La Russie veut son propre système d'exploitation basé sur Sailfish

Une simple question d'indépendance économique 74
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le mercredi 20 mai 2015 à 08:30
Vincent Hermann

La Russie veut son propre système d’exploitation, et elle compte bien passer par la société Jolla et son produit Sailfish pour y parvenir. Une manière pour le pays d’augmenter sa résistance aux sociétés américaines, à l’heure où Android et iOS y écrasent la concurrence avec 95 % de parts de marché.

La pleine maîtrise de son propre système d'exploitation

Les systèmes mobiles de Google et Apple sont partout, essentiellement Android qui équipe un nombre incalculable de modèles de smartphones dans le monde. À la différence des iPhone, Android équipe en effet une grande partie de l’entrée de gamme, permettant aux petits budgets de se tourner vers cette plateforme. La Russie, dans laquelle les deux produits sont prépondérants, souhaite réduire sa dépendance aux entreprises américaines.

Nikolai Nikiforo, ministre des Communications, a ainsi annoncé avant hier avoir rencontré l’entreprise finlandaise Jolla plus tôt dans le mois. Objectif : développer un système d’exploitation mobile maison en reprenant le code open source de Sailfish. La Russie serait alors en possession d’un système qu’elle pourrait pousser en avant, et ses objectifs dans ce domaine sont très clairs puisqu’elle souhaite que les produits concurrents ne représentent pas plus de 50 % d’ici dix ans.

Les avantages pour la Russie sont multiples. À commencer par la pleine maîtrise de son système d’exploitation. Partant d’un produit open source, les ingénieurs auraient un code dont ils pourraient vérifier le fonctionnement dans les moindres détails. Ils pourront s’assurer en outre, et c’est le plus important, qu’aucune porte dérobée n’a été introduite par une entreprise étrangère ou une agence de renseignement quelconque.

Une indépendance économique

Un système maison pourrait également créer des emplois, mais d’un point de vue économique, le plus gros avantage n’est pas forcément là. La Russie est en effet sous le coup de divers embargos depuis la crise de Crimée et les sanctions se sont renforcées depuis l’année dernière. Le pays ne peut plus donc se permettre de garder une dépendance à des technologies auxquelles elle pourrait ne plus avoir accès à l’avenir. D'autant qu'on ne parle pas uniquement que du grand public, puisque le problème se pose aussi pour les entreprises et l'ensemble des instances gouvernementales.

Actuellement, la part de marché de Sailfish est de 0,5 % en Russie, mais il sera particulièrement intéressant d’observer les retombées d’une telle politique sur les parts de marché des différentes plateformes concurrentes dans les années à venir.


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