SFR-Numericable : la méthode Drahi pour remettre dans le droit chemin « la fille à papa »

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Téléphonie
Sébastien Gavois

Patrick Drahi était mercredi à l'Assemblée nationale pour une audition devant la Commission des affaires économique. Durant un peu plus de deux heures, le patron d'Altice, de Numericable-SFR et de Virgin Mobile, entre autres, a détaillé sa stratégie sur le court et long terme, en répondant aux question des parlementaires, non sans lancer quelques piques vers ses concurrents.

Le 27 novembre dernier, Numericable (qui appartient à Altice) mettait la main sur SFR. Les changements sont rapidement arrivés, notamment avec des hausses de tarifs et des baisses de services.

Quelques mois plus tard, le couperet tombe avec la publication des chiffres du premier trimestre : un demi-million de clients en moins, mais avec un EBITDA en nette augmentation. Néanmoins, des voix s'élèvent contre le management de Drahi, que ce soit du côté des sous-traitants, des fournisseurs et mêmes des syndicats.

Tous ces sujets ont été abordés, parfois crument, par le patron du groupe qui était auditionné mercredi par la Commission des affaires économiques.

Drahi, la dette de 10,7 milliards en France et les notations en guise d'introduction

« Je contrôle 63 % du capital de mon entreprise […] C’est un contrôle important qui permet d’avoir une façon de gérer un petit peu différente des grands groupes, où en réalité le directeur est responsable, mais pas forcément coupable parce que ce n’est pas son entreprise » commence-t-il par annoncer en guise de préambule.

« Les entreprises se sont endettées, non pas pour financer des pertes d’exploitation, comme certains, non pas pour distribuer des dividendes, comme d’autres, mais pour assurer, assumer et financer une croissance très forte ». Les piques adressés à ses concurrents sont donc arrivées rapidement, et cela va continuer dans la suite de son intervention.

La question de la dette (10,7 milliards d'euros en France, mais près de 25,6 milliards d'euros au total) est ensuite posée sur la table, notamment pour parler du rachat manqué de Time Warner Cable aux États-Unis. À ce sujet, Drahi annonçait d'ailleurs que passer de 30 à 70 milliards de dette ne l'inquiétait pas outre-mesure et que de grandes banques, notamment françaises et américaines, étaient même prêtes à le suivre dans cette aventure.

Que Moodys s'interroge sur une éventuelle baisse de la note d'Altice ne l'inquiète pas non plus, même si on le voit mal affirmer le contraire. Quoi qu'il en soit, il annonce à la Commission être passé d’un ratio d’endettement de 3,7 à 2,9x au bout de quatre mois. « Donc on est redescendu au même niveau d’endettement que nos concurrents, sauf qu’on n’a pas tout à fait la même trajectoire. Ce qui va à la fois nous permettre d’investir et à la fois de réduire notre endettement ».

Une chose est sûre, il faut pour cela que Numericable-SFR continue sur sa lancée, et il faut également que l'hémorragie d'un demi-million de clients du dernier trimestre soit moins importante sur le reste de l'année pour éviter la déconvenue.

La qualité de SFR était en perte de vitesse, Drahi en prend acte et annonce du changement

« SFR est vu, ou était vu comme une entreprise qui fait du mobile et qui est le challenger de l’opérateur national de très bonne qualité, très performant, et une énorme machine à générer du cash, qui d’ailleurs servait fort bien son actionnaire chaque année ». Mais 2012 était l'année du changement avec l’arrivé du quatrième opérateur mobile qui a créé « un tsunami » selon le dirigeant.

Pour lui, le choc était rude pour une entreprise « habituée à vivre dans l’opulence » et qui a dû faire face à une importante baisse des prix. « Ce malaise, ce n’est pas forcément nous qui l’avons créé » annonce-t-il en préambule de ses réponses sur le mal-être de certains salariés chez Numericable-SFR.

« Dans le mobile, on doit bien reconnaitre que SFR a arrêté d’être le challenger technologique du marché. La qualité technique sur le réseau SFR n’est plus à la hauteur ». Pour faire une métaphore footballistique, Patrick Drahi annonce un passage en troisième division pour l'opérateur, mais avec les mêmes joueurs et un engagement de les garder lors du rachat.

