globalement accès à un nombre élevé de nouveautés. À commencer par Swift 2, qui améliorera en particulier la gestion des erreurs et la syntaxe. Le langage deviendra par ailleurs open source d’ici la fin de l’année, une évolution qui n’est pas sans rappeler, là encore, Microsoft avec son environnement .NET. Pour OS X El Capitan, les développeurs auront quelques nouveautés, comme l’utilisation des API Force Touch sous Safari ou encore la possibilité de développer des extensions pour l’application Photos. Ces dernières pourront ajouter différents effets, des filtres ou des outils supplémentaires.

Côté iOS 9 en revanche, les nouveautés seront beaucoup plus nombreuses. Apple ajoute plusieurs Kits dont trois sont totalement dévolus à la création de jeux :

  • GameplayKit : aide à la création de règles, de réactions et de gestion des états
  • RePlayKit : permet l’enregistrement de vidéos d’un jeu, avec possibilité ensuite de les éditer
  • Model I/O : centralise les ressources pour la création de modèles 3D

Bien évidemment, tout développement visant El Capitan ou iOS 9 requiert Xcode 7.0, dont la première bêta est disponible sur le site habituel.

Au final, l’orientation d’Apple cette année se focalise sur l’amélioration de l’existant, l’augmentation des performances, ainsi que sur la sécurité. Les présentations ont ainsi été commentées régulièrement de remarques sur le respect de la vie privée, le travail proactif de Spotlight par exemple étant effectué sur l’appareil, et non par les serveurs d’Apple. La firme ayant été pointée par Edward Snowden récemment comme étant une bonne élève, il y a de fortes chances pour qu’elle renforce cet aspect dans ses produits.


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