Un policier condamné à 5 000 euros d’amende pour des propos racistes sur Facebook

Internet, cette zone de non droit... 675
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Crédits : Joegend/iStock/Thinkstock
Justice
Xavier Berne

Alors que Manuel Valls a promis voilà plusieurs jours la création d’une nouvelle unité de lutte contre la haine sur Internet, un policier vient d’être condamné à 5 000 euros d’amende pour des messages discriminants tenus au travers d'une page Facebook.

Selon Le Progrès, le fonctionnaire de 43 ans était le créateur et l’administrateur de la page litigieuse, qui comptait près de 1 300 fans. « Après la décapitation d’un otage, revendiquée par des islamistes, en septembre 2014, les échanges ont pris une tournure sulfureuse, avec par exemple une photo de Marianne bâillonnée et cette légende : « non à l’islamisation de la France ». Ou encore cette formule : « un barbu – une balle », à côté d’une photo de terroriste » rapportent nos confrères.

Dénoncé par une collègue, le policier fut rapidement visé par une enquête interne, laquelle a conduit l’intéressé jusque devant le tribunal correctionnel de Lyon. Mardi, les juges l’ont reconnu coupable de provocation à la discrimination raciale et religieuse, un délit passible d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende. Contrairement aux réquisitions du Parquet, qui avait demandé une peine de 8 mois de prison (dont 5 mois ferme), l’agent a « uniquement » écopé de 5 000 euros d’amende.

Le Parquet avait requis une peine de prison

Déjà connu de la justice pour des faits de violences selon l’AFP, le prévenu avait confié lors du procès avoir « été maladroit » mais réfutait tout « amalgame ». Le tribunal ayant décidé d’inscrire cette peine sur son casier judiciaire, il est fort probable que ceci ait de fortes implications sur la procédure disciplinaire toujours en cours.

Cet énième fait divers, s’il souligne une fois de plus qu’Internet n’est pas la zone de non-droit que certains aiment critiquer, permet surtout de rappeler que l’utilisation des réseaux sociaux par les policiers et gendarmes est scrutée d’assez près par le ministère de l’Intérieur (voir notre enquête). Des « guides de bonne conduite » sont en effet distribués aux agents, ces derniers étant par ailleurs expressément tenus depuis 2014 de respecter une certaine discrétion sur les « réseaux de communication électronique sociaux ». 


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