Du coup, il a décidé de changer l’entraineur, autrement dit une nouvelle équipe dirigeante, mais en très peu de temps : « je n’ai pas pris trois mois pour le faire, j’ai pris une semaine ».

Les conditions de travail s'améliorent selon Patrick Drahi, mais cela prend du temps

« Les salariés, oui ils ne sont pas heureux, mais cela s’améliore » affirme-t-il. Pour arriver à son but, il a mis en place de nouveaux managers, avec un système de prise de décision rapide qui permet d’avancer simplement.

« Ça les gens ils aiment, moi je peux vous dire que mes collaborateurs qui sont en contact direct avec nos équipes sont heureux, beaucoup plus heureux qu'avant ». Un point sur lequel le syndicat de cadres CFE-CGC ne semble tout de même pas être sur la même longueur d'onde. Pour ce dernier, suite au rachat de SFR par Numericable, le bilan de la situation est différent : « Aucune communication n’a été faite, les salariés de SFR ont travaillé sans direction claire : faire, défaire, refaire dans un climat lourd de défiance du fait du départ de nombreux directeurs de SFR ». 

Reçu par Éric Denoyer le 16 avril, le syndicat précise que le groupe « a reconnu que la mise en place des nouvelles méthodes de travail avait créé de l’inquiétude. Désormais, il faut rétablir la confiance avec tous les salariés de SFR en reconnaissant l’humain comme facteur essentiel de la réussite du projet d’entreprise ». Drahi a d'ailleurs rebondi lors de son audition : « Maintenant, pour que ça descende auprès des 17 000 collaborateurs, ça prend du temps » ajoute-t-il.

Dans le même temps, il indique la mise en place d'une prime d’investissement pour l’année prochaine, détaillée en partie par le syndicat CFE-CGC. À voir dans quelques mois ce qu'il en sera exactement.

Quid de la stratégie du nouveau groupe ? La réponse est simple : le fixe

La nouvelle stratégie de Patrick Drahi pour SFR est claire : « aller dans le fixe ». Afin d’apporter de l’eau à son moulin, il indique que « 70 % des usages mobiles se font depuis un point fixe », ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils passent obligatoirement par une ligne fixe (via du Wi-Fi par exemple). Ils peuvent tout aussi bien passer par les réseaux mobiles. « C’est le fixe qui fera la différence. Le fixe c’est la fibre, il n’y a pas la fibre 2G, 3G, 4G, 5G, 6G. Il y a la fibre, point barre ».

Une déclaration plutôt surprenante de la part du dirigeant, qui s'est présenté lui-même comme étant un ingénieur dès le début de son audition. C'est en effet une manière bien élégante de mettre de côté toutes les disparités entre le câble et la fibre (principalement le FTTLA et le FTTH). Et même si l'on reste sur le câble en lui-même en laissant de côté la fibre optique FTTH, il y a des différences de normes (DOCSIS 1.0, 1.1, 2.0, 3.0 et 3.1), mais aussi de débits.

Certaines zones de Numericable sont ainsi à 30 Mb/s seulement, d’autres à 100, 400 et jusqu’à 800 Mb/s. Dans tous les cas, le Gb/s proposé par Free, Numericable-SFR et Orange sur leurs offres fibre n’est pas (encore ?) disponible sur le câble coaxial. De même, il ne faudrait pas laisser de côté l'upload, qui ne dépasse par exemple pas les 1 ou 2 Mb/s avec le câble... alors qu'il est souvent supérieur à 50 Mb/s, voire 200 Mb/s en fibre.

Fibre optique et câble ? C'est la même chose... ou presque... ou pas

Plus tard, il indique qu'en interne il ne parle même pas de FTTH ou de FTTB, mais de FTTx. « Là où vous n'avez pas de réseau, vous tirez du FTTH. C'est ce que fait SFR, c'est ce que fait Orange ». Mais, selon lui le câble coaxial serait suffisant « pour assurer les débits pour les 10, 15, 20 prochaines années ».

