Microsoft BUILD : Windows 10, HoloLens, Visual Studio Code et Spartan/Edge

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En bref
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Vincent Hermann

La conférence BUILD de Microsoft, consacrée essentiellement aux développeurs, est sur le point de démarrer. Comme d’habitude, nous suivrons l’évènement en direct et mettrons l’actualité à jour au fur et à mesure.

Azure, toujours au cœur de la stratégie de développement

L’introduction de la conférence par Satya Nadella, PDG de Microsoft, est particulièrement claire : tout le travail de la firme est désormais centré sur les développeurs. Ce sont eux qui viabilisent ou non une plateforme, et l’éditeur est particulièrement au fait de cette situation. Microsoft veut donc inspirer les créateurs d’applications : « C’est ce qui est le plus impressionnant aujourd’hui avec les développeurs. Qu’une seule personne ou qu’un petit groupe puisse avoir un impact majeur ».

Mais au lieu de commencer par Windows 10 comme on aurait pu s’y attendre, Scott Guthrie, à la tête de division cloud et entreprise, a débuté par Azure. La plateforme dispose désormais de centres de calculs dans 19 régions et grandit à un rythme soutenu : plus de 90 000 nouvelles inscriptions par mois. L’éditeur apprécie d’ailleurs les chiffres coups de marteau et en assène quelques-uns, du 1,4 million de bases de données SQL aux 425 millions d’utilisateurs enregistrés Active Directory.

BUILD MS AzureMS Build Azure

.Net Core et Visual Studio Code pour Windows, OS X et Linux

Microsoft enchaine d’ailleurs avec la première grosse annonce de la soirée : la disponibilité du .NET Core pour Windows, OS X et Linux. En clair, toute application développée pour utiliser cette base pourra fonctionner indifféremment sur les trois plateformes. Une préversion sera d’ailleurs disponible pour OS X et Linux plus tard dans la soirée, ainsi qu’une Release Candidate pour Windows. Les applications développées pour ce support seront surtout faites pour tirer profit d’Azure. Tous les langages reconnus par .NET seront pris en charge, notamment le JavaScript, le HTML5 et les CSS. Un émulateur Android est même présent dans Visual Studio, du moins dans la version utilisée dans la démonstration.

Et pour montrer qu’il est décidément très sérieux au sujet de la séduction des développeurs, l’éditeur a fait la démonstration de Visual Studio Code pour OS X et Linux. Il ne s’agit pas d’une version complète de l’environnement de développement, mais d’un éditeur de code gratuit muni de tous les outils nécessaires pour les applications et services tournés vers Azure. Intellisense y est disponible, de même que les fonctions de débogage et le support de Git. Une version Windows sera également disponible, permettant aux développeurs travaillant sur plusieurs plateformes d’y suivre leurs projets. Ceux qui souhaitent en savoir un peu plus à ce sujet pourront consulter le billet de blog publié à l'instant par le développeur Thomas Nigro (VLC).

Visual Studio Code est disponible dès maintenant sur son site officiel.

Visual Studio CodeVisual Studio Code

Microsoft avait cependant beaucoup à dire au sujet d’Azure. Deux nouveaux services ont d’ailleurs été annoncés : SQL Data Warehouse and SQL Data Lake. Concernant ce dernier en particulier, il faut imaginer une réserve de données structurées ou semi-structurées, stockées dans leur format natif, sans se soucier de l’espace consommé ou du nombre de fichiers individuels. Le service sera d’ailleurs compatible avec le système de fichiers Hadoop, et des outils tels que Spark, Storm et Kafka le prendront en charge. Warehouse, de son côté, doit s’assurer que les clients Azure ne payent que pour l’espace qu’ils consomment réellement.

