Steam permet le remboursement des jeux, les studios grincent des dents

Ce n'est peut-être pas si cool que ça finalement 196
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Kevin Hottot

Valve a annoncé hier soir un changement important dans sa politique commerciale. Désormais, les joueurs pourront demander le remboursement d'un jeu jusque 14 jours après son achat, si certaines conditions sont remplies. Une politique qui n'est pas sans rappeler celle en vigueur depuis bientôt deux ans sur Origin et qui pose à Valve un certain nombre de problèmes qu'EA n'avait pas à gérer.

En août 2013, Electronic Arts montrait la voie en proposant une garantie « Satisfait ou Remboursé » sur Origin. Celle-ci permet aux joueurs de se faire rembourser l'intégralité du prix d'un jeu acheté sur la plateforme, à condition que la demande soit effectuée dans les 7 jours suivant la commande ou bien dans les 24 heures suivant le premier lancement du titre. Presque deux ans plus tard, Steam emboîte le pas de son grand concurrent en proposant également une garantie de ce genre. 

14 jours ou deux heures pour se décider

Valve n'applique toutefois pas exactement la même stratégie qu'Electronic Arts. Sur Steam, le délai maximum pour demander le remboursement est de 14 jours, mais il prend immédiatement fin dès lors que vous avez utilisé le produit pendant 2 heures. Certains DLC ne sont par contre pas éligibles, comme ceux permettant d'augmenter le niveau d'un personnage. Ces exceptions sont clairement indiquées sur les fiches produit des DLC concernés.

Les achats en jeu sur les titres publiés par Valve sont également remboursables, mais seulement pendant 48 heures si, et seulement si, le contenu n'a pas été transféré (offert) ou modifié entre temps. Cette possibilité est également ouverte aux éditeurs tiers s'ils en font la demande. Concernant les films, aucun remboursement n'est possible, le délai de 2 heures d'utilisation étant largement suffisant pour en profiter pleinement. Dans le cas de l'achat de bundles directement depuis Steam, il n'est pas possible de demander la restitution du prix d'un seul de ses composants.

Bien évidemment, cette possibilité n'est ouverte que pour les achats effectués depuis Steam. Si vous entrez une clé achetée chez un revendeur tiers sur votre compte, vous ne pourrez pas prétendre à un remboursement auprès de Valve. Sachez enfin que si vous subissez un bannissement VAC sur un jeu, vous perdez la possibilité de demander la restitution du prix d'achat.

La procédure devient donc beaucoup plus simple qu'elle ne l'était jusqu'à présent. Obtenir un remboursement dans le cas où un bug empêche le bon fonctionnement d'un jeu par exemple, nécessitait de contacter le service client de Steam (qui n'est pas connu pour sa réactivité) et de parvenir à le convaincre de faire un geste, ce qui généralement demandait d'avoir un Dalloz sous la main.

Une fausse bonne idée ?

Si du point de vue des joueurs, cette annonce est une très bonne nouvelle, certains studios indépendants font la grimace. Selon eux, le fait de laisser les joueurs essayer le titre pendant deux heures peut être problématique. Certains jeux ont en effet une durée de vie inférieure à deux heures et dans ce cas, les joueurs peuvent très facilement tirer profit du système en achetant le titre, en le finissant rapidement et en réclamant un remboursement dans la foulée. 

« Je crois que cela a quelque chose à voir avec les standards des jeux AAA, selon lesquels la quantité de contenu est la seule mesure à travers laquelle on perçoit les jeux », explique l'un d'eux à Kotaku. Il argue également que cela rend compliqué toute exploitation commerciale de jeux courts, et qu'à terme cette politique sera « destructive pour ceux qui veulent faire des choses plus petites ». Les plus mauvaises langues ajouteront que certains titres AAA comme Metal Gear Solid V : Ground Zeroes ont aussi du mouron à se faire. De même, les jeux épisodiques, comme ceux produits par Telltale (The Walking Dead, Game of Thrones...) pourraient souffrir de cette politique.

Autre problème, les studios qui ont fait le choix (généralement bien accueilli) de se passer du DRM de Steam (et d'autres mesures de protection) peuvent également être victimes de la ruse des joueurs. Il suffit en effet d'acheter un tel jeu sur Steam, de l'installer, d'en demander le remboursement et « Abracadabra », voici un jeu gratuit.

D'ailleurs, pour les titres proposant aux joueurs de récupérer des cartes sur Steam, l'opération pourrait même être très rentable, puisque les cartes obtenues ne disparaissent pas une fois le jeu remboursé. Il devient alors possible en plus d'avoir profité d'un jeu gratuitement pendant 2 heures, de réaliser un petit profit.

Dernière inquiétude pour les studios, de toute taille cette fois : le « review bombing ». Il devient possible grâce à cette nouvelle politique de « truquer » les critiques d'un jeu publié sur Steam. Des personnes mal intentionnées pourraient ainsi facilement acheter un jeu pour donner un avis positif ou négatif dessus, puis se le faire rembourser. Des problèmes qui ne se sont pas posés pour Origin lors de la mise en place de cette mesure, la plateforme d'EA ne proposant pas autant de fonctionnalités que celle de Valve. 

Valve promet de veiller au grain

De son côté, Valve assure seulement dans son billet d'annonce que « les remboursements ont été mis en place afin de réduire les risques liés à un achat sur Steam. Ils ne sont pas destinés à obtenir des jeux gratuitement. S'il apparaît que vous abusez du système, nous pourrions être amené à refuser vos demandes de remboursement ». Une formulation plutôt vague qui ne rassure pas spécialement les studios. 

Dernier point, selon Valve, « une demande de remboursement effectuée pour un jeu acheté juste avant les soldes plus cher que son prix soldé n'est pas considérée comme un abus ». Là encore, la proposition n'est pas spécialement au goût des créateurs de contenus.


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