Afin de conquérir l'auditoire de l'Assemblée nationale, il propose une expérience didactique avec deux gaines mises sous le nez de la Commission : « ça c'est du câble coaxial et ça c'est du câble de fibre optique, dans les deux cas ça s'appelle du câble » (sic). Mais, même en partant de ce constat extrême, on ne comprend du coup pas la logique qui pousse Numericable-SFR à parler d'offre « fibre » pour ses forfaits alors qu'il s'agit parfois du câble, parfois de la fibre. Bref, si le but est d'entretenir un certain flou autour du câble et de la fibre, c'est réussi. 

Patrick Drahi n'est par contre pas revenu sur la mise en avant systématique de son réseau câble, au détriment de la fibre optique, à tel point qu'on se retrouve parfois avec une offre avec quelques dizaines de Mb/s alors que du Gb/s est disponible à la même adresse.

La guerre des prix : non merci !

Il enchaine ensuite avec un autre pan important de sa stratégie : « Il faut se battre [NDLR : sur les prix] pour garder les clients : ce n’est pas une bonne stratégie. Il faut se battre pour offrir mieux aux clients. Ce n’est pas en cassant les prix qu’on va les garder ». 

Comme nous l’avons détaillé à plusieurs reprises, plusieurs augmentations de prix se sont succédées depuis le 27 novembre, quitte parfois à obliger les clients à prendre une option supplémentaire et obligatoire avec la télévision. En tout cas, ce n’est pas non plus en haussant les prix qu’on les garde, puisque le bilan du premier trimestre fait état de quasiment un demi-million de pertes.

« Je refuse de rentrer dans la politique de brader les prix. Les clients qui font la stratégie de la porte tournante dans un magasin (vous entrez, vous sortez, vous entrez, vous sortez), qui passent d’un opérateur à un autre, je n’en veux plus », simple question de rentabilité pour le dirigeant. « On dépense 200 ou 300 euros pour capturer le client, il dure un mois, un mois et demi. On perd de l’argent ». Sa position sur ce point, au moins, est on ne peut plus claire.

« Les gens disent que Drahi a perdu des clients. Ben oui, sauf que moi je gagne de l’argent quand mes concurrents en perdent. Moi je préfère perdre quelques clients et gagner de l’argent, parce qu’à long terme je suis quand même un petit peu mieux loti que celui qui dit 'Regardez combien j’ai gagné de clients, mais ne regardez surtout pas combien j’ai perdu d’argent' ». « Vous verrez qu’au deuxième trimestre ça va beaucoup mieux » assène-t-il.

Là encore, il s'agit d'une pique lancée vers Bouygues Telecom et Orange, qui ont tous les deux gagné des clients sur les trois premiers mois.

Plan très haut débit, merci qui ? Merci Patrick Drahi

« C’est grâce à Numericable et SFR, et plus modestement les managers qui sont ici, que les 12 millions de foyers équipés en fibre très haut débit en France en 2017, seront effectivement équipés en très haut débit. Jamais cet objectif n'aurait pu être tenu avec le SFR de l’époque ou un quelconque autre acteur ». Patrick Drahi joue ici la notion de très haut débit qui est fixée à 30 Mb/s seulement par l'ARCEP, contre 60 Mb/s sur le mobile.

La donne serait évidemment différente avec du très haut débit à 100 Mb/s par exemple, voire 1 Gb/s, ou bien avec un critère prenant également en compte l'upload. Toujours aussi sûr de lui, Patrick Drahi annonce ensuite : « On a une cadence de modernisation de notre réseau et d'extension en fibre optique sur nos zones non couvertes qui est le plus élevé de France », avant de renchérir : « Depuis 2005, les seuls qui investissaient massivement dans le très haut débit, c’était nous ».

Lors de la dernière assemblée générale des actionnaires d'Orange, quelques heures plus tard, Stéphane Richard avait un tout autre discours. Selon lui, les deux tiers du réseau de fibre optique français sont déployés par l'opérateur historique. Un chiffre encore difficile à vérifier mais qui confirme une réalité : si Numericable peut se targuer de bons chiffres en très haut débit (définition ARCEP) avec le câble, c'est bien Orange qui mène les déploiements de fibre optique dans le pays, pour des débits bien supérieurs. 

Afin d'enfoncer le clou, l'ARCEP a récemment publié un communiqué de presse où elle indiquait que le million d'abonnés FTTH était dépassé pour la première fois.