Un système d'extensions pour Office 2016, synchronisables avec d'autres plateformes

Du côté d’Office, la première nouveauté annoncée pourrait motiver certains développeurs à créer des extensions pour la suite bureautique. Ces extensions pourront prendre appui sur les données transitant dans les différentes applications pour y réagir. Par exemple, l’extension Uber pourra vous alerter sur des évènements du calendrier pour vous rappeler d’appeler un véhicule dans les temps, tandis qu’une autre pour SAP ira piocher des données dans Excel. Autre point intéressant : elles pourront se synchroniser sur toutes les variantes des applications y compris sur Office Online ou dans les versions pour iOS (Android n’a pas été abordé). Il faudra cependant attendre Office 2016 pour profiter de ces extensions, et des mises à jour sont à prévoir pour les applications qui seront compatibles.

Office Add-insOffice Add-ins

Windows 10 : venez chez nous, tout est universel

Quand Satya Nadella a enfin décidé d’aborder Windows 10, c’était d’abord pour rappeler qu’il fallait considérer le système d’exploitation comme un service. En d’autres termes, Microsoft veut s’assurer qu’un développeur visant cette plateforme pour une application puisse avoir accès à tous les appareils et à la plus grande base utilisateur possible. Tout est encore question de séduction des développeurs : toutes les fonctionnalités du système telles que les gestes tactiles, la reconnaissance du stylet, Cortana, Spartan ou encore le Xbox Live peuvent être exploitées.

Terry Myerson, responsable de la division Windows, résume la pensée de l’éditeur : « Avec Apple, vous développez pour OS X et iOS. Avec Google, c’est Android ou Chrome OS. Windows est la seule plateforme qui vous laisse amener des applications vers tous les appareils de manière efficace ». Et de marteler son nouveau mantra : « Nous parlons ici d’une seule plateforme, d’une seule application, d’un seul binaire pouvant fonctionner partout ». Il n’y aura d’ailleurs qu’un seul Store commun, ce qu’on savait déjà. Les entreprises pourront d’ailleurs avoir leur propre Store, paramétré selon leurs besoins et supportant notamment les bons de commandes. 

Windows 10 SnapWeChat Windows 10

Plusieurs démonstrations ont été réalisées pour montrer d’ailleurs le fonctionnement des applications universelles. On rappellera qu’elles fonctionneront indifféremment sur un PC, une tablette ou un smartphone et que seule l’interface changera en fonction de la taille de l’écran. On sait par exemple que USA Today travaille déjà sur une application, ainsi que WeChat. La présence de ce dernier est intéressante : les développeurs auront la possibilité de déporter finalement sur une tablette ou un PC ce qui est avant tout une application pensée pour un smartphone. À voir si WhatsApp, Viber ou encore Telegram en profiteront également. Dans tous les cas, l’objectif de Microsoft est assez ambitieux : dans les deux à trois ans suivant la sortie de Windows 10, la firme espère que le système sera présent sur au moins un milliard d’appareils.

Développeurs du monde entier, unissez-vous

Le Store pourrait en tout cas se remplir très rapidement. Hormis les applications pensées pour WinRT, les développeurs auront la possibilité de créer des packages spéciaux pour leurs logiciels Win32. Démonstration a ainsi été faite d’un Photoshop Elements que l’on pouvait récupérer depuis sa fiche sur le Store. L’application est virtualisée et est donc isolée du système, une volonté de Microsoft, visiblement marquée par les problèmes insolubles de sécurité liés à Win32.

Et parce que Microsoft tient décidément à ce qu’il y ait le plus d’applications possibles, un sous-système Android sera présent sur les smartphones Windows 10. Les développeurs pourront donc récupérer tout le code C++/Java de leurs applications Android pour en faire de nouvelles sur Windows 10. Vous développez pour iOS ? Microsoft vous invite également : les applications iOS pourront être reprises dans Visual Studio, qui pourra alors générer le code pour Windows 10. En d’autres termes, que vous ayez du code .Net, Win32, JavaScript/CSS/HTML5, C++, Java ou encore Objective-C, vous pouvez vous mettre à Windows 10. Une démonstration a d’ailleurs été faite pour montrer l’importation d’un projet iOS depuis Xcode vers Visual Studio.