Des impayés et des baisses imposées aux sous-traitants ?

Patrick Drahi enchaine ensuite avec le cas de ses sous-traitants et de ses fournisseurs qui revient régulièrement dans la presse, avec, semble-t-il une demande (plus ou moins imposée selon les sources) d'une baisse de 30 % environ des factures. Il explique que « en réalité, ceux qui nous suivent, ce sont les vrais bons […] les autres ce n’est pas forcément les meilleurs [...] Certains fournisseurs ne veulent pas bouger parce qu’ils sont habitués à se servir sur une entreprise qui gagnait 4 milliards par an. C’est terminé ça » tonne-t-il. 

Il ajoute que ceux qui ont décidé de le suivre gagnent désormais plus d’argent, « même s’ils en gagnent moins sur une certaine partie », ils auraient du coup des marchés supplémentaires avec plus de responsabilité. Patrick Drahi en conclut donc qu'ils seraient même gagnants. Reste à voir si tout le monde l’entend de la même oreille.

Pour préciser encore un peu plus sa pensée, il utilise de nouveau une métaphore : « SFR c'était la fille à papa. C'est-à-dire qu'elle dépensait, elle achetait des choses, elle passait la journée en ville, elle dépensait de l'argent, mais ce n’était pas elle qui payait les factures », à la fin du mois c'était la maison mère qui « payait rubis sur l'ongle ».

« Moi, ma fille elle ne fait pas comme ça. Avant de dépenser, je vérifie ce qu'elle dépense » et il a donc décidé de retirer les pouvoirs d'engagement à l'ensemble des collaborateurs et le système a été centralisé afin de mettre en place des vérifications. Pour lui, il n'y a pas de problème de fond et, concernant les sous-traitants, il affirme « qu'il n'y a aucun impayé [...] Il arrive qu'il y ait un retard de paiement sur certaines choses car on n'a pas eu le temps d'étudier l'affaire  ». Il faudra voir si cette annonce fera réagir les principaux intéressés.

Voici là encore un exemple concret présenté par Drahi : « Nous allons déployer beaucoup plus de sites 4G que SFR ne l’a jamais fait. On n’a pas baissé le tarif de 40 % et on a passé une commande deux fois supérieure au prestataire ». C’est de cette manière que Patrick Drahi annonce qu’il procède à des baisses (parfois importantes) des marges. 

Accord pour la couverture fixe : SFR veut une plus grosse part du gâteau

Patrick Drahi revient sur les zones conventionnées, des zones préemptées par les opérateurs pour le déploiement du très haut débit fixe, et sur ses obligations de couverture.

Pour rappel, les zones conventionnées concernent la majorité de la population et la moitié du territoire, la couverture du reste étant laissée au bon vouloir des opérateurs ou à la charge des collectivités locales, qui montent des projets de réseaux d'initiative publique. SFR avait signé un accord de co-investissement avec Orange sur une partie de ces zones moyennement et très densément peuplées.

Le dirigeant annonce qu'il respectera ses engagements, mais précise qu'il souhaite également pouvoir aller plus loin : « je suis prêt à en faire beaucoup plus », à savoir davantage que les deux millions de lignes qui lui ont été demandées et, pourquoi pas, grimper jusqu’à 50 % avec un partage égal avec Orange (contre 20/80 % actuellement). Cela permettrait même à Orange de « faire des économies » et donc d'investir dans d'autres zones. Il faudra évidemment en passer par un réaménagement de l’accord.

Couverture 4G et fréquences de 700 MHz

Passons ensuite aux enchères sur les fréquences de 700 MHz. Patrick Drahi annonce qu'il va participer à cette vente, non pas par nécessité immédiate, mais car il a « un devoir national », indique-t-il auprès de la Commission des affaires économiques. « Est-ce que j'ai besoin des fréquences ? Je ne pense pas », affirme-il, avant d'ajouter que c'est valable « au moins pour les 10 prochaines années ».

Sur ce point, il rejoint donc plus ou moins Orange qui participera aux enchères, mais pour s'assurer un avenir sans encombrement. La situation est par contre différente pour Free Mobile qui ne dispose d'aucun bloc dans la bande des 800 MHz et qui devra donc investir afin de disposer de fréquences basses « en or ». Le cas de Bouygues Telecom sera plus délicat, vu qu'il dispose déjà de ses antennes en 800, 1800 et 2600 MHz, mais aussi et surtout prépare un vaste plan de restructuration.

Si la couverture mobile de SFR est parfois capricieuse et différente de celle annoncée officiellement, il a sa propre explication : « on a des smartphones qui ne sont pas très 'smart' au niveau téléphonie [...] Dès qu'ils perdent le signal, ils prennent de 45 secondes à 2 minutes pour reprendre le signale téléphonique ». Le problème ne viendrait donc pas de Numericable-SFR, mais de la technologie. On se demande du coup bien comment font ses concurrents.

« En particulier avec notre accord de coopération entre notre groupe et le groupe Bouygues [NDLR : mis en place avant le rachat par Altice/Numericable], notre taux de couverture est passé de 33 % il y a deux mois ou trois mois, à je crois 56 %. On a avancé qu’on serait à 70 % à la fin de l’année », soit un peu moins que ce que proposent déjà Bouygues Telecom et Orange, mais sans donner de détails sur les gains qui sont apportés par l'accord d'itinérance.

Interrogé par le président de commission sur la solidité de cet accord, Patrick Drahi rétorque qu’il « est en béton, sans faire de jeux de mot ». Free Mobile risque donc de se retrouver esseulé sur la couverture 4G, à moins de continuer à mettre les bouchés double sur le déploiement et la mise en service des antennes 4G car, contrairement à SFR, il n'a pour le moment aucun accord d'itinérance.

Concernant la consolidation du secteur des télécoms, Patrick Drahi pense qu'elle est importante, que ce soit en France et en Europe. Il ne précise par contre pas s'il va encore y participer d'une manière ou d'une autre, en rachetant d'autres opérateurs par exemple. L'avenir nous le dira, mais étant donné que passer d'une dette de près de 30 milliards d'euros à 70 milliards ne l'inquiète pas spécialement, cela laisse la porte ouverte à de nombreuses possibilités en France comme en Europe.

La neutralité du net : le point de vue du consommateur contre celui de l'opérateur

Il enchaîne ensuite avec un autre sujet sensible : la neutralité du Net. « Évidemment en tant que citoyen on trouve ça normal. Maintenant en tant qu'opérateur c'est un peu comme si on investissait sur des autoroutes, et puis que n'importe qui puisse prendre l'autoroute, ce qui est le cas, mais sans payer. D'ailleurs sur l'autoroute le poids lourd paie plus cher que la moto ». Un appel du pied à faire payer les gros consommateurs comme Netflix ou les GAFA (Apple, Facebook, Google ou encore Microsoft), qui financent déjà des réseaux pour porter le contenu aux portes des réseaux des opérateurs.

Concernant la compétitivité de la France qui serait en perte de vitesse, Patrick Drahi a sa petite idée sur le sujet : « Vous allez à Shanghai, ils bossent 24/24, 7 jours par semaine, ça va vite le rattrapage du retard. Donc là ils nous sont passés devant. Il est là le problème ». Même chose pour les États-Unis : « le gars il prend deux semaines de vacances par an. Je ne dis pas qu'il ne faut pas prendre ses vacances, mais le résultat est là ».

Décidément, il fait vraiment bon vivre à travailler chez Numericable-SFR. Repris sur ce point par un des membres de la commission, il indiquera qu'il ne souhaite pas passer à deux semaines de vacances, ce qui serait de toute façon illégal, mais qu'il fait « simplement » un constat de la situation. 

Au final, durant près de deux heures, Patrick Drahi a répondu à toutes les questions qui lui avaient été posées, avec un discours direct, qui pourra froisser la concurrence. Il faudra maintenant voir si son pari sera payant sur le long terme, car avec une telle dette, il ne faut pas que le groupe perde en croissance.

Un demi-million de clients perdus sur plus de 22 millions de lignes cela ne représente finalement que 2 %, mais il ne faudrait pas que cela se reproduise chaque trimestre. Les prochains bilans trimestriels seront intéressants à analyser de près afin de suivre l'évolution du groupe.


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