Windows 10 iOS AndroidVisual Studio Objective C

Quelques démonstrations ont suivi pour montrer les évolutions de l’interface et des fonctionnalités. Par exemple, le menu Démarrer est désormais translucide, avec un effet givré qui rappelle Windows 7. Les vignettes actives renouvellent leurs contenus par des effets 3D, dont on se demande s’ils sont vraiment cohérents avec le reste du système, extrêmement plat. L’écran verrouillé dispose de la fonctionnalité Spotlight, qui changera régulièrement l’image de fond, l’utilisateur pouvant indiquer à chaque fois s’il l’apprécie ou pas. Des applications pourront également être recommandées, mais la fonction pourra être désactivée. Quant à Cortana, ses capacités augmentent à chaque nouvelle préversion. Dans la démonstration, il était par exemple possible de lui demander d’ouvrir une conversation avec un contact dans Viber, montrant que Cortana peut piloter les applications tierces, si bien sûr ces dernières l’autorisent.

Ne l’appelez plus Spartan

Conférence BUILD oblige, Microsoft a choisi un nom officiel pour son projet Spartan : il faudra désormais l’appeler Edge. Le navigateur est, selon l’éditeur, pensé pour la rapidité et la navigation sans aucune distraction. Mais la firme en profite surtout pour confirmer une rumeur qui circulait depuis plusieurs mois : le fait que les développeurs pourront récupérer leurs extensions pour Firefox et Chrome, y changer quelques lignes et les mettre à disposition d’Edge. Microsoft aura donc bien un navigateur compatible avec les extensions. Il aura simplement fallu « un peu » de temps.

Continuum et la gestion des écrans

L’une des démonstrations les plus impressionnantes était clairement celle de Continuum pour les smartphones. Continuum est la technologie qui simplifie les passages d’un écran à un autre. Dans le cas d’un Lumia par exemple, si on connecte un téléviseur ou un écran plus grand, le smartphone pourra servir « d’unité centrale » : un bureau quasi-normal s’affichera, l’écran d’accueil servira de menu Démarrer, et les applications universelles s’afficheront comme sur un PC. Par exemple, si vous avez une télé sous la main, vous pourrez ouvrir PowerPoint et l’utiliser comme vous le feriez avec un PC classique, ou presque.

Malheureusement, cette capacité réclamera du nouveau matériel car les smartphones devront être capables de piloter deux écrans à la fois.

Windows 10 + LumiaWindows 10 + Lumia

HoloLens et Windows Holographics

Trois mois après la première présentation du casque HoloLens, Microsoft était en mesure de faire une nouvelle démonstration. Rien de révolutionnaire dans le fond, mais une évolution du concept, l’éditeur indiquant lui-même que de nouvelles utilisations aux hologrammes sont découvertes tous les jours. On a pu donc voir comment les fenêtres pouvaient s’afficher sur des murs, mais également suivre l’utilisateur dans ses déplacements. Il est également possible de déposer des objets sur le sol ou les meubles, comme un chien, un robot, une sphère indiquant la météo, etc.

De manière plus sérieuse, HoloLens peut être utilisé dans un cadre professionnel. Un architecte peut par exemple visualiser une extension holographique sur une maquette déjà existante. Le principe peut être repris dans tous les métiers, dès que l’on souhaite ajouter la moindre information sur un document ou une structure existante. Et parmi les partenaires déjà intéressés par cette technologie, on peut citer quelques « gros » noms : la NASA, Unity, les studios Legendary, Autodesk (AutoCAD), Disney ou encore Dassault.

HoloLens prendra en charge l’ensemble des applications universelles, et le produit ne devrait donc pas manquer de possibilités. Microsoft a tenté d’ailleurs de jouer la carte de l’humilité : « Ça n’a rien de magique. Vous avez je pense l’essence de notre ambition avec Windows 10 ».

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